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dimanche 8 août 2021

HENRI DE NAVARRE Henri IV, roi libertin

HENRI DE NAVARRE

Henri IV, roi libertin

1553/1610

 

Henri de Bourbon, noble capétien de France,

De Navarre : fils de Jeanne d'Albret, petit-fils

De Marguerite d'Angoulême, chatonné d'artifices

Lui rehaussant généreusement ajour et ganses.


En transe, d'immodestes suivantes,

 Se pâment, irradiées d'équanimité

Dont tu fais montre en des besoins,

Ces pulsions dont le péché t'a oint,

T'asservissant aux règles d'intimité

Bafouées de lascives servantes. 

 

 Catholique d'ides tronquées, ta foi

Piste des lois papales _ est-ce vrai ?

Les édits nous voulant enivrer,

Quand l'esprit, l'âme, doutent parfois,

 

S'en exhalent de procédurières

Chartes de feintise érigées

En obédience, pour encor affliger 

Le zélateur, souvent la chambrière,

Quand d'écrouelles purgées,

 

De manichéennes fables taclent

Le chevalier de gentilhommerie,

Au décorum dont la galanterie

Offre confortable assise, cénacle

 

De pansus pisses-froids de cour,

Ventripotents labadens de bombe...

As-tu de leurs larmes en trombe,

Asséché seul, l'illusoire détour,

 

Si l'attrayante compagne,

L’hétaïre nue avilit la chair...

L'éclat est à ce point honni, très cher ;

L'impudence bat-elle la campagne ?

 

Gabrielle d'Estrées en ses pompes,

Concède à ta gourme railleuse,

Prétendus accessoires ; dit, rieuse _  

Son glaive et sa fougue ne rompent

 

Qu'au fort de l'extase, à escient ;

Percée de part en part, j'en nie l'affront,

Moi, l'amante prête à faire front

Aux luttes vaincues d'impatients.

 

Si Paris vaut une messe, le converti,

Du protestantisme, loue la Réforme,

Dévoilant la fraude du pape; en forme

Les prédicants, en bannit l'abruti

 

Dont les conventicules affadies,

Drainent au cœur de l’idolâtre :

Ce croquemitaine mariolâtre

Toujours inféodé de poussifs "on dit".

 

Paris est en colère ; Gaspard de Coligny

Voit siffler sur sa tête les cérastes

De la Saint-Barthélemy qui, avec faste,

Massacrent l'innocence qu'atteignit

 

Du paroxysmal, l'altier magistère

D'ensoutanés lardés d'ascèse,

Par trop initiés de vaine catéchèse ;

S'en chargent d'opaques mystères.

 

Tu rétrogrades... infidèle, insoumis !

Quel Dieu sers-tu, toi volontaire,

Soliste, toi, combattant aptère

De l'emparqué enclosant l'ennemi

 

De Cahors, en 158o ? en triomphateur,

Il crut piller ta ville sous beffrois,

Modelée d'espaces assiégés autrefois,

Sis en adret du col... en hauteur ;

 

L'historiographie concède ici, panache,

Gloriole, à l'œuvre des censeurs

Assujettis, rassérénés à l'âme-sœur

En déshérence, certes, mais pas lâche.

 

Qui a converti le duc d'Epernon,

Ou tuer le duc de Guise ? Pourquoi

De la Trémoille désenclave-t-il la croix

De ta verve amputée du mot : Non ?

 

Ton enfer est un long boulevard ;

Les fous s'y admonestent... pleurant

Un corps cadavéré sous un torrent

De boue enlisant le prélat trop bavard

 

Ne pouvant retenir en l'influx, la peur,

Le cinglant effroi de la plèbe vaincue,

Son exsangue pâleur... toi, tu as vécu 

Loin d'elle... souvent encavé de torpeur,

 

Jouant à pile ou face ton fragile destin

Défenestré_ croit-on _  d'ambitions goulues ;

Tu vainquis librement l'idéal, l'absolu,

Peu à peu, jugulés à ta cause, au matin,

 

Fier de l'adoubement, ce cérémonial

En pointe de claymore : efficace

Manœuvre en l'amour et l'audace

Encor soumis aux équinoxiales.

                                                                     *

Tapi dans l'ombre froide, pugnace,

Fin prêt au désordre qui encerne...

Rue de la Ferronnerie, sous cernes,

Le Charentais François Ravaillac, tenace

 

Quant à l'envie de tuer ; d'une lame,

Te vient percer... 14 mai 1610... là, s'écoule

De la blessure, tel un râle qui roule,

Un long sanglot ; tu aimais le drame (!?)

 

L’habeas corpus sonne glas :

Duo prætendit unus*... en décembre,

Le porphyre, la chaux, l'ambre,

D'un tombeau subiront du verglas,

 

Les lézardes... d'aucuns diront de toi : _

Il avait pour armure, le mal ; le vice,

Pour subtil apanage… les rois subissent

Toujours l'excès hué de l'homme pantois.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

*L'une protège l'autre (la France et la Navarre)