Henri IV, roi
libertin
1553/1610
Henri de Bourbon, noble capétien de
France,
De Navarre : fils de Jeanne d'Albret, petit-fils
De Marguerite d'Angoulême, chatonné d'artifices
Lui rehaussant généreusement ajour et ganses.
En transe, d'immodestes suivantes,
Dont tu fais montre en des besoins,
Ces pulsions dont le péché t'a oint,
T'asservissant aux règles d'intimité
Bafouées de lascives servantes.
Piste des lois papales _ est-ce vrai ?
Les édits nous voulant enivrer,
Quand l'esprit, l'âme, doutent parfois,
S'en exhalent de procédurières
Chartes de feintise érigées
En obédience, pour encor affliger
Le zélateur, souvent la chambrière,
Quand d'écrouelles purgées,
De manichéennes fables taclent
Le chevalier de gentilhommerie,
Au décorum dont la galanterie
Offre confortable assise, cénacle
De pansus pisses-froids de cour,
Ventripotents labadens de bombe...
As-tu de leurs larmes en trombe,
Asséché seul, l'illusoire détour,
Si l'attrayante compagne,
L’hétaïre nue avilit la chair...
L'éclat est à ce point honni, très cher ;
L'impudence bat-elle la campagne ?
Gabrielle d'Estrées en ses pompes,
Concède à ta gourme railleuse,
Prétendus accessoires ; dit, rieuse _
Son glaive et sa fougue ne rompent
Qu'au fort de l'extase, à escient ;
Percée de part en part, j'en nie l'affront,
Moi, l'amante prête à faire front
Aux luttes vaincues d'impatients.
Si Paris vaut une messe, le converti,
Du protestantisme, loue la Réforme,
Dévoilant la fraude du pape; en forme
Les prédicants, en bannit l'abruti
Dont les conventicules affadies,
Drainent au cœur de l’idolâtre :
Ce croquemitaine mariolâtre
Toujours inféodé de poussifs "on dit".
Paris est en colère ; Gaspard de Coligny
Voit siffler sur sa tête les cérastes
De la Saint-Barthélemy qui, avec faste,
Massacrent l'innocence qu'atteignit
Du paroxysmal, l'altier magistère
D'ensoutanés lardés d'ascèse,
Par trop initiés de vaine catéchèse ;
S'en chargent d'opaques mystères.
Tu rétrogrades... infidèle, insoumis !
Quel Dieu sers-tu, toi volontaire,
Soliste, toi, combattant aptère
De l'emparqué enclosant l'ennemi
De Cahors, en 158o ? en triomphateur,
Il crut piller ta ville sous beffrois,
Modelée d'espaces assiégés autrefois,
Sis en adret du col... en hauteur ;
L'historiographie concède ici, panache,
Gloriole, à l'œuvre des censeurs
Assujettis, rassérénés à l'âme-sœur
En déshérence, certes, mais pas lâche.
Qui a converti le duc d'Epernon,
Ou tuer le duc de Guise ? Pourquoi
De la Trémoille désenclave-t-il la croix
De ta verve amputée du mot : Non ?
Ton enfer est un long boulevard ;
Les fous s'y admonestent... pleurant
Un corps cadavéré sous un torrent
De boue enlisant le prélat trop bavard
Ne pouvant retenir en l'influx, la peur,
Le cinglant effroi de la plèbe vaincue,
Son exsangue pâleur... toi, tu as vécu
Loin d'elle... souvent encavé de torpeur,
Jouant à pile ou face ton fragile destin
Défenestré_ croit-on _ d'ambitions goulues ;
Tu vainquis librement l'idéal, l'absolu,
Peu à peu, jugulés à ta cause, au matin,
Fier de l'adoubement, ce cérémonial
En pointe de claymore : efficace
Manœuvre en l'amour et l'audace
Encor soumis aux équinoxiales.
*
Tapi dans l'ombre froide, pugnace,
Fin prêt au désordre qui encerne...
Rue de la Ferronnerie, sous cernes,
Le Charentais François Ravaillac, tenace
Quant à l'envie de tuer ; d'une lame,
Te vient percer... 14 mai 1610... là, s'écoule
De la blessure, tel un râle qui roule,
Un long sanglot ; tu aimais le drame (!?)
L’habeas corpus sonne glas :
Duo prætendit unus*... en décembre,
Le porphyre, la chaux, l'ambre,
D'un tombeau subiront du verglas,
Les lézardes... d'aucuns diront de toi : _
Il avait pour armure, le mal ; le vice,
Pour subtil apanage… les rois subissent
Toujours l'excès hué de l'homme pantois.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
*L'une protège l'autre (la France et la Navarre)
