pinterest

jeudi 28 mai 2020

VERE PUERITIA*


VERE PUERITIA*
Printanière enfance

Elle avait l'âge des dimanches fleuris,
Des marelles sur le trottoir ridé,
De récré où s'y semblent vider,
Les bruines sous les toits équarris.

En la douceur de mai, au matin, elle
Caressait la rosée enivrée de printemps,
Aux premiers bourgeons; l'autan
En descellait l'ébauche foliaire, lamelle

Sous l'écaille d'un duveteux surgeon
Parasitant le noduleux stolon ;
Aux prairies éveillées,  quand du vallon
S'étire la daine repue de verts ajoncs.


Elle sautait dans les flaques, grimaçait
Aux vents des claires sentes, des brises ;
S'égayait du miroir dont les froides bises
Perçaient le cercle flou, puis nuançaient

De la boueuse flache, le cylindre jauni
Qu'éclataient des giclées, les gamins,
Prestes galopins, en lui prenant la main,
Rires étranglés, en ces cycles brunis.


Éthérée au point du renouveau,
Buvait des rais du soleil complice,
La chaleur, entre les interstices
De l'éphémère nue ajustée au biveau

De cotonneux stratus dérivant parfois,
Emplis à ras, de brumes, de cirrus
Mêlés aux crachins, au lourd nimbus
Qui de la stratosphère, annihile le froid.


Elle avait, de mes dix ans fragiles,
Sans montre de hardiesse, butiné seule,
Et mon âme, et mon cœur, sous l'éteule
Où s'écorne chaque soir, l'enfance indocile.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020