INTACTA
DOLORIS*
Intactiles
souffrances
Verrez aux deuils passablement truqués,
Éphémères spleens par trop dilués,
Adieux fardés du bout du quai,
Mort et vie enkystées de huées !
Quand vous verrez la ferveur
Du mensonge vêtir la rhétorique ;
Quand des mots, renâclerez saveur,
L’obsolescence vaincra le chimérique.
Vous comprendrez alors que le temps,
L’espace, ne sont plus qu’apparence…
L’œil, du transport hésitant,
Oindra maladresse, feinte tolérance.
Quand, sur la tombe chaulée
Couleront vos félonnes larmes,
Pleurs acrobates, gangues salées
Coulpes qui souvent désarment,
Verrez naître du mal, l’érémitisme
Dont fait montre l’ascèse…
Vos rires désincarnés, ce jésuitisme,
En paveront l’agouant malaise…
Quand de l'ego ficelé d’entregents,
La cognition nimbera d’audace,
La mince couverture de la gent
Formolée de sophisme, des traces
Atténuées, l’empreinte de l’acquis,
Sa superbe, en plaintive cornarde,
Foulera de l’escouade, le maquis ;
Gavroche en empierre rambarde.
Quand la nuit, pour le jour, se drapera
De la moire galbant la bourgeoise,
L’aurore vaincue, ici, décrispera
De l’aube, le cylindre ouaté, la toise,
Vos fantasmes lestés de plaisirs éthérés
Agoniseront seuls, perclus de honte,
Résipiscence… refoulés, atterrés,
Suivrez la piste où déchoie l’archonte.
N’aurai plus à m’en faire ! … mes soleils
Garderont de la calorifère, énergique
Poussée, et du clair matin, en l’éveil,
Poudroiement prisé de l’halieutique.
Armand Mando
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