AVARUS SOLITUDO*
Solitude goulue
J'éteins le couloir, ferme la fenêtre,
Entrebâille la porte du cellier ;
Du miroir, s'y semble délier
L’empreinte du passé à renaître.
Aux moites murs, s'entrelacent
Les ombres de l’hiver en jaspure:
Hiémales traces de moisissures,
Lézardes qui ici-bas, trépassent.
De ma thébaïde, lourds secrets,
Absconses énigmes d'enfance,
En éteignent les teintes irisées,
Empalées au doute gelant la foi.
J'épie, sans retenues aucunes,
Les méandres dont j'absolve la lie ;
Au mésaise indompté de l'oubli
Refoulé des miasmes d'écumes
Du ressac butant aux obstacles
Déviés d’antéversions, d'âpreté ;
Mes jours fardent des cruautés,
Le pennage, le cylindre spiracle.
Sur ma couche de solitude,
Topiques remembrances,
Lardé d'attritions, d'offense
J'effeuille les béatitudes.
Écrasé de douleurs, de peines,
Ai du spleen, et sans peur,
Componction liée aux heures,
Tué les secondes pérennes,
Buvant l’hiératique culpa,
Ce tanin de coupe vermeille,
Rubis tanisé à nul autre pareil ;
Ma lèvre en retient l’appât,
Ce creuset enflé, fongiforme,
Balèvre de cavités aux béantes
Rhagades de déferlante...
Faut-t-il que je m'endorme,
Gavé de quiétisme, en nourrisson
Assouvi aux pointes de l’aurore,
Quand la rosée empourpre d'or,
Mue et flaccides frissons…
Armand Mando
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