PERDIDIT IN DELICTUM*
Égaré en l'offense
Suis parti seul… reviendrai-je un
jour,
Donner du lest à vos allégories,
Aux raisonnements veules, ces ajours
Enjuguant des sens, l'austère aporie ?
Je soulève les fleuves de l'âme,
Parfois, à l'orée de décembre,
Les pas désenchantés, du macadam
Où déchoient les miasmes de cendre.
J'ouïs au lointain, les volatiles ;
Butant aux parois de l'oubli
Dressées en ce décor futile,
Y nimbant tous les vents affaiblis.
Les noces dont Mars se fait fête,
Animent du périastre, aux solstices,
Les cailloux orbitaux, en émiette
De l'exosphère, les minces interstices ;
Sustentant, avant que de pâlir,
L'onirisme aux troubles viciés,
Aux angoisses voulant ameublir
Des jardins froids, les dissocier,
Jachères du temps en équilibre,
Brandes nouées de résipiscences ;
Que n'aurais-je donné pour être libre,
Loin des cris dénervés de sapience.
Ai rêvé en partant, que le silence,
Est, des mutations amères,
Imbuvable tanin d’abstinence,
Délié des brides métamères.
Me poserai nu sur la banquise,
Juillet m'étant insupportable ;
Moi qui l'ai dégustée en friandise,
Voici que je la crache sur vos tables !
Retenu au filin du sarcasme froid,
L'aplomb anoblit mon courage ;
Ne passerai au nord des sous-bois ;
Vomissant des fièvres, ma rage…
Serais-je un Maure d’Érythrée,
Las des rites du soufiste piégé
Du manichéisme du fier lettré,
Ce docte nous voulant assiéger.
Offensée de vaines échappatoires,
Ma vie s'ajuste au busc de l'histoire
Enviée du style déclamatoire
Absorbé des règles attentatoires.
Armand Mando
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