INSOLENS LONGAE FEBRES*
Insolentes fièvres
Ai posé en silence, incertitude,
Dogmatiques fièvres ; elles larmoient
De mon double chaviré de l’émoi
Dont le germe éveille l’amplitude.
Riches, pauvres, en chiens de faïence,
S’insurgent au bel astre qui luit
De l’implacable haine dont les suies
Nimbent la haute finance.
Ai pleuré où l’amour marche seul
Sur l’avenue ; les noceurs y vomissent
Des nuits le plaisir, puis glissent
Au caniveau étiré en linceul.
Ai vu naître, enkystés d’impudeur,
Les profils éreintés, presque nus,
Au creux de lits douillets retenus
Aux chambres plongées en la torpeur
De corsaires mués en marins
En quête de trésors sur la lame bleutée
D’océan perdu, dont les vagues butées
Écalent du roulis, l'énorme colarin.
Ai laissé traces sur la lande fanée,
Ineffaçables sceaux avant que de fuir
Et le jour et la nuit, m’épanouir
Au jardin de prémices tannées
Du soleil, et que rident les spires
Éclatées de fièvres compulsées,
Diluées de mon cœur oppressé:
Monotones et infimes soupirs.
Si j’ai du verbe, aiguisé panache,
De vos mots, fol antagonisme,
Du remords, et avec pragmatisme,
En délierai le derme, si le mal l’attache.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


