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lundi 18 mai 2020

QUIA*


QUIA*
Madame

Madame, vos yeux, ce miroir sans tain,
Explorent de mon exil, les méandres ;
Dois-je en ces troubles, et à pierre fendre,
Verser des rivières au couloir des matins ?

Madame, vos rires d’ironiste, vos éclats,
Perturbent de ma peine, la morosité ;
J’eusse aimé du verbe par trop usité,
Décrire l’expression profanée de ce glas.

Madame, quand se mélangent au soir,
Vos transes et mon mal, les étoiles
De mon ciel de lit, au vide, se dévoilent
Sans pudeur, fagotées d’accessoires.


Ma nostalgie prend l’eau, l’amertume
L’isole de mes rêves ; j’ai froid
Dans ce lit où s’incarne l’effroi
Qui de vos draps, au bitume,

Traverse l’avenue d’ombres liquéfiées,
Endormies au-delà du réel,
Toujours en la constance du cruel
Qui de vous, s'y semble méfier…


Madame, j’ai des soleils éteints, figés
En la moiteur d'heures inopportunes ;
Astres désorbités, décans de lune
Dont l’azur se veut ici-bas, alléger,

Rien qui ne puisse, des déshérences,
Décélérer l’offrande faite au mâle
Qui ici alimente et sans mal,
L'impécunieux, sans ganse.  


Si de vos lèvres, le brillant carmin
S’effaçait, coulait le ricil en douceur,
Du regard, s’offensait la noirceur,
Du cou, la fragrance jasmin,

Mon cœur se poserait au bleu de nuits
Aux vôtres pareilles, pour revenir
Sur la berge, peut-être s’alunir,
En l’espace feutré du lugubre ennui.

Madame, si en nos peurs, les miennes
Subsistent_ sachez-le ! Loin de nous,
De tout, même à deux genoux,
L'amant déroge toujours aux mêmes gênes.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020