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mercredi 13 mai 2020

ROSIERE DESTITUTA*


ROSIERE DESTITUTA*
Rosière déçue

Dentelles, organdi au souffle léger
Du matin renaissant, sertissaient
De son teint opalin que la brise froissait,
L’altière contenance, le profil assiégé

De larmes, d'immodestes pleurs
En fontaine à sa joue repoudrée,
Ces coulées ignorées du madré,
Lui butinaient la délicate fleur.

De la lèvre engluée de sourires
Profanées des béguines de messe,
L'offense compulsée d’abbesses
Empruntait, et sans jamais férir,

Du trouble, le sinueux parcours ;
L’envie la sublimait trop souvent,
Aux vespérales laudes… du couvent,
Fusaient homélies, séculiers discours.


Écorchée d’ascétiques sermons, prônes
De prélature, sa chair renflée au corset,
Quémandait des rituels corsées,
L’élixir des bacchantes-icônes.

En reptation, louvoyaient encor,
Les chauds délices de l’autophilie…
Sa main en caressait le creuset, à la lie :
Spermatique breuvage qui du corps,

Avilit en l’espèce, le flux masturbatoire ;
De son souffle, s’échappaient, éthérées,
Les volutes d’actes immodérés,
Aboutis du spleen, fut-ce attentatoire.

De la coulpe parachevant l’affront,
Ruisselaient de chagrines poussées
Dont l’effrontée courroucée,
Accuse faiblesse, sans faire front,

Quand, des rétentions primales,
Le sujet tance son licencieux double
Hors la curée, et que trouble
La glossolalie clarifiée du mâle.


Vierge nue, déçue de l'obédience,
La thébaïde l'y voulant emmurer,
La voilà au naos talé de curés, 
Recluse sous la bure d’alliance,

Flagellée d'ordalies, sous huées
De séducteurs aux salaces délires !
Verrat-elle au son bref d’une lyre,
Naître de l’hymen, la glaire muée ?

Je prierai à des lieues de sa peine,
Moulé de peccavi, si sa constance,
Écale enfin de la désespérance,
Les rogatons de l’opiniâtre haine.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020