HORTUM MEUM,*
Mon jardin
Mon jardin accroché aux nuages,
Est un habitacle
étoilé de reflets ;
S'y repaissent les décans de passage,
L'astre miroitant de son
plus bel effet.
C'est un couvoir satiné de confort,
Un logis dont
l'oisillon moqueur
Sublime pour
notre canéphore,
L'espace des typhons vainqueurs.
En l'aube matutinale, les austers
Désarçonnent les
fragiles boutures,
Essouchent les crossettes qu'enterre
La vouivre
en sa villégiature.
Mon jardin s'offre aux bernaches
Transmigrant de majestueux fiefs,
Ces royales censives que s'arrache
Le paysannat enjugué aux griefs ;
Il croque de
l'hortillonnage, la berge
Aux belles
maraîchères, rosières
Au long voile, à la hideuse serge,
Aux fronces
carnassières...
C'est aussi une ouche en l'automne,
Où s'anime la
closerie d'antan
Retenue à la frêle dragonne,
Dénouée du
trouvère chantant.
Mon courtil,
aux piètres ventées,
Je m'endors au
cœur de ta pignade,
M'étire sur ton sein virginal, ta beauté
Épanouie, quand dansent les naïades.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


