Que ne suis-je
moi
Il pleut des matins gris au cœur de mes hivers,
Des journées endeuillées d'heures profanées ;
Je regarde, en pleurant quelquefois, se faner
Les filles de mes quinze ans, posées au revers
De nuits assassines, dont les rêves s’effacent,
Quand, de la solitude, je bois l’infecte lie,
Ce fielleux breuvage, dont au soir, se délient,
Sevrées du melliflu, les éphémères traces.
Mes yeux forcissent du désappointement,
La plaintive coulée… je fuis les entregents
De l’émotive serve qui fait, en voyageant,
De ma peau, à sa chair, maladroitement,
Le tour de phantasmes, qu’illusionne
L’affect voulant l’estourbir de mignardises,
En de trompeuses brettes d’insoumise,
Pour qui le galant se trop souvent passionne.
Il neige en mes sommeils sertis de décans,
Aux pavots de Morphée… s’éteignent peu à peu,
Les étoiles plombées de rituels pompeux,
Et que soulèvent encor les astres bivouaquant.
Quand Mando berce de mots salvateurs,
Et la joie, et les peines de son double meurtri,
Sa plume vient soumettre à son esprit contrit,
En d’acceptables sizains, le verbe de l’auteur
Emmuré de contraintes, la phonie du héraut
Soumis au doxographe dont Pascal alimente
En de riches pensées… se peut-il qu’il nous mente ;
Qu’il dissolve d’Euclide, le talent du héros (?)
L’efficace jansénisme… du moins en apparence…
Que ne suis-je moi, aux cahoteuses bermes
De rhétorique, dont Boileau filtre à escient,
En régent de parnasse, le profil déficient
Dont Antoine de Gentile, et pour y mettre terme,
Agrémente son œuvre, en habile prosateur
Confessant de la palinodie, l’insoutenable amble
En son déséquilibre… n’est-ce pas ce qui semble
Poindre de son art de démystificateur ?...
Heureux d’être la sève en coulure profonde
De l'arbre dressé à même la constance,
Je nourris, malgré moi, d’épistolières stances,
La vacance du verbe entrainé en ma ronde.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021





