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lundi 21 septembre 2020

TRANSMIGRATIO*

 

TRANSMIGRATIO*

Transmigration

 

Quand les lunes chavirent de la nue de septembre,

Que les lacs éventrés déversent leur jusant,

Les rayons harmonisent de la résine d’ambre,

La fossilisation des reflets reluisants

Entrelacés aux mânes des solstices d’été…

L’étrange qui condense au-delà de l’Ether,

La voûte magnifiée, aux abords apprêtés,

Voile de l’exosphère, les cailloux orbitaux

Empierrant le parcours de mouvances laquées,  

Et qu’enlacent les globes emmurés de cristaux,

Les astres dérivés du cosmos terraqué.

 


Quand l’océan déchire les confluentes vagues,

Lacère de la lame, les sodiques frisures,

Le crantage altéré du corail qu’on élague,

La cuvette saline se vide... à l’usure,

De l’infundibulum… la marée bleue s’étrangle

Aux algues calamistrées des fonds clairs

Qui, du grand tourbillon en émacie les sangles,

Pour se poser aux digues rompues d’éclairs ;

S’y délacent le nostoc, les vertes thallophytes

Peuplant les fonds, quand s’enfoncent

Le limon, l’ajonc, crispés en bryophytes,

Les boues éparpillées aux iodiques ronces.

 


De la transmigration de ces mondes-buvards,

Aux acides perlés de mécaniques bruines,

Fondent tous les pavés de larges boulevards

Empruntés de sirènes dont le charme décline.   

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

VIOLARE SPACIUM*

 

VIOLARE SPACIUM*

Espace violé

 

Tonitruent les tempêtes, s’ébrouent encor

Les baleines du lointain Miquelon…

Il n’y a d’espace, en ce piètre décor,

Que le souffle purgé du violent Aquilon.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

INFANTAE DEVOTUM MUTATIS*

 

INFANTAE DEVOTUM MUTATIS*

Métamorphose d’infante

 

Secrète en ces jardins d’automnales soufflées,

Elle voile du temps, les subéreux accords

De muances emportant de son corps,

La nubilité mollement retenue au filet

 

De sa nouvelle vie… aurait-elle vécu, l’âme

Rompue de folles réjouissances, le cœur

Transpercé de cocagnes qu’un moqueur,

En d’impudentes brettes, sans flammes,

 

Ajusterait aux sarcasmes du libertin

Dont l’incivilité patine la démarche ?

Farouche, franchit de ces ultimes marches,

Les revêches dalles rivées au muretin.

 

Sa bouche fait offrande de baisers enjôleurs,

Longtemps retenus au pal de la morale ;

De cette parénèse, aux coutumes claustrales,

N’a pu s’échapper… ensuquée de douleurs.

 

Ses vingt ans acquiescent de la liberté

Dont elle veut faire fête, la juste anomie…

Ses rires modulent des fades économies,

La largesse voulue, la douce légèreté ;

 

La voilà, fin prête pour l’amour, celui dont

Parle le ménestrel volage de faubourgs !

Naîtront de ses impairs, d’imposants rebours

Qu’elle devra accepter, sans gêne, ni pardon !


L’angoisse naît de la peur… l’amour, lui, est un don.

 

 

  Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 20 septembre 2020

SCIO MORIERIS ET ABIIT HELIAS*

 
SCIO MORIERIS ET ABIIT HELIAS*

Je sais que tu mens

 

Je sais que tu mens, quand tu pleures

Les amours confuses, les sentiments blessés

Dont le cœur récuse, avant de l’oppresser,

L’intactile percée livrée à la douleur,

Et qui, par habitude, quand l’envie est un leurre,

S’apitoie sur les larmes savamment déversées.

 

Je m’en veux de te croire, aux lunes démunies,

Si la nue enveloppe des nuits désaccordées,

La ténébreuse lie de ces ombres fardées

Accrochées à la sphère des orbes désunis.

 

Prisonnier du doute enjôlant mes faiblesses,

J’avance de guingois sur une terre nue ;

Jamais ne poussent, quand rentre l’ingénue,

De nouveaux lendemains, au for de la détresse !

 

Mon humeur s’est tarie ; j’ai des besoins malsains,

Des lubies écornées, de futiles envies ; l’apparence

Dont se vêt ma pâleur, accuse prépotence

Pour duper de mes peines le métrage assassin.

 

Je sais que tu mens, au soir blême où s’allument

Les faisceaux inondés de lueurs mesquines ;

Tu fais, sans y penser, au rouge de fuchsine,

En étalant l’étoupe, naître à l’aube, des brumes

 

Parsemées au vide de mes songes griffés

De prétentions, mes rêves-aquarelles…

Tu me retiens bien loin de tes marelles,

Au filin de la désespérance, souvent giflé

 

De vents contraires, morniflé de suroîts

Qui, de la mer de cendres, aux océans marbrés,

Soulèvent des matins, d'instables degrés

Auxquels butent les manants et les rois.

 

Qui suis-je en ces fictionnelles niches,

Ces gîtes bancals, couvoirs dont s’enorgueillit

La gent satisfaite de fruits trop tôt cueillis,

Pour, à pleine dent, mordre l'infecte friche ?!...

 

Je sais que tu mens, quand nos corps se paissent,

Enchevêtrés aux mâtines… aux primes angélus,

Vespérales où les nones s’affairent ; l’Orémus

Des prêtres, éveille de l'étreinte en laisse,

 

La gestuelle d’amants ivres d’impureté ;

Oh, je m’en dois défaire ! Laisse- moi confesser

De mes tares, l’infidèle récré… des rires froissés,

A ce vain retenir, ne peux plus m’apprêter…

 

Tes mensonges ont clampé à ma juste clarté,

Un ciel de brouillard, un espace flouté

De malédictions, de déprécations redoutées

De l’âme contrite de peccavi… sans douter

Qu’aux éphémères heures, l'esprit dérouté

Se prendrait aux cordages éboutés

Du noduleux système le voulant arc-bouter.

 

Pour sûr, tu t’en iras voiler de l’interdit,

L’offensante cambrure !… Tu fais de l’inédit,

En de souples pirouettes, aux souhaits affadis,

Confortables redites… nul être ne le dédit !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

HAVES VINCULORUM MEORUM*

 

                             HAVES VINCULORUM MEORUM*

Nantis Laodicéens

 

Les hommes ont, des miettes de nappes,

Rassasié le plus faible, l’atone de ce monde,

Cet indigent bafoué, éjecté de la ronde

Où tournoient les nantis dégorgeant d’agapes.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 19 septembre 2020

CÉLINE

 

CÉLINE

 J’ai rêvé, je l'avoue, Céline, ma mie,

De nuits d’encre, aux nôtres voulues ;

Tout était artefact, imaginaire goulu...

De l’imaginative, aux désirs insoumis,

 

La beauté de l’espèce torsadait nos vies

De fastueux entrelacs, d'arabesques

Semblables au sabir de sultanes mauresques ;

Céline, très chère, dois-je de nos envies,

 

Nouer le translatoire, puis, de la vacance

Des joies, aux miennes pareilles,

En d’évasifs transports, égrapper de la treille,

L’uvale harmonie, la dive quintessence ?

 

Parfois, aux heures riches de solitude,

Ma plume imbue de libertés premières,

Ivre de remembrances fardées de lumières,

Bague de la stylistique, la juste rectitude.

 

Se peut-il, à ma gourme railleuse, que les mots

Se vêtent d’apparence, mon verbe, d’éloquence (!?)

Dois-je de la livrée sertie d’un camée d’allégeance,

Façonner de la mue, les clinches de fermaux ?

 

Céline, mon tendron de bohème, vous, princesse

De tierces majeures, greffon de ma bouture,

Offrez-moi vos nuits dont l’aurore ceinture

Les rougeâtres nuances ! Faites de ma détresse,

 

Avant que je m’y perde, bouquet de parhélie !

Mes longs doigts de soliste sur touches ivoire,

Traceront aux cantates miennes, sans les voir,

D’éphémères portées taclant de l’homélie,

 

L’ennuyeuse morale de prêcheurs jacassiers,

Ces prolixes de messe au verbiage poussif…

Céline, ma romance… ai-je de l’inclusif

Grimé la métaphore ; dois-je, en conférencier,


Du déclamatoire, nier l’impudique faconde,

Abrutir l’orateur de harangue, le rhéteur

De cénacle, dont Ptolémée, en fin débatteur,

Exécrait le pompeux, et qu’inondent

 

De putrides saucées, les sophistes glacés,

Ces hellénistes sis en triumvirat…

Bien fol, celui qui, plein d’audace, en rira !

J’aime en ces joutes tronquées, paresser !!!

 

Céline, de mes lunes éteintes, à vos soleils moirés,

Distance aucune ne se peut imposer… venez,

Il y a des jardins où l’amour nous veut ramener,

Des prairies dénervées de hallier… nos soirées

 

Accuseront promesses, sans s’y jamais délier ;

Ma peau, à votre chair réceptive aux caresses,

Clouera de fins baisers, votre nombril qu’agressent

Les geignements poussifs de l'humiliée

 

Sevrée d’étreintes, la rosière sans âme,

Dont l’illusoire pommade vacuité… pauvrette

De litières fanées, triste cousette

Emmurée au cloître de servitudes infâmes.

 

Vous ferai connaître de la soif, la réelle pépie,

Allumerai à la pointe du sein vôtre, l’étincelle

Irradiée de vexatoires blandices… infidèles,

Vos cuisses en tenailles quémanderont répit…

 

Ma langue balaiera de votre rose plaie, l’hymen

En corolle au bord de ma balèvre… aspirerai

Du flux de vos angoisses, avant de soupirer,

L’énergie salutaire, ces sucs dont la rage malmène

 

La fautive, brisée sous l’amant guerroyant

En spadassin vainqueur du pugilat…

En un ferme coït, en reptation, çà et là,

Chercherai issue, las, repu, en bâillant

 

La didascalie empruntée au larvaire,

Ce bupreste défait d'élytres, cet agrile

Piégé de l’échancrure de plaie_ servile

Assujetti au rythme du jeu à découvert…

 

Céline serai le même, jusqu’au bout de l’allée

Où passent les galants rivés à la vertu…

Le plaisir ne peut, en mes humeurs pentues,

Atteindre le faîte, sans s’y faire empaler.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 18 septembre 2020

SYBARITISM PRO VICARIIS*

 
SYBARITISM PRO VICARIIS*

Sybaritisme de vicaires

 

Venez, laissez-vous entraîner au tourbillon

Des rires et des larmes d’amantes rejetées

Des salons très prisés de la gent éjectée

De ce corporatisme que prônent, goupillon

En main, les nonces méprisant le haillon !

Ces moralisateurs subliment la beauté

De Vénus ou Diane, tout en plaçant bâillon

Au bavard qui trop souvent s’attarde

A dévoiler du vice d’ascèse, les travers,

Cependant que la honte isole le pervers ;

L’excès donne ton à l’horrible cacarde…

 

Venez, prenez place au balcon du désir,

La loge où paradent putains et cardinaux !

Naîtront de ces rondes, des fluides subliminaux

Déversés sur la chair assoiffée de plaisirs…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020