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lundi 16 janvier 2023

POUR ACHEVER L’OUVRAGE

POUR ACHEVER L’OUVRAGE

 

Avant de m’éveiller aux aubes princières,

De battre du cil aux nouvelles aurores,

Voir naître l’hyperbole amputée d’anaphore,

Ai donné ton au rire des grimacières.

 

En me sevrant du style du rhétoriqueur,

De la flottante braille du logographe,

Ai des colichemardes en vos paragraphes,

Puisé l’antilogie propre aux seuls chroniqueurs.

 

Avant des bisbilles taire l’anfractuosité,

D’inutiles chamailles, toutes les arguties,

Ai avec élégance, de vos tristes récits,

Châtré le préambule ceint de somptuosité.

 

Quelque riche soit-elle, votre didascalie,

Enclose de mutisme d'approbateurs,

N’est que manigances d’un vexant auteur

Aux élytres défaites d’une acidalie…

 

Encoffré de disgrâces, de pénibles décris,

L’orgueil de ce paraître ourlé d’afféterie

Ne saurait donner ton à ces ferblanteries

Posées en accessoires au faîte de l’écrit.

 

Que ne puis-je, démuni de faconde, plaider

A l’ouïe anonyme engavée de sophisme,

Perméable aux conciliabules : schismes

De zélateurs toujours prêts à harder !

 

N’ai de l’argumentaire en ces lieues

Talées de probants qui de l’irréfragable,

Sans permuter du doute, à l’acceptable,

La commune réserve, cet organe bilieux

 

Dont la lie encolle du dithyrambe,

Le vrai panégyrique… se peut-il encor,

De la glaireuse sève aspirer en l’accord,

La suave resucée émise de l’ïambe !  

 

Etrange ce besoin dont ma plume, sans mal,

Ecale la mesure, l’ascétique tautologie !

Moi qui n’offre jamais couverts et logis

Aux minables carpules au ton suboptimal.   

 

J’étoile de diurnes reflets les songes

Mis à mal par mon ego crispé, horripilé

De l’affreuse manœuvre : altier propylée

Dressé au beffroi d’humiliants mensonges.

 

Quitte à désarçonner des molles haridelles,

Le coléreux marquis, l’acrimonieux duc :

Ces suffisants silènes : vieux heiduques

Anoblis sur le tard, ajourés de dentelles,

 

Confesserai les tares dont l’écriture anime,

Sans la jamais prouver, l’historiographie

Auréolée de flagornerie, d’atrophies

Dues aux règles bafouées en l’intime…

Et…

Qu’encarte le scribe violenté d’amertume :

Bien trop sage censeur du compromissoire,

En des clauses agrafées d’accessoires

Piétinés sans autres sur d’imposants bitumes.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 14 janvier 2023

ELUSIFS MEANDRES



ELUSIFS MEANDRES

 

Domptées de folles vagues au flot de la colère,

S’écument les années dont jadis, avec grâce,

Prisions sans retenue au sortir des nasses,

Le spumescent dépôt en la cuve de mer.

 

Croyions que nos vingt ans porteraient estocade  

Au malheur à venir, empaleraient le doute

Posé en contrefort aux possibles déroutes,

Tarauderaient de la perplexité, l’arcade.

 

Etés et hivers balbutiaient au soir

Où le bonheur défait de son nimbe,

Mystifiait du vide le sépulcral limbe,

Le figeant à nos seuils en altier ostensoir.

 

Eventées les accords dont nous fîmes bombance,

Les serments encavés au for de la détresse,

La corporéité mise à mal, et qu’agressent

Les rides modulées d’inutiles souffrances.

 

N’est pires défaites que les songes moussus :

Ces flous manifestes, ces délires d’ascèse,

La harangue butée prise en l’aposiopèse

D’un discours crénelé d’un orateur pansu.

 

Au roulement de l’iodique lame, la baille

S’en vient mordre de l’océan plombé

De crachins, de bruines bombées,

La peau dénaturée de tempêtes d’aiguail.

 

Sommes-nous céans, assiégés de rumeurs,

Qu’il faille, pour s’en défendre controuver

Avec style, panache, peu à peu couvés,

Le lit froid de l’Allanche, en l'humeur ?

 

Dépossédés de tout, exproprié d’attraits,

Voyons pousser l’envie au fief du plaisir ;

Nous voilà démunis au souffle du gésir :

Nécrotiques parures d’affligeant fortrait.

 

Claudiquant aux sentes de ductiles attentes,

J’effeuille de l’expectance_ ce, à moindre coût_

Aux passions qui m’animent, sans licou,

L’ultime fane de tiges brinquebalantes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 8 janvier 2023

OBTUSES RECESSIONS

OBTUSES RECESSIONS

 

J’aime à me souvenir aux temps incertains,

Des livresques romances, ces enjambées

Nuançant seules, aux tépides flambées,

Le froid protectorat de l’iambe cadratin.

 

Les heures qu’il m’en souvienne enjôlent

La clepsydre du fastueux retenir,

Sans musser du futur, ce lointain avenir,

Les factices minutes qui s’y encor, accolent.

 

Mes rires ont l’ivresse des matins de rosée,

La griserie de l’aube aux primes envolées ;

J’en puisais, et à perte, et pour les enrôler,

Les précieux instants se laissant imposer.

 

En jouissives prises, tel un nocif pétun,

J’écartelais du songe, pour l’en dissoudre,

L’onirique butée, comme du mythe à moudre,

Le fantasme latent : souhait inopportun…

 

J’aime à me déparer de la gloriole

Nimbant du trajet jonché d’extases

Le fastueux entrelacs qui de la périphrase,

Aux circonlocutions, souvent, affole

 

L’érudit sanglé de sophismes égrenés

De pages: fades copies de plumitifs,

D’écrivassiers pris au rets de plaintifs

Énoncés : apologues mort-nés (…)

 

Pincés de la faconde de la gent anonyme,

J’effeuille du dithyrambe leur, parfois,

Riches anachronismes en l’effroi

De coquecigrues louant le pusillanime.

 

Aux miennes antinomies s’entrecroisent

Au for de l’expédiant, mots désincarnés,

Petits bouts d’affect peu à peu décernés

De l’idoine… faut-il que j’en pavoise !?...

 

J’aime en ces vastes plaines semer

Aux nouvelles jachères, déséquilibres

D’utopistes blessés, désordres de félibres

Altiers, souverains… pour céans, aimer

 

Du rêve clos, sans retenue, l’ouvrage

Du somnambule glissant sur l'Ariane,

Le noceur fuyant en l’aube diaphane,

L’estaminet sophistiqué d’outrages. 

 

Aux mille empreintes du pire,

Esseulé, mais ragaillardi, j’épulpe au soir,

Les tristes rogatons pris au bossoir,

Pour chavirer au ventre d’un empire

 

De colère, de sang : arrogant pulpitum

De mausolées de reîtres piégés sans autre

De funestes kaisers : faux apôtres

De vaticanes lunes du claustral Latium.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 1 janvier 2023

SANS SOLEIL… JE ME NOIE

SANS SOLEIL… JE ME NOIE

 

Mon soleil égratigne l’étrange nébuleuse

Pour ne se point roidir aux lueurs décembrales ;

Il rassure mon âme rudoyée de longs râles,

Mon cœur pris au licol de traverses houleuses.

 

En piétinant mes rêves démunis, en bélître,

A posé tel un baume sur mes déshérences,

Sans s’en repaître, la noirceur du silence

Au seuil d’envies transmuées en talitre.

 

La honte, malgré moi, civilise encor

Joies, et peines diffuses… sans soleil,

Je ne peux atténuer du pénible sommeil

Les revêches coulées densifiant ce corps

 

Balloté en tangage de l’aube aux nuits…

Pourquoi, en me faisant escorte, l’aurore

En densifie l'angoisse palpable ? j’abhorre

De ces rites la constance… je m’ennuie

 

Aux tarentelles dont personne n’approuve

Ni rythme, ni éclat… ces latines culbutes

M'assourdissent ; malgré elles, chahutent

Sans relâche… est-ce un mal que je couve,

 

Une affliction en moqueuses dérives ?

Jamais du soleil n’est tant perçu d’algies !

Ne sais en ces tares, dépourvue d’énergie,  

Quelle brande empruntée jusqu’à l’ultime rive.

 

Déçu de n’être que moi : piètre idéologue,

J’effeuille du passé, en béjaune taclé,

Les trop fades clichés de l’enfance bâclée…

Suis-je donc devenu habile philologue ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

2023… LA GAGEURE

2023… LA GAGEURE

 

L’année s’en vient draper du passé l’avenir ;

Amortissant nos pleurs, nos inhibitions…

Elle veut nous faire croire en l’évolution,

Elle qui n’a de l’espèce que piètres souvenirs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 31 décembre 2022

IMPUDIQUE FLAGRANCE

IMPUDIQUE FLAGRANCE

 

Comme l’enfant qui naît, aveuglé de clarté,

La femme désœuvrée, encernée de malheur,

Eclosent en nos vies de perspicaces leurres

Indomptés de l’affect peu à peu préempté

 

De fades arguties, de subtils mensonges

Chus d’adages plurivoques, d’apophtegmes

Combinés de clausules ceintes du flegme

D’un scribe que la componction ronge.

 

Comme l’homme qui fuit la coercition

Cependant qu’il l’impose… vil chafouin !

L’amante prise au rets de faux oints

Egrenant chapelet… les traditions

 

Encellulent l’âme du mécréant, la baguent,

Avant de l’asservir au culte mariolâtre

De cerbères piégés du Vatican… ces pâtres

Bavent au naos glissant, où la dague

 

Du tentateur vient percer l'épigone

Aux portes du Shéol… le voilà ! fin-prêt

Pour l’Audience fatale… sans apprêts,

Nu sous le Couperet, perdu sous l’isogone.

 

Comme la serve blessée aux cristallines larmes,

La noble camériste utile à peu de choses,

Le rêveur pose borne à ses souhaits moroses

Garrotés de désirs que l’épreuve désarme.

 

Comme le funambule ébloui sous les salves,

L’acrobate charmé, sous les ovations,

L’écrivain enjôlé de mille prétentions,

Absout du dithyrambe, l’insidieuse valve

 

Appliquée en douzil au faîte d’arrogances…

Assommé de victoires, et sans s’encouronner,

Puise de l’âpreté l’efficient venin, pour trôner

En ce vide, avant de disparaître… sans ganses.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 28 décembre 2022

AGREABLE CESURE

AGREABLE CESURE

 

J’attends le petit jour en l’aurore sublime,

Quand sifflent des matins engourdis

Le malicieux merle, l’habile fauvette…

 

J’écoute gronder du fonds clair de l’abîme,

L’étrange surmulot, le campagnol hardi

Dont le frêle museau pointe de la cuvette.

 

En ce doux paysage encor balbutiant,

La brise s’en vient naître, caressant la rosée

Où le beau papillon en s’y voulant poser,

Frôle la feuille humide étalée en tian.

 

J’aime en ces pauses, m’enivrer de moiteur,

Boire du pédicelle : éphémère source, le nard,

Laper à l’écuelle rebondie en thénar,

L’éveil de ces instants pincés de l’adducteur.

 

Derrière le courtil aux grillages trompeurs,

J’aperçois le bouvier poussant sa cariole ;

Son troupeau assoiffé épie de la rigole,

La ruisselante lie enclose de vapeur.

 

Miroitant d’allégresse en ce jour imprécis,

La rivière roule sa trop sombre caillasse

Soulevée de frisures, et qu’effacent

Au soir, les ventées tristement obscurcies.

 

Ici, mon regard pénètre du renouveau,

Toute l’allégorie… riche de cet apologue,

Mes yeux en détroussent l’aura…

 

J’ai parcouru la terre, escaladé les vaux,

Sans jamais écouter la champêtre églogue

Couchée au parchemin que le temps instaura.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022