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samedi 10 décembre 2022

LA MATRICE DE MA TÊTE

LA MATRICE DE MA TÊTE

 

Je t’invente une histoire

Où, sur la balançoire,

Les filles se vêtent d’illusoire,

De gestes confiscatoires…

 

Je les vois marcher sur l’été,

A petits pas, sur la jetée,

S’entoilant de liberté,

Sans se lier à l’impudicité.

 

On peut apercevoir, rétive

Cassandre en soubrette fautive,

Triste, de voix plaintive,

Accuser les louves agressives.

 

La gourmande Julie : otage

De ses désirs, réécrit les pages

D’un grimoire où voyagent

Des saveurs d’un autre âge.


L’étrange Loïs, telle l’uranie,

Se pose sur la fleur… sans déni,

Écalant des sombres litanies,

L’itératif modulé d’insomnies.

 

Parfois, dit-on, la belle Hélène,

Au doux chant des sirènes,

Se grise de larmes souveraines,

De rires vidés de coupe pleine.

*

Aimerais de la consomption,

Atteindre le seuil des démolitions,

Sans montre d’ostentation,

Éteindre de la fureur l’ignition ;

Puis…

Seul, délié des rivets du péché,

Encor aux ides, me dépêcher

Au soir, pour m’épancher

Sur ton cœur… sans flancher.

 

*

En la matrice de ma tête,

Grondent des lubies ; je m’inquiète

De les voir en ma mine replète

Donner ton aux défaites.

 

Mes rêves sont de vie, à trépas,

Des mésaises foulés de mes pas,

Ignorés du confort, que drapa

L’assurance offerte en appât,

 

Sertie de mille promesses :

Mensonges dérobés aux messes :

Syncrétisme dont l’âme en détresse

Aspire les folles maladresses.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 9 décembre 2022

TROP LOIN

TROP LOIN

 


 Il est un poète loin de l’île cuivrée,

Du soleil, des lunes éclatées ;

Il sème doutes et mots inusités :

Obsolescence en miasmes d'ivraie,

 

Aux prés irradiés d'espoir,

D'amour, de cris d'adolescence,

De marcottes qu'ensemencent

Les cœurs devenus dépotoirs.

 

Il est loin, le chantre désenchanté :

Celui de jours à peine éclos,

Du spleen balayé, yeux mi-clos,

D’angoisses ; il a toujours lutté.

 

Il pose ici bagages… puis, fuit

Des mots d'autrefois l'ivresse

Réclamée au fort de la détresse

Du minnesinger séduit, malgré lui,

 


De coruscants rais aux faisceaux

De l’Éther électrisant la plaine,

Des modulations, l'euglène

De mortes rives sous arceau.

 

Le poète dont l'élégie, la nuit,

Apprivoise les subjectiles sons,

A du froid corridor, donné ton

Aux grues maquillées de suie.

 

De ces rimes s'ouvrent des notes

Évincées du toxique sophisme,

De récits maladroits : tropisme

Appréhendé de pépie des linottes,

 

D'invectives faciles d'aèdes épiques,

D'épopées dont la phorminx berce

Le récital ; le rhapsode en déverse

Au reflux, de généreuses piques ;

 

Loin du licencieux hâbleur,

Brise l'aristotélisme du discursif,

L'emphase procédurière du craintif :

Couard inhibé mué en beau parleur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

IDEALISME CREUX

IDEALISME CREUX

 

J’ai tant pleuré dimanche, avant de m’assagir,

Ripé sur des matins où l’âme s’égratigne

Aux ronces d’un futur indécent, indigne,

Que le temps m’a cloué, pour me voir réagir,

Au faîte d’espérances dont viennent mugir

Les fiévreuses entrailles de pénibles guignes.

 

Ai tant bavé silences au creux du devenir,

Clabaudé pérore à l’ouïe des nantis

Enrubannés de ganses... anéantie

Du présent en sa lie, et sans s'en prémunir,

 

L’ivresse la plus folle, aux cépages de joies

Trop souvent brocardées de la gent altière

Dont la condescendance émue l’alfatière,

Autant que le péon, ou le noble Albigeois.

 

J’ai tant des souvenirs, isolé les clichés,

Claquemuré sans autre le truisme,

Que des communs poncifs, l’angélisme

Etarque encor du songe l’onirique nichée.

 

Aux factices noces d’amours désaccordées,

S’efface peu à peu l’espoir de voir renaître

Aux désirs dont l’idoine évince le paraître,

L’exigible ressource de l’être procordé.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 8 décembre 2022

L’AUTRE LITHAM

L’AUTRE LITHAM

 

Elle vivait recluse, enfantant du malheur

De cruelles visées… se mourait au matin

Devant la cheminée qui, tel un muretin,

Occultait peu à peu ses cinglantes douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 7 décembre 2022

DECEMBRALES NEIGES

DECEMBRALES NEIGES

 

Fondent les premières neiges,

Sur le bitume froid… il pleut sur l’Ecosse,

D’innombrables grêlons, et des Causses,

En France, au centre des manèges.

 

Le froid s’installe au nord d’Appalaches,

Jusqu’au banc de Terre-Neuve,

Soulevant des lacs, de mystérieux fleuves

Fronces gélifiées, et blanchâtres tâches.

 

Décembre a couvert le mont Marcy ;

Des Adirondacks, il se voile de brume,

Puis disparaît de Keene, d’où fument

Les cheminées de sinueux raccourcis.

 

L’hiver s’est délié de multiples volutes,

Du doux halo d'astres de galaxie…

Renaissent des prés, faune en autarcie,

Flore rabougrie ; les brises les percutent.

 

A reculons de ces ombres tenaces,

Des cols du comté de Cheshire,

Aux plaines que les bruines déchirent,  

L’aube se couvre d’éphémères traces.

 

Une neigeuse cape enserre les chalets…

Les congères défigurent les roses

Auréolées de troubles amauroses,

Dont l’œil n’ose percer les cerces étoilées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 6 décembre 2022

MA MISSIVE

MA MISSIVE

 Voici tel un bouquet, ma missive !

L’ai parfumée de souvenirs de nous :

Aquatinte proche du lavis, qu’avivent

Les lueurs du soir, dont se dénouent

D’infimes étincelles brandons

Animées de reflets…puis, dissipées

Çà et là, entre les fins cordons

De poussières astrales vues de Cassiopée.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 5 décembre 2022

EVENTAIL DE FRUSTRATIONS

EVENTAIL DE FRUSTRATIONS

 

Dansent les jours, et les glaçantes nuits ;

Souvenirs, rêves, déconvenues,

En la mémoire de pâles ingénues

Pleurent matin au seuil de l’ennui.

 

Flottent encor aux hivers grèges,

Des congères engerbées aux portes ;

Les vents froids les emportent ;

Au-delà des cimes, elles s’y désagrègent.

 

L'enfance trotte sur les sols pentus :

Vicinales sentes en demi-teinte

Épandant de nos rires, les plaintes

Liées au spleen du candide battu.

 

Je me voyais embastillé de peines,

D’aveux d’éphèbes inentamés

Avachis en l’aurore… désarmés :

Prisonniers de goulues sphyrènes

 

Écachées sous un vieil esquif ;

Hardiment, j’en tacle l’imposture,

Et des couardises, la mâture ;

Y abdique le fretin plaintif.

 

Meurent en ces cortèges, les vents

Sinistrés d’atoll d'un lointain pays ;

En citadins éjectés de saillies

De lascifs hédonistes, ces servants :

 

Jouissifs prévenants anonymes,

Retouchent la cambrure dryade

Sublimée en d’autres accolades,

D’impudence dont les feux animent

 

De l’étau subversives étreintes,

Séditieux coït de fiers amants,

Noduleuses nefs en aimants,

Si figées que le remords éreinte

 

La rémanence d'insolvables clichés,

D'idoines fièvres ici-bas accotant

Du jubilé, et l’espace et le temps

De métensomatoses cachées. 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022