CHRONICITE
Ma mémoire
écime les offres assassines
Que jadis
vous fîtes au vulgum pecus ;
Elle bat en
retraite, fuyant le tylenchus
Parasitant de
l’âme la travée abyssine.
Elle captive
encor gueux et manants
Eblouis au
cortège de prévarications
De gras silènes
bouffis de prétentions,
Et qu’encartent
les termes de l’aliénant.
Ma mémoire frelate
du verbe présomptif
Avant l’aube
nouvelle, en l’éveil,
Le bedonnant
cylindre que surveille,
Et pour l’annihiler,
le germe procréatif.
De souvenirs
éteints, aux mortes resucées,
Elle pose
licol aux clichés d’autrefois ;
Transmue de
sa superbe, aux froids,
Les profondes
ridules la voulant plisser.
C’est un
puits artésien où dansent
Aux lunes
pleines, les rires du matin,
Les doux
conciliabules… d’incertains
N’osent ici,
en lier la cadence.
Ma mémoire
assagit de la cognition
L’altérable
mue du fantasque cerveau,
Ce double
capricant en deçà du biveau ;
Elle mord
au nanan de la prétention.
Elle a
nimbé mes premiers graphèmes,
Stylisé ma
faconde de naïf rhéteur ;
Elle a su évincer
mon venin séducteur,
Réajuster l’iambe,
l’allocutif phonème.
Ma mémoire,
en drapé de censeur,
Confisque à
l’idiome privé de sémantique,
Princière_ ô combien ! _ la quantique
En l’épiphénomène
de pavés d’épinceurs.
Quand elle
s’en ira aux lointaines jachères
Egrener le
silence du trompeur chapelet,
Les rites d’écoliers,
et que l’on épelait,
Tairont de
l’espace tout ce qui m’était cher…
Lors,
vaincu, quoique rasséréné, irai
Battre coulpe
en ces orbes distants
Où la vertu
captive et l’espèce, et le temps,
Afin d’en
ratifier, sans jamais l’adirer,
L’ultime
parchemin de songes préconçus :
S’y
miraient les soleils de l’enfance baguée
De douces
lallations, de babil irrigué
De gazouillements
gracieux et cossus.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022