Si nous jouions comme au temps jadis,
Entre l’arbre et la rive, heureux_
A pigeon-vole, pinçant de mots hardis,
La vacance du verbe aux pièges poreux.
Nous longerions la berge des jeudis...
Peut-être y verrions-nous flotter
Quelque profil simiesque, roidi
Sous les rais guillerets de l'été,
Quand les cris fusent des maisons
Où l’enfant aspire du sein gonflé
Les sucs galactophores… de la belle saison,
S’ouvriraient les boutures renflées.
Le printemps délierait des cols froids,
Jasmin, camomille, colchique ;
Les jeunes roses au pied du beffroi,
Parfumeraient encor la vieille crique.
Chanteraient mistral et tramontane ;
La Provence, en nos yeux ébaubis,
Nuancerait, quand le méridien tanne
De tons violacés, ton doux regard rubis.
Captés des pages d’un livre d’images,
Nos yeux cingleraient des cryptes,
Les fragiles oupilles, pour du voyage,
Embraser les traces anaglyptes.
Goûterions à l’aube, émargés du sommeil,
Aux claires bruines, à la tiède rosée ;
Apprécierions en ces journées vermeilles,
Le cri du cochevis s’y venant poser.
Armand Mando
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