pinterest

lundi 7 novembre 2022

LE CŒUR

LE CŒUR

 

N’est de ritournelles en ces fades printemps,

Vraie mesure aucune… A les trop fredonner,

Le chantre psalmodie en doutant

Du Seigneur qui pour lui, s'est donné

Au Calvaire ; lui a tout pardonné.

 

Le cœur lui, n'oublie pas ; caresse de l'âme

L’apostume, aplanit de l'esprit,

L’entrelacs … quand l'homme s'y pâme,

Le revers endenté de mépris.

 

Le cœur connait de nos errances,

Les moindres aléas ; jouxte du mensonge

Vaines assertions, et colères intenses

Au remords qui en l'aube, nous ronge.

 

L’ai vu écorner de l'orgueil du tyran,

La trémie : avantageuse panse ;

Se peut-il qu'il tacle le mécréant

Dont la gnose fascine la science !

 

Le cœur est un clos serti de mille roses ;

Le poète en cultive de subtile plume,

La rosée, évinçant de la glose,

La vindicte ; souvent, elle s’en accoutume.

 


Mon cœur prend du tien, en de sages pensées,

La chaleur et l'ivresse de l'amour sublimé

Dont parle l'énamourée ivre, idéalisée

De l'amant au langage réprimé.

 

Si nous nous contentions en l'avril,

De lui offrir fragrances premières,

Musc, essences, ou nard fébrile,

Verrions-nous poindre des clairières,

 

Rose de Ronsard… de Dumas, camélias

Dont Marguerite Gautier, malade,

Dirait : Monsieur Duval, ce qui se lia

En mon cœur assouvi d’accolades,

 

Se délie du spleen du noble langage ;

Qu'importe très cher, soumettez-moi

Aux jouissances démunies de présages !

Ma lèvre s’enfle de loquaces fièvres, l'émoi

 

En ma raison, s'insurge… me pénètrent

Les brûlures de nos cœurs libérés…

Mourir en ces luttes où dérivent les êtres,

N'a de l'offense, nul autre empyrée.

 

Puisse un jour, mon cœur désenclavé,

Emprunter du talent du parnassien

Le romantisme de Sully Prud'homme, lavé

Des grimaces dont s'arme le béotien.

 

Irai de lunes, en ambigus décans, traire

Des orbes, le replet mamelon,

Brider de la vacance du vocabulaire,

Le dispendieux, m'étendre de mon long

 

Aux voies pavées de surenchères ;

Antoine De Gentile en fustige promesses

Quand les profils fantômes de la chair

Rabrouent la sinistrose de folles kermesses.

 

Ce cœur fait ce qu'il peut aux soirs d'infortune,

Pour roidir du verbe le tumulte forclos…

Dois-je marcher au nord de vos rancunes,

Pour en civiliser le désir juste éclos ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

INTREPIDES DEMIURGES

INTREPIDES DEMIURGES

 

Vous vaincrez debout, en vaillants soldats :

Main nue sur l’épée… l’ennemi s’enfuira

Au son de la trompette ; vaincu, s’armera

Du deuil des victoires, piégé de l’addenda

 

Du palimpseste d’infatigables scribes

Dont la plume quémande, admoneste encor

Le lâche pris au rets du nauséeux mucor :

Turpide empuanti de relents psilocybes.

 

Vous vivrez en quiet, couronné de la grâce ;

Vos vies porteront en trophées de succès

Les palmes du triomphateur en l’accès

De riches glorioles dont il restera traces.

 

Les couards, ces jean-fesse, au soir, à reculons,

Grimeront de volutes la honte les pénétrant ;

D’estaminets, en bouges, maudiront l’impétrant

Efflorant de la haine le fragile stolon :

 

Minable support dont l’archer enguirlande

La tutrice cale, mercurialise la gemmule  

Prête encor à offrir en glissante limule,

Les spumescentes glaires, ces affriandes

 

Mues sécrétées de polymorphes tripes…

Se peut-il que l’ouvrage perce à nue

Le boyau de retraites (!?) … que menues

Soient les ombres en la klippe

 

De cette déchéance acculant le reître :

Douloureuse brossée au nord de débine,

Affligeante défaite en l'aube assassine

Ourlant bâti au perfide paraître...


Vous verrez les ides lester de sommeil

La rémission du juste, saurez de l’accalmie

Aspirer le liquoreux souffle ! l’ennemie,

Cette larve, seule, en reptation, du soleil

 

Ne jouira qu’à peine_ viendra succomber

Sur le froid pulpitum où grimacent

Les spectres dégradés, et qu’embrasse

L’adipeuse vermine s’y laissant déplomber.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 5 novembre 2022

POSSIBLE MUTATION



POSSIBLE MUTATION

 

Je n’ai plus quinze ans, mon soleil s’étiole,

Mes étoiles pâlissent au-delà des rêves  

Immiscés, comme poussés d’Eole

Aux nuits expurgées de leur sève.

 

J’avais aux jeux d’enfant craintif,

La rougeur des fièvres moqueuses :

Ces flous qu’enjambe l’amoureux rétif

Chevauchant les venettes bileuses.

 

J’épiais des donzelles la cambrure,

De la moue effrontée, le vermillon ;

Mon regard en perçait la voilure

Sous la chair molestée d’un bâillon.

 

L’émoi me calait en piètre moujingue

Maladroit, empoté... mon corps donnait

Aux rires l’apparence du dingue

Qui au soir cabotine... seul, abandonné.

 

Je rêvais d’escale entre les seins gonflés

De gaupes figées sur le papier

De fables livresques, renflées

Sous la guipure du stupre pépié.

 

Que n’aurais-je donné aux Diane blessées,

Enfouies au cylindre des licences !

De ma couche bancale, au pal dressé

D’un baldaquin, s’offensait silence

 

De virtuelles nuits dont le nard

Purge d’olfactives liesses le musc...

En ces deuils, mes cris de ramenard

Grimaient de tares qui offusquent

 

La coupable charge, le flux palpable…

J’ignorais du désir la démarque

Séquentielle, voire indomptable…

L’ambition ne vous fait pas monarque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 4 novembre 2022

JUSQU’AU BOUT

            
          JUSQU’AU BOUT


Qui la voudrait mander aux lois punitives,

 

Aux tristes ordalies de l’inquisition ?

 

A-t-on pour elle égards, attention

 

Portés aux désœuvrés... en dérive,

 

Si de nos tours les frondes incisives

 

Révèlent du malaise la compromission ?

 

 

 

Du sorite, aux vains prêches,

 

Avions du réel noué le pragmatisme,

 

Grimé de ratiocination le civisme

 

Ad cautelam, * de nuisibles dépêches ?

 

 

Qui prétend de la mère, allaitant,

 

Que l’âme consanguine vêt l'artefact

 

De bénédictions par un pacte

 

Agréé d'adultes consentants ?

 

 

D’aucuns prétendent, du serf contrit

 

En quémande aux portes de chapelles,

 

Sans retenue de la moindre cautèle,

 

Qu'il en trahit le morphème meurtri...

 

 

N’en croyez rien ! Ma plume, du rationnel,

 

Égaie le troublant fatum malgré tout :

 

Imparable défaite de passe-partout

 

Pour grammaire et sabir flexionnels.

*Par précaution

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 3 novembre 2022

DOUX ACCORDS

DOUX ACCORDS

 


Ne te retourne pas ! J'ai de ta silhouette,

Absorbé le confort étrangement posé

Au faîte de l'inhibition prédisposée

Aux prohibitions dont la teneur inquiète.

 

Laisse-moi respirer du creux de ton épaule,

Le musc de tes vingt ans fragiles !

Voudrais avancer en des houles agiles,

Aux fines pointes de tes cabrioles ;

 

Elles poudroient les volutes bleutées

Du sommeil ridé, l'absence en étrécit

La turgide gondolant du sursis

L'éphémère répit de sentences butées…

 

Lors, s'harmonisent les traces

De sournois ballets : joie et peines

En l'amalgame du mal que je traîne

A l'orée d'un désert de typhons, de glace…

 

Sans espoir, l'âme vide, cœur à nu,

Pétri d'amertume ! J'évite ton regard

Dont j'espère en des joutes sans fard,

Priser quelque lueur, pour du rire ténu

 

Exciter, et sans mal, la suave candeur…

La gêne en transit le congruent trouble ;

Que j'aie à m'entremettre de ce double,

Nuançant du pyrrhonisme, la fadeur !

 

Fais-montre_ crois-moi_ d'indulgence !

Ne prends du verbe latent en la resucée,

Ce mésaise… vois-tu, s'il faut refuser

De t'y soumettre, sache bien de l'offense

 

Délier le parjure quand s'accotent

Les larmes d'émotions contraires !

J'emporterai de ce deuil sans les taire,

Les plantureux excès aux ondes aliquotes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022