Quand de la coupe aux lèvres sancissent
Des mots menteurs, d’enjôleurs fards,
Se dessinent du langage blafard
Les premières rides qu’épaississent
La honte, l’échec du précieux devenir
Dont l’âme assouplit en sa résipiscence
Le nuisible tangage, la déliquescence
Du verbe bridé d’infâmes souvenirs.
Quand du rire aux larmes s’épuisent
Des clichés l’imparable truisme,
La mémoire, sans abstractionnisme,
Vide du passé, avant qu’elle s’épuise,
Le pesant gorgerin… il en faut du temps
Pour calmer des blessures d’hier,
La béante coulée, l’étrange rivière
Affluée du remords, du regret constants.
En effeuillant des nuits éthérées
La trop riche ramure, me suis pris
Hélas ! au jeu de l’arrogant mépris :
Rebuffade dupant encor l’immodérée
Armand Mando
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