SOLDAT DE PLOMB
Conduis-moi à tes champs de bataille,
Aux plaines dépourvues de fossés !
Guide-moi aux barricades rehaussées
D'oriflammes, que j'y voie les entrailles
De corps dont la mort tacle arrogance
Aux ides perlés de miasmes de suie !
Je cherche en vain la voie ; l'étrange me suit,
Amplifiant mes murmures intenses.
J'aimerais approcher sans contrainte
La lande flétrie, aux pas du héros soumis ;
En débonnaire, traverser les semis,
Aux vents contrariés ; s'y élèvent des plaintes :
Subjacentes soufflées de foehn en équilibre ;
Aux pôles, s'accotent en l'avril, souvent,
D'éphémères ceintures au paravent
De solstices, d'hémisphères où, libres,
S'entrelacent de furtives saucées,
D'allevasses poudrant des garnisons,
La guérite où factionnent à foison,
Les profils d'officiers s'y venant adosser.
De l'imaginative, tu éclos avec grâce ;
Mes mains en modèlent la gestalt_
De la taille, épointe le nuisible cobalt,
De l'allure, frelate l'inusable cuirasse.
Soldat de l'enfance, des jeux belliqueux,
Où te caches-tu de l'adulte sectaire,
Ce zélateur enfiévré d'adultère,
Écornant à confesse, en des mots loqueteux,
Et la foi, et l'esprit inhérents au pardon : mal
Dont ils se fait, de moult rodomontades,
Factieuse victime d'ignobles algarades
D'échevins engrossés de lois optimales ?
Aux nuits de lune pleine, en chien de fusil,
Sur la couche lestée de songes inconstants,
J'égrène d'hier, sans estropier le temps,
Les puériles musiques chues de ton amnésie.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022


