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dimanche 16 janvier 2022

HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE

HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE


Vaincre sans s’émouvoir, triompher,

Avant de s’attendrir devant le mausolée

De ces amours farouchement gaulées

De minables pisteurs dont les trophées


Ne sont qu’illusoires blandices, attraits

Qui de la suffisance empâtent le pisteur ;

Son égotisme gangrène le flatteur

Promenant sa superbe, en ce trait,


Alimente l’orgueil du séducteur

Encavé en l’espace étréci où le cœur

Vient piéger la poussive rancœur,

Enfieller le propos du vexant prosateur.


Si de ma tour d’ivoire s’érode le beffroi,

De ma riche cocagne, l’altérable faîte,

Quand les rires gominent ma défaite,

Je fais en ces gênes, encor montre de foi.


L’excuse du paraître violentant mes soifs,

Altère de ces lunes, les friables décans ;

D’avoir su conquérir le perfide Lacan

Dont le cynisme encloue la vieille coiffe,


Suis devenu aux heures consommables,

Le héraut dont le verbe en sa tonitruance

Tétanise le fat convulsé d’inscience,

Le triste rodomont, le faraud malléable.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 15 janvier 2022

MARIE

MARIE



Marie, je sais des rêves qui ondoient,

Toute la profondeur… je sonde en l’éveil

Les sulfureux remous, quand aux veilles,

La pensée édulcore la transe qui coudoie


Les amants retenus au cylindre du temps,

Prisonniers du tunnel d’impossibles vertus ;

Que n’aurais-je clamé, et que d’autres ont tu,

Que n’aurais-je mugi au subtil hésitant !


Marie, mes nuits ont l’aspect ivoirin

Des plaines endormies sous la froide congère ;

Se peut-il qu’en ces mues proligères,

S’affadissent mes fantasmes clarains !


Mes envies apprivoisent de la riche bohème,

Les excès pérégrins… je me grise d’attentes ;

S’il est des lendemains aux bruines battantes,

Qui vaillent apaisement, c’est en l’aurore blême,


Les premiers jours entretissés d’offenses...

Les folles récréances dont je me fais nervi,

Accentuent de cette hardiesse, la survie

Engorgeant mon affect démuni d’indulgence.


Marie de ta peau, à ma chair griffée d’irrésolu,

Les besoins accaparent mon verbe raisonnable,

Ici_ irraisonné, sans doute, appréciable,

Peut-être apprécié de novices goulues.


Fais-moi encor invite, que je voie dès potron,

S’incarner le profil de la passionata !

Absous-moi des feintes enjuguant mon état ;

Rassure ma prestance… du cap, au guêtron !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

ÉCLOSION



ÉCLOSION


Quand chantent au réveil en la matutinale,

Les murmures de l’onde,

La vie vient draper d’un cérémonial

La sphère rubiconde…


Je vois s’y délacer la bise glaciale

Poudrée d’un fin grésil chu de l’étrange nue :

Blanches poussières, molécules astrales

Par les vents retenues…


Mes yeux s’en délectent, s’irradient, et sans mal,

Pénètrent la torpeur de mon regard absent

Peu à peu soulevé de la crue lacrymale,


Et que percent encor les froids déliquescents,

Les fadasses soufflées de ce crayeux hiver

Posé à la rambarde ajourant l’univers.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 14 janvier 2022

TRÈS LOIN DÉJÀ

TRÈS LOIN DÉJÀ


Avant de devenir un jardin de délices,

Une belle oasis au centre d’Outre-lieu,

Ma terre se dressait au col du précipice

Où se meurent encor les miasmes suiffeux.

Avant de s’accoutrer de condamnables rides,

De se farder au soir de l’horrible fuchsine,

Elle dormait au ventre d’un désert aride

Dont s’éveillent les dunes aux lunes assassines.


Avant de rassurer péons et fermiers

Offensés d’ingrates saisons, de tempêtes

Troublant jusqu’aux décans premiers,

Elle déracinait les puantes népètes.


Avant de s’ouvrir en l’aube diaphane,

Aux jours pénétrés d’hétéroclites lueurs,

Elle suivait du lac les frisures profanes,

Du ruisseau, chaque relent pollueur.


Avant de s’éveiller en l’aurore cuivrée,

De s’étirer du lit des froides rivières,

Elle avait su nouer la désolante ivraie,

Fagoter un peu plus l’envahissant lierre.

Quand je me suis penché pour boire

A son douzil, le liquoreux breuvage,

A mes lèvres gercées, en des ides ivoires,

Naquirent des mots anoblissant les pages.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

FAUTIVES TRANSLATIONS




FAUTIVES TRANSLATIONS


D’autres fièvres, bien sûr, écornent le silence

Emmurant de ma soif l’impudente pépie !

Je n’ai de souvenirs, sans trêve, ni répit,

Que les frêles haillons de l’adolescence.


S’il est des jours de pluie au fluide halitueux,

Demeurent aux moites nues, en l’hiver,

Des brumes éthérées dont s’enfle le revers

Ourlant à son bâti des flous présomptueux.


De dérives, en peines, je talle du passé

Ébouleuse mémoire, bancale achronie,

Pleurant à pierre fendre, sans déni,

Tous les rêves châtrés s’en venant trépasser


Au nord de ma vacance… j’immole du désir,

Avant que de me perdre, sans accorder quitus,

Les plaintives rumeurs, les âpres hiatus

Perforant de l’audace, le monstrueux plaisir.


Je me ferais novice, si mes songes griffés

Avaient de l’onirisme effeuillé la pâleur…

Mes rires ont boudé des criardes couleurs

L’évidente nuance en son germe surfait.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 20 septembre 2021

AUTOMNALES VARIANTES

AUTOMNALES VARIANTES

 

L’automne qui s’en vient écorne le silence

Dont je me fais laptot… de sa pleine réserve,

Aux matutinales, et que les vents desservent,

Se meurent peu à peu, les vives appétences…

 

Plus rien en ces risées chahutées de l’auster,

Ni des rudes crachins perlant de ces tempêtes

Bouleversant l’océan, quand la lune s’entête

A grimer des décans, les orages austères !

 

En de douteux profils, s’amenuisent les nuits ;

Elles semblent disparaître, avalées du nostoc

De trop longs boulevards épiés du clinfoc,

Et que bercent les vagues, en l’aube qui fuit.

 

Mes automnes traversent du vide manifeste,

La fragile butée… se cognent au rostre gris

D’éphémères galiotes : ces barres rabougries

De vieilles birèmes à la croupe funeste.

 

Je les aime pourtant… ils partagent au soir,

Au deuil des jours enfuis, de livresques romances,

Des contes de l’enfance ; s'y fanent les semences

Aux jardins pénétrés de pesants accessoires

 

Elagués du courtil… je les regarde muer ; ému

De voir l’espoir entenailler le doute ; surpris

D’ouïr, aux vespérales entachées de mépris,

D'obséquieuses laudes de moinillons promus.

 

De ces riches variantes, ces mortifères luttes,

S’aiguisent des absences écachées de l’oubli…

Ne peuvent_ hélas! _ et sans qu’on les publie,

Renaître à la vie, l’envie, et qu’aux ides, percutent

Les spectres en guenilles soulevant la cuscute,

Qui du grain, à l’ivraie… apaise l’affaibli.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

CLAIR-OBSCUR

CLAIR-OBSCUR

 

Les ombres qui trépassent sont des matins

Posés sur d’ingrats souvenirs ; elles aspirent

Du temps, en l’éveil de l’arrogant soupir,

Des premières envies, les pleurs adamantins.

 

Nous les regardons naître sous la cendre,

Les voyons se débattre au centre du cortège

Dont les mots alimentent et protègent

Les maladroits graphèmes, sans comprendre

 

Du pesant silence, l’inclassable moiteur…

De ces ombres confites_ peu s’en fallait

Que nous le tussions ! _ espérions fouler

Du rêve clos, la cruelle fadeur...

 

Nous les voyons mourir dans la lise du vide,

A l’heure où les torrents agrémentent encor

De la belle charmille, le fastueux décor

Flattant de la rigole, les minuscules rides.

 

De ces ombres nichées au faîte de nos peines,

Emanent parfois de furtives silhouettes ;

Caressent sous les branches, la rouette

Liant de nos blessures les affres souveraines.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021