HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE
Vaincre sans s’émouvoir, triompher,
Avant de s’attendrir devant le mausolée
De ces amours farouchement gaulées
De minables pisteurs dont les trophées
Ne sont qu’illusoires blandices, attraits
Qui de la suffisance empâtent le pisteur ;
Son égotisme gangrène le flatteur
Promenant sa superbe, en ce trait,
Alimente l’orgueil du séducteur
Encavé en l’espace étréci où le cœur
Vient piéger la poussive rancœur,
Enfieller le propos du vexant prosateur.
Si de ma tour d’ivoire s’érode le beffroi,
De ma riche cocagne, l’altérable faîte,
Quand les rires gominent ma défaite,
Je fais en ces gênes, encor montre de foi.
L’excuse du paraître violentant mes soifs,
Altère de ces lunes, les friables décans ;
D’avoir su conquérir le perfide Lacan
Dont le cynisme encloue la vieille coiffe,
Suis devenu aux heures consommables,
Le héraut dont le verbe en sa tonitruance
Tétanise le fat convulsé d’inscience,
Le triste rodomont, le faraud malléable.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

