UTILES VARIATIONS
Il pleut sur les côteaux de Sillon-Talbert
Où sables et galets s’enchevêtrent aux vents
Poussant les plages, et en les décuvant,
Avant de les dissoudre des nervures limbaires.
Il bruine encor à Varengeville-sur-Mer,
Aux portes d’Etretat, au seuil des libres chutes ;
On écoute chaque soir, la bise qui chahute
Et s’en revient, bercé de vagues éphémères.
Aux grottes d’Arcy-sur-Cure, les fresques
pariétales
Amenuisent de l’œil, l’iris émerveillé ; le
temps
Semble là s’arrêter… lors, s’éveille doux
printemps
Aux froides concrétions ignorées de Tantale.
A la tufière de Rolampont, ruissellent d’autres
eaux :
Bizarres chuintements au calcaire des mousses ;
L’automne, aux semis des minuscules pousses,
S’y voudrait attarder, et fendre le vert roseau.
Aux rais vainqueurs du soleil invincible,
La Reculée de Beaume-les-Messieurs encerclant
La crête des falaises, s’étire mollement, maclant
De ses vallées, la friable tonsure, en l’inaccessible.
Au lac Aiguebelette, l’émeraude coulée tapisse
De sa juste clarté, miroitant à s’enorgueillir,
Le somptueux massif de L’épine afin d’en acquérir
Les craintives frisures aux risées qui glapissent.
O merveilleuses orées de la nature en fête !
J’accède à vos paliers, s’en m’en faire jamais…
Mes terres démunies, celles qu’hier j’aimais :
Ces insolubles bermes, ignorent de mes quêtes,
Au renouveau d’avril, aux farouches conquêtes,
La douceur de ces pauses que jadis, élimaient
Les tempêtes butées, lorsque l’hiver germait
Aux creux des matins écalant mes défaites.
O miroir de l’oubli, toi qui m’as vu renaître,
L’âme, le cœur, couronnés d’inutiles succès ;
Regarde-moi vieillir, lesté de trop d'excès,
De lourdaudes tacles du vexant paraître !
Aux mille errances de ma vie pérégrine,
S’attardent d'autres dimanches, des feux
Trop vite éteints, des murmures suiffeux
Posés à la balèvre de coulpes chagrines
Dont le froid retenir encloue des purpurines,
La goûteuse saveur au faîte du boutefeu.
J’ai marché sur la lande, escaladé les monts ;
J’ai vu mourir l’enfance aux nuits d’encre parfois ;
J’ai écouté pleurer les daines, aux grands froids_
N’ai jamais pu (su !?) pourtant, poser à vos
sermons,
Dithyrambiques éloges, pour rajuster ma foi !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021