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lundi 9 août 2021

COSETTE

COSETTE

 

Cosette, il fait nuit noire, et le puits est si loin…

Veux tu, en ces brumes encrées, sans crainte,

Me tenir la main… je le vois, la misère t’éreinte ;

Ton enfance prend l’eau, mais en l’aube qui point,

Ton ciel verra naître, en la félicité, des joies,

Des rires pleins, la beauté sans grimaces,

Ni ombres de détresse ; fallait-il que j’aimasse,

Pour enclore tes peines, aux larmes qui rougeoient !

 

Je te veux garder du mépris des trompeurs ;

Que j’aille des quémandes, éteindre les tisons !

Te garde douce enfant, loin de cet horizon

Où la tendresse se débilite, où la peur

Fait caprice en l’âme du plus faible… un monde

Moins cruel peut altérer la marche du manant ;

Au réceptacle des morts, se cogne, advenant,

Le cœur aux passibles défaites, et qu’inondent

Les pleurs de martyrs piégés de mistoufles ;

Cosette, mon enfant, ne suis point de ceux

Dont le verbe agrémente de propos poisseux,

L’engagement premier, si le mal l’essouffle.

 

Loin des Thénardier, il y a _ crois-moi !

Un berceau de jouvence, une oasis claire

D’où fusent des matins méconnus de l’éclair,

Si l’orage chahute la serve qui larmoie,

Que tonitruent les vents purgés du réceptif

Quelquefois violenté de compacts blizzards,

Désamorcés des tempêtes, au grand phare

D’océans étranglés du nostoc de récifs.

 

Cosette, ma main te fait invite, elle saura,

Du spleen, adoucir le fiel d’atrabile !

En ma maison, ceux qui tendent sébile,

Ont avant toi, trouvé d’un probe tutorat,

Douceur, attention… je ne veux, c’est ainsi !

M’en aller intestat… il est des déshérences,

En l’égoïsme nôtre, malgré les apparences,

Des dalles de margelle ; le temps les étrécit ;

Parfois, l’ivresse du possédé, conduit

Le réfractaire, à livrer à l’ouïe réceptive,

Conciliabule d'effusions attractives :

Douteux aveux, dont, hélas ! _ s’enduit

 

Le naïf… il voit les happelourdes,

Comme rubis de princes… pauvre sot !

N’est du gobe-mouche aveuglé au queusot,

Comme du biseauteur entenaillé de bourdes,

 

Point de fuites, si ce n’est en ces rixes,

Honnêteté de croire que Jean Valjean,

Devenu Madeleine, ne trompe pas ses gens…

Car de la valetaille émanent, quoique prolixes,

D’acceptables défenses… on se doit à soi-même,

Cosette, ma petite, comme aux autres… pourtant

Au preste renouveau, et quand tarit l’étang,

Les grenouilles acceptent sans broncher, même

 

Le simple ru où s’étirent les larves, après ponte ;

Vois-tu, la vie est un grimoire où se côtoient,

Déliés d’apparences, le prude et le matois,

Confondus en l’aisance, chahutés en la honte !

 

Serai pour toi, un père, un confident, un frère !

Tu ne m’appelleras pas… puisque je serai là,

Près de la cheminée, regardant çà et là,

Se distordre les flammes de ce rouge cratère.

 

Je n’ai pas eu de chance ; tu n’as point eu d’envies ;

Mes fêlures sont tiennes… tes rires seront mon mal,

Afin qu’il m’en souvienne, aux plombées hiémales,

De la mort à venir, comme nouvelle vie…

*

Cosette, l’existence te viendra courtiser,

Sous les traits d’un jeune homme déçu d’être,

Aux absences dantesques, solitaire, ou reître ;

C’est selon… il voudra de ton feu, attiser

 

Les brandons, pour voir se magnifier

De son amour pour toi, l’étrange gloriole

Dont se nimbent les rois, l’ouateuse auréole

Du sage en devenir… devras-tu t’y fier ?

 

Tu portes malgré ton âge, de pénibles douleurs

Au sein de ta beauté… n’étale pas, pour lui, Cosette,

Cet amoureux fragile, le ruban de rosette ;

L’espoir est un chemin de doutes et de leurres ;

 

Garde-t-en ! J’ai moi aussi, aimé… elle était

En mes yeux de servile sans bornes, rosière

De réserve… étais-je cette réserve ?... Fière,

A mon bras, comme toi, aujourd’hui, se vêtait

 

D’un sourire sans buée… j’ai savouré les heures,

Qu’ensembles, nous passions au Luxembourg…

Les fleurs s’ouvraient, pour du cœur-troubadour,

Le nôtre, accentuer cadence… quel bonheur !

 

Ne laisse les ombres entoiler tes soleils !

Il faudra en l’Ether, quand l’astre scintille,

Étendre le cordon dont se parent les filles,

Avant de pénétrer l’angoisse du sommeil !  

                                        Il est tard !

Couche toi mon enfant ! La chaleur de la lampe

Agrémente des nuits, quand siffle le passé,

La douceur cuprifère s’en venant trépasser

Au matin intrusif… endors-toi ! Je te baise la tempe.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

METEMPSYCHOSE

METEMPSYCHOSE

 

Ferai de vos silences un épais brouhaha,

De votre vain mutisme un dense tintamarre !

Serez à la table de ces noceurs qu’amarre

Le sybarite tancé du fielleux ablégat.  

 

Ferai de vos sommeils plages empruntées

D’impudents somnambules, de vaticinateurs :

Ces trompeurs chresmologues, affabulateurs,

Dont jamais vous ne pourriez douter !

 

En pissant sur vos tombes, l’infecte nécrophage

Qui du corps fait ripaille, arrosera la nuit,

L’altier mausolée, plus profond qu’un puits,

Pour de l’uréique lie étendre le nappage.

 

Vous vécûtes sans âme ; point n’aurez de La Grâce

Nécessaire jouissance ! il n’est de l’arrogance,

Nulle échappatoire… sans drapé et sans ganse,

Enfouis sous linceul, ne restera plus traces

De vos rites tronqués… d’autres, à votre place,

Evoqueront _ peut-être(!) _ modulés d’indulgence,

La Céleste Bonté du Sauveur Eternel, quand l’offense

Fanera au tertre du péché… reviendra la confiance

Du sage repenti, aux heures qui trépassent.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

dimanche 8 août 2021

OPAQUE NUE

OPAQUE NUE

 

Orages pris au rets de mortifères nues,

Voyez des mers lointaines, l’horizon nouveau

Aligner des solstices en-dessous du biveau,

Les houleuses vagues si peu entretenues

D’irascibles crachins que la sirène nue

Aspire en l’aube moite, au clair renouveau !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

HENRI DE NAVARRE Henri IV, roi libertin

HENRI DE NAVARRE

Henri IV, roi libertin

1553/1610

 

Henri de Bourbon, noble capétien de France,

De Navarre : fils de Jeanne d'Albret, petit-fils

De Marguerite d'Angoulême, chatonné d'artifices

Lui rehaussant généreusement ajour et ganses.


En transe, d'immodestes suivantes,

 Se pâment, irradiées d'équanimité

Dont tu fais montre en des besoins,

Ces pulsions dont le péché t'a oint,

T'asservissant aux règles d'intimité

Bafouées de lascives servantes. 

 

 Catholique d'ides tronquées, ta foi

Piste des lois papales _ est-ce vrai ?

Les édits nous voulant enivrer,

Quand l'esprit, l'âme, doutent parfois,

 

S'en exhalent de procédurières

Chartes de feintise érigées

En obédience, pour encor affliger 

Le zélateur, souvent la chambrière,

Quand d'écrouelles purgées,

 

De manichéennes fables taclent

Le chevalier de gentilhommerie,

Au décorum dont la galanterie

Offre confortable assise, cénacle

 

De pansus pisses-froids de cour,

Ventripotents labadens de bombe...

As-tu de leurs larmes en trombe,

Asséché seul, l'illusoire détour,

 

Si l'attrayante compagne,

L’hétaïre nue avilit la chair...

L'éclat est à ce point honni, très cher ;

L'impudence bat-elle la campagne ?

 

Gabrielle d'Estrées en ses pompes,

Concède à ta gourme railleuse,

Prétendus accessoires ; dit, rieuse _  

Son glaive et sa fougue ne rompent

 

Qu'au fort de l'extase, à escient ;

Percée de part en part, j'en nie l'affront,

Moi, l'amante prête à faire front

Aux luttes vaincues d'impatients.

 

Si Paris vaut une messe, le converti,

Du protestantisme, loue la Réforme,

Dévoilant la fraude du pape; en forme

Les prédicants, en bannit l'abruti

 

Dont les conventicules affadies,

Drainent au cœur de l’idolâtre :

Ce croquemitaine mariolâtre

Toujours inféodé de poussifs "on dit".

 

Paris est en colère ; Gaspard de Coligny

Voit siffler sur sa tête les cérastes

De la Saint-Barthélemy qui, avec faste,

Massacrent l'innocence qu'atteignit

 

Du paroxysmal, l'altier magistère

D'ensoutanés lardés d'ascèse,

Par trop initiés de vaine catéchèse ;

S'en chargent d'opaques mystères.

 

Tu rétrogrades... infidèle, insoumis !

Quel Dieu sers-tu, toi volontaire,

Soliste, toi, combattant aptère

De l'emparqué enclosant l'ennemi

 

De Cahors, en 158o ? en triomphateur,

Il crut piller ta ville sous beffrois,

Modelée d'espaces assiégés autrefois,

Sis en adret du col... en hauteur ;

 

L'historiographie concède ici, panache,

Gloriole, à l'œuvre des censeurs

Assujettis, rassérénés à l'âme-sœur

En déshérence, certes, mais pas lâche.

 

Qui a converti le duc d'Epernon,

Ou tuer le duc de Guise ? Pourquoi

De la Trémoille désenclave-t-il la croix

De ta verve amputée du mot : Non ?

 

Ton enfer est un long boulevard ;

Les fous s'y admonestent... pleurant

Un corps cadavéré sous un torrent

De boue enlisant le prélat trop bavard

 

Ne pouvant retenir en l'influx, la peur,

Le cinglant effroi de la plèbe vaincue,

Son exsangue pâleur... toi, tu as vécu 

Loin d'elle... souvent encavé de torpeur,

 

Jouant à pile ou face ton fragile destin

Défenestré_ croit-on _  d'ambitions goulues ;

Tu vainquis librement l'idéal, l'absolu,

Peu à peu, jugulés à ta cause, au matin,

 

Fier de l'adoubement, ce cérémonial

En pointe de claymore : efficace

Manœuvre en l'amour et l'audace

Encor soumis aux équinoxiales.

                                                                     *

Tapi dans l'ombre froide, pugnace,

Fin prêt au désordre qui encerne...

Rue de la Ferronnerie, sous cernes,

Le Charentais François Ravaillac, tenace

 

Quant à l'envie de tuer ; d'une lame,

Te vient percer... 14 mai 1610... là, s'écoule

De la blessure, tel un râle qui roule,

Un long sanglot ; tu aimais le drame (!?)

 

L’habeas corpus sonne glas :

Duo prætendit unus*... en décembre,

Le porphyre, la chaux, l'ambre,

D'un tombeau subiront du verglas,

 

Les lézardes... d'aucuns diront de toi : _

Il avait pour armure, le mal ; le vice,

Pour subtil apanage… les rois subissent

Toujours l'excès hué de l'homme pantois.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

*L'une protège l'autre (la France et la Navarre)