Dieu m’a fait Chrétien ; Christ me l'a confirmé
A la Croix… sur Le Bois du Calvaire,
En La Pâque nouvelle, aux yeux des larvaires
Qui ne surent reconnaître L’Agneau sublimé.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Dieu m’a fait Chrétien ; Christ me l'a confirmé
A la Croix… sur Le Bois du Calvaire,
En La Pâque nouvelle, aux yeux des larvaires
Qui ne surent reconnaître L’Agneau sublimé.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Felix ARVERS
Tu
sais l'amour et son ivresse
Tu sais l'amour et ses combats ;
Tu sais une voix qui t'adresse
Ces mots d'ineffable tendresse
Qui ne se disent que tout bas.
Sur un beau sein, ta bouche errante
Enfin a pu se reposer,
Et sur une lèvre mourante
Sentir la douceur enivrante
Que recèle un premier baiser...
Maître de ces biens qu'on envie
Ton cœur est pur, tes jours sont pleins !
Esclave à tes vœux asservie,
La fortune embellit ta vie
Tu sais qu'on t'aime, et tu te plains !
Et tu te plains ! et t'exagères
Ces vagues ennuis d'un moment,
Ces chagrins, ces douleurs légères,
Et ces peines si passagères
Qu'on ne peut souffrir qu'en aimant !
Et tu pleures ! et tu regrettes
Cet épanchement amoureux !
Pourquoi ces maux que tu t'apprêtes ?
Garde ces plaintes indiscrètes
Et ces pleurs pour les malheureux !
Pour moi, de qui l'âme flétrie
N'a jamais reçu de serment,
Comme un exilé sans patrie,
Pour moi, qu'une voix attendrie
N'a jamais nommé doucement,
Personne qui daigne m'entendre,
A mon sort qui saigne s'unir,
Et m'interroge d'un air tendre,
Pourquoi je me suis fait attendre
Un jour tout entier sans venir.
Personne qui me recommande
De ne rester que peu d'instants
Hors du logis ; qui me gourmande
Lorsque je rentre et me demande
Où je suis allé si longtemps.
Jamais d'haleine caressante
Qui, la nuit, vienne m'embaumer ;
Personne dont la main pressante
Cherche la mienne, et dont je sente
Sur mon cœur les bras se fermer !
Une fois pourtant – quatre années
Auraient-elles donc effacé
Ce que ces heures fortunées
D'illusions environnées
Au fond de mon âme ont laissé ?
Oh ! c'est qu'elle était si jolie !
Soit qu'elle ouvrit ses yeux si grands,
Soit que sa paupière affaiblie
Comme un voile qui se déplie
Éteignit ses regards mourants !
- J'osai concevoir l'espérance
Que les destins moins ennemis,
Prenant pitié de ma souffrance,
Viendraient me donner l'assurance
D'un bonheur qu'ils auraient permis :
L'heure que j'avais attendue,
Le bonheur que j'avais rêvé
A fui de mon âme éperdue,
Comme une note suspendue,
Comme un sourire inachevé !
Elle ne s'est point souvenue
Du monde qui ne la vit pas ;
Rien n'a signalé sa venue,
Elle est passée, humble, inconnue,
Sans laisser trace de ses pas.
Depuis lors, triste et monotone,
Chaque jour commence et finit :
Rien ne m'émeut, rien ne m'étonne,
Comme un dernier rayon d'automne
J'aperçois mon front qui jaunit.
Et loin de tous, quand le mystère
De l'avenir s'est refermé,
Je fuis, exilé volontaire !
- Il n'est qu'un bonheur sur la terre,
Celui d'aimer et d'être aimé.
Félix
Arvers
Les berges se couvrent d’une épaisse brume ;
Il n’y a plus que de sombres nuages,
Aux primes aurores délacées du bitume ;
Le temps s’est pollué… en ce sombre voyage
Où l’azur s’enveloppe de poussières grises,
Se raréfie l'air, et que point de la Seine,
En l'éveil du vent, la bruine insoumise…
Les vapeurs de péniches quittant Vincennes,
Nimbent de l’atmosphère, les flottantes strates ;
L’automne trop tôt couvé, désarçonne l’été…
Alors se dispersent les cendres disparates,
Les fines particules de cycles émiettés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
En un été entretenu d’arômes et de saveurs,
D’une voix dolente de plaintive lectrice,
Elle ânonnait des mots dont la ferveur
Dépareillait l’emphase annotatrice…
Goulue de métaphores, de subtils clichés,
Elle purgeait du style, sans retenue aucune,
D’agréables litotes s’en venant nicher,
De douceâtres euphémismes sans lunes.
S’altéraient du temps plein, les nuances
Balayant du tableau chaque altération
Dont le timbre amplifié de muance
Attisait, et sans mal, sonores translations,
Emphatiques épistèmês de censeurs bornés,
Ecurés du réel liant le docte mort-né.
Viens poser au creux de mon épaule
La moiteur de tes chagrins, l’émotion
Dont tu te fais captive : cette geôle
Emmurant des souhaits la prénotion !
Viens murmurer ce soir, tes envies
Contrastées, tes farouches désirs, ta foi !
Laisse-moi encor, aux matines sans vie,
Des moites vespérales, atténuer le froid !
Serai là, quand le Léthé dont s’abreuvent
Les fous, jaillira d’outre-lieu pour noyer
L'absente figée se prétendant veuve ;
Ses malsaines pensées, en venant louvoyer,
En funestes augures y perdront équilibre ;
Tu verras, toi et moi, seront désormais libres !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Alain Bellec (AB)
Elles sont mortes depuis septembre
Les belles roses de l'été ;
Pleure mon cœur dessus les cendres
De ce qui ne fut qu'un été.
Paris frissonne sous décembre
Plus le moindre sourire à vendre
Quand j'y regarde, mes mains tremblent ;
C'est dur de ne plus être ensemble
J'ai vu la Seine s'enivrer
En passant par les beaux quartiers
Souillarde, elle les défiait ;
On vit des reines se vautrer
Sous la couche de leurs écuyers
Il paraît que ça leur plaisait.
Elle est morte depuis septembre
La belle rose de notre été ;
Je ne sais plus à qui m'en prendre,
Et je m'en prends au monde entier.
Fleur de malheur, fleur de décembre,
Comme tu renais de tes cendres ;
C'est bête à n'y plus rien comprendre
Faut-il encore s'y laisser prendre ?
J'avais construit tant de châteaux
En Espagne, au Monténégro ;
J'avais trouvé l'Eldorado,
Et je redoute les matins ;
Mon horizon peau de chagrin
Se rétrécit au fil de l'eau.
Elle est morte depuis septembre
La belle rose de notre été ;
Pleure mon cœur dessus la cendre
De ce qui ne fut qu'un été.
Paris frissonne sous décembre ;
Plus le moindre sourire à vendre ;
Quand j'y regarde, mes mains tremblent ;
C'est dur de ne plus être ensemble.
Les plus beaux rêves s'évaporent
Aux premières lueurs du jour ;
J'avais tant à t'aimer encore ;
Ô mon inoubliable amour.
Alain Bellec
Tu modules du sable, le rivage salé,
Gouvernes en reine, au bord du littoral ;
En ton ventre bleu, implosent encor des râles ;
De là, tes palmiers caressent la vallée.
Sous la canopée, fusent des spires volages...
Martinique, métisse de l'onde claire,
Serve alanguie au halo de l'éclair,
Tu ramènes souvent les conques du rivage,
L'iode parfois, l'alevin turgescent ;
De tes criques crantées, les souches
Agrippées aux vieillissantes souches
Fuient la vague aux reflets spumescents
De l'atoll au flux phosphorescent,
Au doux Phébus encerclé de lunes ;
M'y couche repu d'affres d'infortune,
L'œil charmé, au matin renaissant,
A tes pieds de fascinante reine…
Quand, au nord, tonne ton volcan
Voilé de péléennes brumes, le carcan
De la nue semble enserrer la plaine,
D'un éphémère nimbe : collerette grise
De salines offertes à l'océan nacré ;
J'y vois s'enraciner le polypier ocré
Remonté du courant qui l'enlise.
Martinique volage, amante peu rétive
Aux mâles de passage, ces boucaniers
Te guettant du haut de leur hunier,
Tu t'éveilles en ma vue attractive ;
Tes longs râles se cognent à l'écueil
De nos étés en berne… je reviens
Où mes songes: ces rêves sans liens
Étoilent Périnelle ; s'y effeuillent
Malgré moi, des clichés de l'enfance,
Le bâti de mes songes : véloce arythmie…
J'égrenais lentement, en garçon insoumis,
Les farouches nuances du bois de Plaisance ;
Des futiles neuvaines, j'ânonnais parfois
Devant ta porte close, en Saint-Pierre,
Ma ville réanimée … griffé de lierre,
De dives psalmodies... avec foi.
Au soir tombé, l'enchanteresse flûte
De Léon Sainte-Rose étrillait
De mes luttes, les fièvres enrayées
Du négoce mien, l'angoisse, le tumulte.
Fais-moi voir des filles, l'ébène velouté !
Aimerais sur leur ventre meurtri
D'incertitudes, de doutes, sans mépris,
Me fondre en l'estuaire de ces pubis cloutés
A ma balèvre _ prendre de l'altitude,
Voir aux aurores, gicler le nectar
De l'aréole, le mamelon excité en dard,
Auréolé de cicatricules en l'interlude
Du glas plaintif aux murmures forcis !
Au bedon de tes rives, m'y viendrai poser ;
Nu sur le filanzane, corps épuisé,
Verrai mûrir mes désirs indécis.
Mon profil boudera la trame érodée…
Enfant d'alizés aux douces cavatines,
Tu dénoues un peu plus des luttes intestines,
Dryades brunies et sirènes fardées
De fictionnelles soifs, ces mythiques
Elfes de livresques escales : pythies
De légende qui souvent abrutit
Le naïf lardé de brettes chimériques.
Pour toi, mon île bleue, ma lie, j'écale
De l'humeur maussade, l'acrimonie,
Car de l'adénine, le tanin assaini
Ton soleil cuprifère ; vois, il fait escale
Ici, pour convertir des fertiles grimaces
Du pérégrin malade, rigaudon et liesse,
Exigées d'ironistes alunés d'une pièce,
Au monologue salué avec grâce.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021