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lundi 26 juillet 2021

MESAISE DE TROUVERE

MESAISE DE TROUVERE

 

Avec les yeux cernés, la lèvre appesantie,

La gorge annelée, le regard fuyant,

Ai fait mille pirouettes, peu à peu, effrayant

Mon pathogène double, ici-bas, converti

A mes déboires d’homme redevenu enfant :

Illusions du poète blessé du pragmatisme

De doctes : rhéteurs en montre d’attentisme,

Dont l’asocial, sans allégeance, pourfend

D’ombrageuses épithètes, l’ïambique mesure,

Afin d’en suturer de la béance pleine, l’influx…

Se peut-il en ces cosses privées de melliflu,

Que s’y accorasse encor la banale césure ?

 

Sur l’étrange butée, aux aurores livides,

Ma peau détrempée de revanchardes bruines,

Au cortège d’irascibles austers, à ces ruines,

Se laissa enjôler de muances gravides.

 

Avec de chaudes larmes, des rires bocardés,

Ai adjoint à ma rime d’élégiaque penseur,

Rivaroliennes brèves refoulées de censeurs

Dont La Rochefoucauld su jadis encorder

La fatale raideur au latent pessimisme

Dont jouissent aux décans, les lourdaudes

Joutes de conférenciers, dont les faraudes

Dupées _ on le serait à moins _ du sophisme

De prévaricateurs : nonces bouffis, vieux clercs

Bercés de dilatoires pompes de concussionnaires :

Compte à rebours dotant le munitionnaire,

Taclant le démuni attentif aux éclairs.

 

Avec d’autres ivresses, sans fard, ni explétif,

Ai donné aux mots vrais, le ton de l’accessible ;

Les songes ont aluné de mes grimes cessibles,

L’onirique percée ; l’oublieux s’en fera réceptif.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

 

dimanche 25 juillet 2021

ABSENCE

ABSENCE

 

L’absence est un tombeau au nord de ma mémoire ;

S’y enfouissent (encor) de mortes ambitions :

Parchemins froissés... autres prétentions

De pâle séducteur sans livret, ni grimoire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

AGADIR Didier BARBELIVIEN

                     



AGADIR
        Didier BARBELIVIEN


Des cargos de fruits
Au bout de l’océan
Une vieille blanche
Au bout du temps
Et le Maroc est là devant moi
Tous ces pétroliers géants
J’avais les pieds nus
Et je venais vers toi en Orient
Je t’aimais au soleil
Le désert devenait un peu notre maison
Je t’aimais au soleil
S’il te plait dessine-moi un mouton blanc

Demain au cœur de la médina
Viens achète-moi un collier
Parle-moi d’amour
Là sous les orangers on est bien

L’enfant des montagnes
Avait les cheveux bruns
Il n’a jamais vu
D’herbe mouillée
Il parle aux touristes Américains
De la nuit bleue sur Agadir
Mais tous ces dollars
N’achèteront jamais son sourire

Je t’aimais au soleil
L’amour avait quelque chose de tellement sauvage
Je t’aimais au soleil
Et le soir on priait pour avoir l’orage

On dinait dehors souviens-toi
Le goût bizarre de ce tabac
On faisait l’amour
A l’ombre des étoiles c’était bien

Je t’aimais au soleil
Le désert devenait un peu notre maison
Je t’aimais au soleil
S’il te plait dessine-moi un mouton blanc
Demain au cœur de la médina
Viens achète-moi un collier
Parle-moi d’amour
Là sous les orangers on est bien

Je t’aimais au soleil l’amour avait quelque chose de tellement sauvage
Je t’aimais au soleil et le soir on priait pour avoir l’orage

 

Didier BARBELIVIEN


EMOTIVES ESCALES

EMOTIVES ESCALES

 

J’ai vu des chemins creux,

L’insupportable bosse ;

Les jeunes et les vieux,

Aux insolubles noces,

Y ont souvent laissé

Dans la lande herbue,

Un peu de ce passé,

Qu’en promeneur fourbu,

Le temps a descellé

De leurs rudes semelles,

Aux jours où, esseulée,

S’en vient la femelle

Cherchant en vain, au soir,

Ses petits en danger…

Quand je viens m’asseoir,

Et sans la déranger,

J’épie du coin de l’œil,

Cette brave porteuse, inquiète

Du sort apointé de ces deuils,

Ces destins en miettes

Clivés au désespoir mutant

De la chagrine fuite, ce vent

Se délaçant de nos furtifs printemps,

Et qu’espère au matin survivant,

L’angoissé de l’errance, perdu

Sous la charmille d’un manoir

Sis en bord de sente ardue,

Qu’avalent dans le noir,

Les décans dessillés de la sphère

Lunaire : croissants comme posés

Aux points de l’exosphère

Ignorée de la douce rosée.

 


J’ai vu des lendemains brisés,

De piteux jours sans joie, mornes,

En sombres guenilles, méprisés

Du galant esbaudi sous son orme.


Ne serai jamais en l’idéal, maître

De ces périples encensés du targui ;

Fier ; je me le peux permettre !

Buvant de l’air serein, le reflux alangui.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PORTRAIT Marie LAURENCIN

Détail, "Mon portrait", 1924 de Marie Laurencin

PORTRAIT

Marie LAURENCIN

 

Tu n'as jamais été séduit
Par ce qui s'appelle
Une belle journée
Mais quelquefois tu humais
L'air et t'acheminais
Sans parler
Et foulant la terre
De tes pieds longs et minces…
Nous avions des chiens…
Ils nous suivaient et jamais
Tu ne te préoccupais d'eux…
Tu n'aimais pas l'obscurité surtout en forêt
Et depuis seule, combien de fois
Me suis-je trouvée sans aucune lumière
… Hélas
Je ne t'ai jamais vu en colère

 Marie Laurencin

 

                                                                Forêt de Sénart.

samedi 24 juillet 2021

POUPEE DE NUIT

POUPEE DE NUIT

 

Dentelée d’impudence, de roides licences,

Danse en estaminet, seule, au milieu

D’ivrognes… du froid pétun d’offenses

S’annèlent des volutes... de ce lieu

Où s’entassent pauvres hères sans défense.

 

En catin couronnée de mépris,

Se dandine, pour plaire au bambocheur

Que l’alcool asservit ; il regarde surpris,

Cette poupée poudrée, séduite du tricheur

 

Lui promettant bijoux, croisière de luxe

Sur le bateau, qu’il ne possède qu'en rêve ;

De ses châteaux d’Espagne, se luxent

Reversa et poutres… en tonalités brèves.

 

Rêve, elle aussi, d’un jardin embaumant

De ses riches parfums, le majestueux domaine

Où se prélassent, entre les monuments,

La biche musardant, et l’altière daine…

 

Mal née, ou mal mariée (peut-être), s’étonne

Du pouvoir du banquiste piégé de désirs ;

Comme lui, aimerait juste avant de gésir,

Défroisser des liasses, les chiffres qui bedonnent.

 

Pauvre créature prise au rets de l’insulte…

Qui t’a planté la nuit au vieux macadam ?

M’attriste de te voir, quand l’amant te culbute

Sous un friable porche… en t’appelant madame,

Les hommes salueraient, en aiguisant leurs flammes,

Ta rétive personne, que ne jamais chahutent

L’espiègle damoiseau, l’aigrefin qui rend l’âme,

Si ton cœur intestat avait prévu ce drame.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ET SI C’ETAIT L’AMOUR

ET SI C’ETAIT L’AMOUR

 

L’amour est un carcan pour tous les désœuvrés

Portant à bout de bras le désir du paraître ;

Il n’est rien de pire, quand on se veut repaître,

Que la déglutition d’attentes manœuvrées !

 

L’amour, ce stellionat qu’encoffre la trémie,

Se laisse grever de sombres manipulateurs ;

Quiets, arborent sans mal, en pâles séducteurs,

L’exsangue nitescence du matin blêmi…

 

Quand l’amour édulcore de fâcheux propos,

Le fade placebo, le raisonnable empaume

Du louable, l’entremise princière : heaume

Donnant fière allure à l'écarlate peau.

 

J’ai vu l’amour distordre à l’usure, le folâtre

Qui, en gesticulant, joue seul les rigaudons

Au parterre de nobles de l’automédon :

Ceux qui en conducteurs, démystifient l’hippiatre.

 

L’amour est un atoll loin des vents de marées ;

Assouplissant l’arec, en caresse les branches,

Dévoilant de sa sève, l’exsudation blanche

Et qu’inhale l’onde… pour s’en mieux parer.

 

J’ai écouté l’amour traduire du fantasme,

En un douteux langage de charretier :

Slang de borborygme_ si vous y étiez,

Auriez succombé sous le pont de ces spasmes !

 

Le monde est à ce point féru de chatteries,

Qu’il salive à l’idée de voir pousser des ailes

Au galant maniéré encensant la donzelle

Dont la gaucherie farde la stupide rouerie.

 

Nous prîmes rendez-vous, quand mes quinze ans

Pistaient, et sans parcimonie, l’appréhension ;

Me fît promesses, en menteur pathogène, de passion

Que je verrais éclore en mes jeux courtisans…

 

Je suis_ dit-il, du bonheur : exacte dimension…

Nul ne peut comme moi, lisser du pusillanime,

La mitrale_ je souffle, aux ombres qui s’animent,

De coruscants reflets pénétrés d’émotions…

 

Je suis l’amour: unique sentiment dont toujours,

S’empanache le sage ; parfois en nimbe de gloriole,

J’intronise la vierge du jardin de gladioles ;

Je l’écoute frissonner aux laudes, sans ajour,

 

Quand la béguine gavée de fadaises, pince

Du déjà-vu l’ensellure probable… je fais, bien sûr,

Sans ronds-de-jambes, naître de fidèles césures

Aux métriques posées aux antiques de princes.

 

Moi, l’amour, en élégiaque servant, ajuste

De l'inconfort d’emphase, le pompeux,

Si tant est qu’il en soit (…) doit-on du sirupeux,

Ignorer encor le melliflu ? … c’eût été injuste

 

De priver l’écrivaillon disert d’un si bel attelage !

Ma foi, puisque tu sembles encor _ hélas !!!

De perceptibles affres que la peur matelasse,

Faire montre de prudence, qu’en tangage,

 

Ta barque accède aux dérives certaines, t’offre

Diadème de choix : le cran du lovelace,

Celui dont on dira : avec panache, enlace

Les conquises aux clairs bijoux qu’encoffrent

 

Les regards de la gent ébaubie du faste, l’illusoire

Placés au sixain d’une mise sans donne…

Il ne peut en ces jeux, y avoir maldonne !!!

Ne veux faire échec aux vains compromissoires !

 

Je suis cette soif qu’implore la pépie, ce lac

Dont Lamartine attise en de charmants versets,

La limpide coulée… je suis du sonnet, tercets

Dont la viole de gambe perce l'entrelacs…

 

Ne fait défaut aux nymphettes butées,

A la gentilhommerie aux portes de Diane…

On peut me voir danser au cœur diaphane

D’étreintes se laissant mollement culbuter.

 

En m’accordant quitus, tu deviendras_ crois-moi :

Riche d’assertions… ton verbe en un fougueux ithos,

Poussera Aristote en ses retranchements ; l’Ecosse

Ne sera plus en sa lande offerte où larmoient

Les daines esseulées, prisonnières de l’émoi,

Qu’un désert de froidure que les ventées désossent

Au parterre cuivré prédominé d’ormoie…

 

Vois, en mon sein d’abondance, avant de t’en aller,

Les flux galactophores gicler en l’aube claire !

En suçotant ma lie, s’amoindriront tes glaires,

Et au seuil du présent, pousseront en l’allée,

Rose de Ronsard, camélia de Dumas, tallés

Du craintif enfumé de risibles colères !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021*

 

Mon âme a vu l’amour lui refuser partage durant de longues nuits… seul, me suis débattu ; yeux levés au Ciel, implorant du Seigneur, en un patois superbe, La Céleste Clémence… pour ne me point laisser taquiner de l’amour, ai pris des raccourcis : anonymes ou connus de ceux qui_ hier, entoilait mes chagrins d’un haillon d’apparence… en refaisant _ à voltes que veux tu !_ le chemin à l’envers, ma vie s’est sinistrée des rêves éventés.

                                                                                 L’auteur