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dimanche 23 mai 2021

IN FABULA* L’histoire

IN FABULA*

L’histoire

 

Quand l’histoire parachève le quotidien,

La science nous berce en son méridien,

La musique éveille le cœur amérindien,

L'andragogie soulève le pan de l’avenir...

Alors...

Les hommes deviennent esclaves à bannir...

Les femmes s’apitoient, sautent en acridiens,

Les enfants refusent hélas, de s'abonnir! ... 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

L’ALBATROS Charles Baudelaire

L’ALBATROS

Charles Baudelaire

 

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

 

samedi 22 mai 2021

SANGUINEM ENIM ANIMARUM* Le sang des âmes

SANGUINEM ENIM ANIMARUM*

Le sang des âmes

 

Le monde est une geôle sans porte,

Un cachot que les larmes emportent ;

C'est un cloître, un vieux monastère

Sans barreaux… c’est un champ de ruines ;

C'est ici que les âmes s'enterrent,

Que les démons s'affairent...

Aux ides... les cycles le redessinent,

Au jour grisé d'infernales colères

Voulant déformer, aux flux de la cohorte,

Le sphérique habitacle, hué d’acariâtres,

L'ovale stratosphère aux nuages noirâtres,

Et qu'absorbent, telle la liqueur forte,

Pontifiants, jouissifs noceurs : cette minable

Caste de sectaires, et qu’assoient à leur table,

Prélats et scientistes, professes et marâtres,

Ici-bas, se fardant d'actes inénarrables. 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

VITA INSURANCE* Assurance vie

VITA INSURANCE*

Assurance vie

 

Égrenant des nuits, toute la démesure,

Elle voit s’arrondir son ventre ;

L’enfant qui naîtra deviendra l'épicentre

Du bonheur délié de chaque meurtrissure.

 

Elle écoute pousser la glaireuse semence,

S’imagine l'océan entre les déferlantes

Jaillissant des récifs, et qu’enfantent

Les perles de la luminescence.

 

Elle sent sous ses reins, glisser le liquide

Du lourd fœtus brassé de l’amnios:

Confluentes vagues, mascarets véloces,

Chassés du spumescent, en l'humide.

 

Elle calme sa matrice, illusionnée,

Grimée de l’artefact, ce vitreux halo,

Gesticulant entre les mortes eaux

Du ressac... ce jusant chiffonné.


Gwendoline en cerne l'éclat trompeur,

Elle y scrute les moindres atomes 

Transmués, figés, sous hématomes ;

Devenue femme, elle écume ses peurs.

 

Des primes douleurs, se souviendra

Comme d’un nécessaire mal… sa peau

Lacérera des visqueux oripeaux,

L'étrange protubérance, sous les draps...

 

Emmailloté, son corps en abstinence

Voilera le duvet satiné de la chair,

Apaisant la frêle créature, l'être cher

Tambourinant avec impatience.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

vendredi 21 mai 2021

ATRIUM DOMINATIONIS SATELITEM* Despotisme de cour

ATRIUM DOMINATIONIS 
SATELITEM*
Despotisme de cour


Mille et une folies empanachent encor
La courbe de tes reins, ton nombril effloré ;
Tu fais des dignitaires t’ayant édulcoré,
De vaillants herméneutes cacardant à tort

Au faîte d’une plèbe repue de génétisme:
Valetaille, factotum de conventicule
Dont l’impétrant buté enserre l’opercule
Faisant jaillir l’influx de l’activisme.
Au creuset de ta morgue, point silence
Semblable aux râles étouffés jadis
D'impudents arborant fleur de lys,
Au col de livrée de podestats en transe.

Biberonné en l’antre d’un ber de paillasse,
Attifé de pouponnes guenilles, toi, purotin
De caste émargée d’outre-lieu, pantin,
Rigaudon d’un théâtre gorgé de milliasse,

Tu danses sur la tombe des vaincus d’hier:
Pulpitum de plaintifs étrillés, ces loups
Aux croches narguant le pisteur jaloux,
Pris aux barbelés encagés de lierre.

De rudes enclaves, aux soyeux drapés,
Flottent des notes maculées, colère,
Scolies d’hellénistes aux sons vélaires :
Fuyantes prosodies vite échappées

De vexatoires sabirs ânonnés en cénacle
Autour d’ésopiques prosopopées, riches
D’onomatopées en l'éveil de défriche
Du lexème que le sophiste tacle.

Goupillon en main, en prélat d’ascèse,
Tu bénis le naïf encellulé de doutes: gille
De bénitier, candide soliste, peu agile,
Si gauche, quand s’attisent les braises

De l’ardente géhenne sise en pinacle
Au sol meurtri de telluriques plaintes:
Sente étrécie au cortège des saintes,
Ou prétendues telles... en débâcle,

Ces béguines de catéchuménat,
Saphiques d’un bien triste couvent:
Sacramentaire loge aux cols éprouvants
Liés aux gémonies cotées du mécénat.

Ne me suis, en ces possibles phases,
Remplumé d’indulgences princières,
Me veux céans, défaire de l'haussière
Du vice assermenté de pérore d’oukase.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SUBVERTENTEM GENTEM NOTAT* Trompeuses estampilles

SUBVERTENTEM GENTEM

 NOTAT*

Trompeuses estampilles

 

Retiens du silence égrené des années,

Le mutisme effeuillé en l'omission !

Viens fleurir des nuits, l'altération,

Aux sarcasmes de rires profanés !

 

Ois de l'avril, si l'aube s'en imprègne

Le printanier souffle, au chant de l'hirondelle,

Le cri de l'oisillon, l'envolée des sarcelles,

En l'éclosion de cavatines ! ... S'y éteignent,

 

L'astre désorbité, l'étoile défraîchie,

Sombrant, pour d'autres renouveaux,

Parer le clair azur, sous duite d'écheveau,

L'infini, où se meurt le blizzard avachi.


Guide de mes larmes d'opale, l'afflux !

Te ferai voir de l'ultime, le souffle

Discordant, qu'entoile, sous maroufle,

La brumaille, piégée du fol influx

 

De mon double aux souvenirs jaunis:

Ces rêves détrônés du destin opiniâtre…

Viens éteindre les braises de l'âtre

Du devenir... cet insert démuni !


Reviens mordre de baisers, les fièvres

De l'ambition... la superbe d'antan !

Ne la laisse rafler du temps au temps,

Ni clore de ta moue, la pulpeuse balèvre !

 

Distant au renouveau, de la douce rosée,

Mes pas se sont fanés… ne reste plus rien

Des revêches traces, en ce flou aérien,

Excepté les reflets nuancés d'un soleil posé

 

Sur les cicatricules d'un amour écorné,

De désirs en haillons, riveté au bossoir

D'un bateau chambardé de vagues illusoires,

Chatonné de plaisirs l'y venant intrôner .


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

MIHI LOCUS* Ma chambre

MIHI LOCUS*
Ma chambre

Ma chambre est un bateau sur un océan mort
Où la lame ondoie, avant de disparaître
Entre narcoses et insomnies traîtres ;
C’est un rivage éteint, percé d’une claymore.

Ma chambre est un tunnel à l’orée de l’ennui ;
De pompeux cauchemars s’y viennent poser,
Quand les soleils noirs s’y voudraient reposer,
Taisant les elfes, s'ils taclent les nuits,

Pour de l’agrypnie, échauffer la moiteur,
Vider des turbulences, le hourvari
Pénétré d'infâmes Orémus, d’avaries,
De sinistres de cargo d’apponteurs.

Ma chambre est un trottoir aux dalles
Domptées de gaupes, de catins fardées ;
Au point du jour, on les voit cacarder
En l’estaminet où le nu fait scandale.

Dans ma chambre, œuvrent en chaîne,
Gnomes du sommeil, homoncules bridés,
Crevant en riant, nos paupières ridées,
Insufflant l’air froid de l’infertile plaine

Sur laquelle le lit de mes jachères,
Longe des sillons, les molles crevasses,
Arpente des brèches, le germe coriace,
Aussi dur que l’estoc oublié en ma chair.

C'est un désert délaissé des femmes:
Domaine impeuplé ; la solitude, souvent,
Taquine au soir, les spleens éprouvants ;
S’y diluent les brandons éveillés des flammes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021