ET NON
REVERTUR*
Je ne
reviendrai pas
Je m'en vais, ne t’inquiète donc pas !
De mes lunes voilées, à tes soleils éteints,
Les vagues ont emporté des premiers matins,
La douceur ouatée des traces sous nos pas.
Je ne reviendrai pas au lever du drapeau,
Saluer les couleurs du temps éparpillé
En milliers de remords, ni même étriller
D'inutiles caresses, les minces oripeaux
Que sont: le cœur, l’âme du pérégrin
Longeant en l'errance, des sentes étrécies,
La vie du pénitent piégé, en autarcie,
Sous braises de son double chagrin.
Mes rires prennent d'autres raccourcis,
Mes pleurs ont dévié des poches palpébrales
Supplantées des larmes, en l’influx cérébral
Dénaturant l’absence du savoir imprécis.
Je pars pour un ailleurs sans bornes, ni frontières:
Chemin dressé sur d’immenses falaises ;
Y plongent les enfants écrasés de malaise…
J’avoue, sans retenue, en être peu fier.
Les amours refoulées de nuits éventées,
Reviennent jouer en mes folles trimardes,
En aiguisent sans peine, les colichemardes,
Avant de m'asservir _ quelquefois, me tenter.
Me voilà tributaire de songes incarnés,
Violentés d'insomnies, de troubles permanents
Happés de l’asthénie du souffle ahanant
Rivé à l’atonie du marasme mort-né.
D’inutiles pensées, je me veux défaire...
De frimas sacrilèges, m’éloigner lentement,
Dévêtir des solstices, l'autre firmament...
Ma mémoire en délie, et pour se satisfaire,
La noduleuse trame d'aube sans couleurs,
Sur l’asphalte piétiné de monarques
Empanachés, aux pieds de la Parque ;
Y sombrent les incubes enkystés de douleurs.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021