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mercredi 28 avril 2021

VOS* Vous

VOS*

Vous

 

J’ai rêvé de vous, et… plus rien, rien

Qu’un matin de pluie, d’orage, de vent,

Pour accueillir ma peine… et les liens

Enserrant mes espoirs survivants

Défaits comme par magie, ô combien !

Laissèrent empreintes, en suivant

De ma peau, les farouches replis activant

De la chair bafouée, le génome salien.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IS AVAILABLE INFEROS* L’enfer est accessible

IS AVAILABLE INFEROS*

L’enfer est accessible

 

 

L'enfant perdu s’éveille des poubelles ;

Asexué… fermente au crépuscule ;

L’âme androgyne défiant, en rebelle,

Le Dieu Tout-Puissant… ridicule !!!

 

Transgenre de clichés, succube de foire

Accotant les serfs de dépravation…

Mâle ou femelle, ces accessoires

D’incubes, méritent-ils attention ? 

     

Poupée siliconée, ou soldat de plomb ?

Garçon qui hier, grimpait aux arbres

Devenu frêle midinette, sans aplomb,

Défié de pervers prétendus de marbre.

 

Jadis, appelée mère, aux décans de lune,

Devient géniteur de nouvelle fratrie ;

Son homme piégé de concrétion falune,

Se dilate l’anus, soulagé… mais, contrit ;

 

Sodomite privé de l'attractif bas-ventre,

Estropié de garnisons nomades…

Sort à l’aube, en résilles, puis, rentre

Sur hauts talons, en catin maussade...                      

 

Dans l’ascenseur, l’étrange créature,

Autrefois femme ; céans, affreux bipède

Délesté d'attributs... quelle imposture !

M'y dois-je aliéner, moi_ l'aède ?

 

Voyez fleurir ces péons de l’enfer,

Profils contrefaits, minables frangins

Si tant est qu’ils en soient… qu’y faire ?

Seul, l'animal se targue d’avoir un vrai vagin.

 

Maudit soit l’être ayant changé de sexe !

Il demeure anathème, son corps est en sursis ;

Cessez de geindre en effeuillant prétextes

En lâche prisonnier au cœur trop indécis !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

QUIS SUM ? * Qui suis-je ?

QUIS SUM ? *

Qui suis-je ?

 

Serai-je ce bateau emportant ses délires

A l’autre bout du quai ?

Regarderai-je encor, au ciel bleu, pâlir

Chaque étoile, en la nuit, remorquée ?

 

Lorsque je vois mourir les saisons vidées

De leur pleine constance, les années

S’éloigner un peu plus des souvenirs ridés,

Je comprends que les âmes damnées

 

N’ont plus de lumière ; ces esprits verrouillés

D’outre-lieu, verront la mort de près,

Ne seront plus à même, au linceul souillé,

D’éteindre des grimaces, les reflets diaprés.

 

Que ferai-je au jour où l’amour brûlera

De nos rogatons, les fards d'illusions,

Nous, commensales âmes sous drosera

De puantes tourbières d’abduction

 

De semées dizygotes ?... Pour sûr, deviendrai

Amphitryon de pancraces castilles ;

Franchirai des monts, le rayonnant adret,

Pour délier l’ego s'il s'embastille,

 

En sujet immolé au pal des défaites,

En perdant écrasé d’amertume, lâche

Dérivé de minables conquêtes

Enjôlées de mots creux, sans attaches.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 27 avril 2021

ET NON REVERTUR* Je ne reviendrai pas

ET NON REVERTUR*

Je ne reviendrai pas

 

 

Je m'en vais, ne t’inquiète donc pas !

De mes lunes voilées, à tes soleils éteints,

Les vagues ont emporté des premiers matins,

La douceur ouatée des traces sous nos pas.

 

Je ne reviendrai pas au lever du drapeau,

Saluer les couleurs du temps éparpillé

En milliers de remords, ni même étriller

D'inutiles caresses, les minces oripeaux

 

Que sont: le cœur, l’âme du pérégrin

Longeant en l'errance, des sentes étrécies,

La vie du pénitent piégé, en autarcie,

Sous braises de son double chagrin.


Mes rires prennent d'autres raccourcis,

Mes pleurs ont dévié des poches palpébrales

Supplantées des larmes, en l’influx cérébral

Dénaturant l’absence du savoir imprécis.

 

Je pars pour un ailleurs sans bornes, ni frontières:

Chemin dressé sur d’immenses falaises ;

Y plongent les enfants écrasés de malaise…

J’avoue, sans retenue, en être peu fier.

 

Les amours refoulées de nuits éventées,

Reviennent jouer en mes folles trimardes,

En aiguisent sans peine, les colichemardes,

Avant de m'asservir _ quelquefois, me tenter.

 

Me voilà tributaire de songes incarnés,

Violentés d'insomnies, de troubles permanents

Happés de l’asthénie du souffle ahanant

Rivé à l’atonie du marasme mort-né.


D’inutiles pensées,  je me veux défaire...

De frimas sacrilèges, m’éloigner lentement,

Dévêtir des solstices, l'autre firmament...

Ma mémoire en délie, et pour se satisfaire,

 

La noduleuse trame d'aube sans couleurs,

Sur l’asphalte piétiné de monarques

Empanachés, aux pieds de la Parque ;

Y sombrent les incubes enkystés de douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 26 avril 2021

DOLOREM MEUM* Ma peine

DOLOREM MEUM*

Ma peine

 

Elle est en ce miroir, une vierge

Qui s’offre au matin gris, quand

Vacille la flamme du modeste cierge

Que peu à peu, évincent les décans.

 

Si l’hiver la pénètre, elle emmure

De son profond chagrin, le souffle

Lentement dilué de l’étrange ramure

Sous les baies que les ombres marouflent.

 

Elle parle mon patois, se cheville parfois

A mes larmes salées d’adolescent puni,

Vieillissant dans la neige, au froid

De remembrances, trop souvent, de dénis.

 

La nuit, face à face, jouons en silence

A des jeux interdits ; la mort en décélère

Des besoins latents, d’intimes confidences,

Sans farder d’entregents, le rythme délétère.

 

Au matin, en l’éveil de l’aurore floutée

De mues anamorphes, me fait reproche

D’avoir du temps, sans raisons, abouté

Rêve et factuel, défaits de l’anicroche…

 

Pour elle,  sans mal, ai déposé les armes,

Car de l’anadipsie, sans vaincre la pépie,

Ai abreuvé mon âme irradiée de larmes

Aux sources polluées de l'arrogant dépit.

 

Je n’aurai plus le droit, aux ides à venir,

De m’asseoir à la table de l'enfant de jadis ;

La vieillesse a tracé de riches souvenirs

En l'anamnèse enchâssée d’indices...

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

COMPUTATION

COMPUTATION

 

Derrière les volets du destin sans issue,

S'ébroue la lassitude d'amants sans gloire ;

L'existence pentue de l'âme sans victoire,

En aspire le souffle aux parjures pansus.

 

Au couloir de l'absence, du deuil,

Se roidit le temps… s'y lentement attisent,

Heures diluées et minutes précises

De l'horloge; aux ides, s'y effeuillent.


Des tombes givrées, la débauche

Lézarde le pulpitum des jouisseurs ;

Ce fol hédonisme attire du noceur,

L'épicurisme, s'il séduit le gavroche


En quête de plaisirs: béjaune luné 

Dont s'éveille la fielleuse extase,

En rêveur formolé de douteux oukases

De moralisateurs aux lois infortunées.

 


Montent des nuits, de l'avril interdit,

De glaireux ectoplasmes, en la bohème,

Facétieux lutins de petits matins blêmes,

Aux saisons semblables _ on le dit !


Aux boréales profanées de solstices,

D'ombres moulées en l'aurore

Ridée de pluie assainissant le port,

Percent des rais évincés de canisses ;

 

Des demeures, vie et mort s'invitent

Aux douteuses frasques des libertins,

De sybarites triturés en pantins,

Aux ballets de trompeuses invites.


Sont-ce, en la computation de jours éclatés,

Les secondes efflorées du remords ?

Dois-je en des vilenies, mettre à mort

L'insomnie aux songes émiettés ?

 

D'opalescentes larmes pincent mon cœur

Mis en berne, en ces deuils… ai mal,

D'avoir franchi du seuil, le grade extrémal, 

Trop écorné des tangibles rancœurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 25 avril 2021

DARENT CORALINES* Coralines frasques

DARENT CORALINES*

Coralines frasques

 

N’est de silence, que les flots endormis,

Les vagues projetées sur la berge fanée ;

Devrais-je, et malgré moi, céans, m’en étonner ?

N’est d’absence, que les vents insoumis.

 

N’est de beauté, avant le grand déluge,

Que l’onde bleue, la gracieuse avenue

Flottant au cœur de cette lame nue,

Posée sur le cristal de spires ignifuges.

 

N’est d’ivresses, que les fonds marins ;

S’y entrelacent les noueux nostocs,

La phéophycée dépecée de l’estoc,

Ou la froide gélose en robe tamarin.

 

Au matin, où renaissent les alizées lointains,

Les plages s’abandonnent aux bruines…

La rive émiette son sable ; puis des ruines,

S’affaissent peu à peu, les filets abiétins.

 

Je suis seul, à attendre, le cœur rasséréné,

Les premières lueurs du printemps hyalin ;

J’y vois s’épanouir les reflets opalins ;

Mon œil en encloue les ides panathénées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021