Puissants et
arrogants
Vous les puissants du monde en faillite,
Ne voyez-vous pas les bombes, les pavés ?
Prières, cris, psalmodie, credo ou ave,
N’ont pu taire la rage de peuples sans gîte !
Messieurs les princes de la plèbe nue,
Vous souvient-il des jours où l'innocent
Se faisait tuer, baignait dans son sang ?
Etiez comme lui, puéril, ingénu…
Le monde a faim et froid… il a peur,
De vos mensonges, de vos infamies…
Voulez dépolluer la terre, tuer l'ennemi ;
Cet ennemi, c'est vous les trompeurs
Embourgeoisés en la grandiloquence,
Quand l’âme agonise encor à l’étroit,
Où surnagent les manants sans toit ;
Dansent sur vos tombes, sans allégeance,
Les silènes raillant les tristes ministres,
Ces retors : bouffis récipiendaires ;
Se verront aux ides calendaires,
Relégués au rang de factotum, de cuistres
D'un état formolé de grèves, séditions…
La mort, en messagère, arpente les allées,
Détruit, pille, massacre… de vos mausolées,
Verrez les cités s'enflammer, les bastions…
S'écrouleront… impuissantes, à bout ;
Des créatures surgissant d'outre-lieu,
D’artères bondées… l'enfant prétendu pieu,
Pointera fusil, grenades… pieds dans la boue,
Cœur écorché, la haine pour armure…
Messieurs, qui pour vous, fera faction ?
Serez prisonniers de vaines délations,
Vous affaisserez, tel un fruit top mûr !
Les villes de sang, les champs ruinés,
Profusion dont vous faîtes jouissances,
Seront désormais, en vos paissances,
Vomi composite, glaire minée ! …
Chine, Maghreb, Europe, Afrique,
Contribuable armé, corvéable en éveil,
Refusent rogatons, boudent la treille
D'agapes, sous le tanin nitrique…
Ce cosmos s'éloigne du Ciel, se meurt,
Meurtri de colère ; il chancelle, est ivre
Du nectar des chefs ; ne veut plus suivre _
On le comprend ! les mises en demeure !
C'est la révolution : tout doit s'écrouler !
La guillotine est là, sur la Grand-Place,
Où la foule, qui de la reine, sans grâce,
De Louis, le pleutre, verra blackbouler
La décapitée… triste sire, triste fin...
L'insolent de la fière Amérique,
Verra son mur, à l’ubac du Mexique,
En buse, fondre sur ce dôme assassin.
Caracas boira son pétrole, par lampées ;
Le fief de Mao épiera de ses rides jaunies,
La folie drapant les honteuses manies
D'esprits toxiques s'y venant clamper !
Naîtra un autre ayatollah : tyran
Toujours serti de clichés de soufisme…
Orient, Occident, bagués de syncrétisme,
S'éventreront… Babel, au froid torrent
De la vanité, puisera le flux tiède :
Cette baille, avant que de roidir, enfin,
Quand tonne le chant des Séraphins
Entourant Le Vrai Roi ; Je Le concède.
Du Shéol, monteront des fumées
La conflagration de Paris en détresse…
La France bridera des organes de presse,
Journaleux, tabloïds désarmés…
S'affaisseront ministères et conseils,
Sénat et Parlement : entités sous le feu
De hordes butées, visage suiffeux,
Incendiant les fiefs tenturés de vermeil.
Il était une fois, un roi, puis deux, trois…
Ne prirent que trop tard, le pouls des gens ;
La gangrène du sorite s’encageant
De faux gages, le votant à l'étroit
Dans ce monde déchu… ce sinueux détroit.
A vous de jouer, messieurs les gouvernants,
Vous, qui de ce cerneau, figiez le nanan !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021







