Douce nuit
O douce nuit de printemps, ma fenêtre
Ouverte sur les eaux lagunaires,
Toi, qui poses des spires aux ides calendaires,
Regarde-moi sourire au matin à naître !
Douce nuit
O douce nuit de printemps, ma fenêtre
Ouverte sur les eaux lagunaires,
Toi, qui poses des spires aux ides calendaires,
Regarde-moi sourire au matin à naître !
Elle
Elle est la mue de mon cœur froissé,
Le baume, quand j’ai mal de moi,
La doublure de mon double croisé
En quelque ruelle où s’attise l’émoi.
Elle est le train emportant mes dérives
Au-delà des routes où s’effeuillent des ans,
Les sentes que jouxtent les rives,
Si l’onde s'étale en vulgaire torrent
Serpentant dessous la canopée ;
Le trimard s’y embourbe sans mal,
S'enlise, sans pouvoir s'en échapper
Quand chutent les bruines hiémales.
Elle est la glace, ou feu de mes veines:
Ce chaud et froid dont ma chair accuse
En d’improbables luttes, la déveine
Giclée de sanguines pulsions de muses
Alanguies, dont les luttes évincent
Du raisonnable, l’éphémère structure,
Aux vents légers, quand grincent
Les portes du Shéol, scellées aux sépultures,
Sous mes doigts-aquarelles, au lusin
De l'imaginaire… j’en retouche l’ébauche,
Parfois, des fauves teintes, le fusain
Attouché, dévoilant la perfide débauche.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
S’il est
S’il est des matins bleus ; ils ne se nomment pas ;
Des nuits blanches qui résistent au froid,
Il est aussi des rires, comme ceux d’autrefois,
Fusant en le silence d’autres vies… à trépas.
S’il est des rendez-vous blessés de solitude,
Des rencontres percées de mots trompeurs ;
Il faut annihiler, quand s’enfle la torpeur,
Le désir du paraître, écorché d’hébétude.
S’il est des jours égrenés en l’automne,
Des soleils cuprifères aux incandescents rais,
Il y aura, sûrement, lorsque l’enfant paraît,
Des cris, sans lallation, ni babil monotone.
S’il est des mots vainqueurs du doute aliénant
De pesants borborygmes laïussés du bedole,
Se peut-il que l’espèce soit de la caracole,
Où l’équidé transmue sa fougue, bedonnant ?!
S’il des ventres pleins aux orges de la Parque,
Au banquet de vestales, de saphiques nymphes,
S’y faudra-t-il soumettre, pour de la lymphe,
Aspirer le plasma, avant de bander l’arc ?!
En de subtiles brèves d’ironiste déçu, railleur
Sous les décombres d’un humour éventé,
J’essaie_ grand bien m’y fasse ! _ d’argumenter,
Sans me jamais ployer aux piques du gouailleur.
Retour aux
sources
Reviens-moi à l’aube, quand point le renouveau !
Tu verras l’allée se couvrir de fleurs,
Le mas, s’agrémenter de fragments ogivaux ;
L’ombre sous la charmille, d’agréables lueurs…
Des fenêtres bâillées, la plaine sera immense,
Le jardin enfoui sous l'arbre, paraîtra
Plus sauvage, délié, en cette transhumance,
Quand la faune meurtrie s’accroîtra….
Flotteront, en l’aurore, de cotonneux stratus ;
L’abeille repue de mielleuses coulées, de pollen,
Froissera des ventées piégées du tylenchus,
Le souffle pénétré de miasmes de galène.
T’en souvient-il du temps, où impatients,
Nos cœurs s’arrimaient à la même badine !
Je buvais de ta lèvre le flou balbutiant
Ces doux mots enfantins dévoilés de l’ondine.
Au soir tombé, aux tièdes vespérales,
J’écoutais de tes pauses aiguisées de tendresses,
D’agréables soupirs défaits de brumeux râles,
Et qu’enfantent les nixes, souvent, par maladresse.
Je voulais, peut-être par hardiesse_ poser
De moites lèvres, quelque baiser fugace,
Enclore de ta moue, pour l’idéaliser,
L’imperceptible flux, au doute qui l’enchâsse.
Aussi, n’ai-je_ privé d’aplomb_ su calmer
De ma réserve, l’inutile constance ; cet
affront
En pointe de khopesh, semble encor bitumer
Du double pusillanime, l’organique néphron.
De ce retour aux sources où s’immole l’affect,
Ce passé dépassé, entretenu sans mal,
Je puise des clichés confortant l’intellect,
En l'altération de trêves suboptimales.
Qu’importe ! me suis fait à l’idée de
conquérir
De l’absence sécable, les riches poussières
Eparpillées au dôme du vexant repentir,
Et qu’entrône l’oubli de vies carnassières.
Au désir
de plaire
Quand je te reverrai au matin de juillet,
Mes larmes ne seront, en blanchâtres coulées,
Plus jamais profanées, ni même enquillées
Au remords du passé, peu à peu, refoulé…
Te prendrai la main sur la lande sauvage,
Quand l’éphémère vêt des nuances, le jour ;
T’apprendrai le silence des subtils ‘’ toujours’’
Et qu’étoilent les nuits de nos livres d’images.
Quand je te couvrirai de fragrances bohèmes,
Parfumerai l’absence de tes rêves flottants,
Caresserai l’ouvrage, de doigts mutants,
Entretissant les plis de la glyptique blême.
De ta peau, à ma chair vidée de jouissances,
Béeront les cicatricules de l’attente,
Dont les cerces profilent la rage obsédante,
Eveillée du galant serti de doléances.
Aux fontaines dressées au nord de Bagatelle,
Boirons de moites lèvres, l’agréable débit ;
Bercés de pépiements, en l’aube, estourbis…
Y verrons la rosée radier tes dentelles.
Quand, à bouches écloses, nos mots vidés
Du raisonnable, nimberont de murmures
Le conciliabule, les non-dits sous l’armure
De rétives promesses, verrons se rider
Le temps sans idéal, qu’ici-bas, claquemurent
Nos songes écornés, crispés sous étamure…
Déséquilibre
Je vois
marcher la peur, courir l'angoisse;
J'entends
sonner le cor du dernier jour;
Se peut-il
que le malheur qui poisse,
Vienne à
baisser la garde, sous ce revêche ajour!
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021
Pièges de
rhéteur
Ont fondu les désirs refoulés, ces souhaits
Pris au piège de la lassitude… ces fouets
Lacérant, pour pénétrer le cœur,
Âme du dilettante, gouaille du moqueur…
En l’esprit élevé au pal du conformisme,
Hissé au pinacle ignoré du tropisme,
S’aventurent parfois, des réflexes butés ;
S’y viennent trop souvent, permuter
D’idiomatiques accords, l’impropriété,
L’outrancier barbarisme empiété
Du sophisme dont le scribe, sans crainte,
Effeuille la tenue, de rhétorique, ceinte.
Oubliés le slang des prévaricateurs,
Sermons ânonnés de conspirateurs ;
Doute et raison s’isolent du rationnel,
Pour se mucher de lois additionnelles
Clivées aux règles de récipiendaires
Essoufflés : ces renards privés d’air,
Promulgués en pontifiants héliastes,
Départiteurs arrogants, froids cérastes
En reptation, comme inassouvis_
Leurs yeux flous font quête de survie ;
Ils vieillissent dans l’ombre d’aréopages,
Ruines de sanhédrin sans groupage.
Peu à peu, sombrent l'impérieux savoir,
Logique de ces caciques du pouvoir,
Potentats ivres d’ambitions, dynastes
Liés à l’haussière d’impertinentes castes.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021