Elle
Elle est la mue de mon cœur froissé,
Le baume, quand j’ai mal de moi,
La doublure de mon double croisé
En quelque ruelle où s’attise l’émoi.
Elle est le train emportant mes dérives
Au-delà des routes où s’effeuillent des ans,
Les sentes que jouxtent les rives,
Si l’onde s'étale en vulgaire torrent
Serpentant dessous la canopée ;
Le trimard s’y embourbe sans mal,
S'enlise, sans pouvoir s'en échapper
Quand chutent les bruines hiémales.
Elle est la glace, ou feu de mes veines:
Ce chaud et froid dont ma chair accuse
En d’improbables luttes, la déveine
Giclée de sanguines pulsions de muses
Alanguies, dont les luttes évincent
Du raisonnable, l’éphémère structure,
Aux vents légers, quand grincent
Les portes du Shéol, scellées aux sépultures,
Sous mes doigts-aquarelles, au lusin
De l'imaginaire… j’en retouche l’ébauche,
Parfois, des fauves teintes, le fusain
Attouché, dévoilant la perfide débauche.
Armand Mando
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