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jeudi 15 avril 2021

Quæ* Elle

Quæ*

Elle

 

Elle est la mue de mon cœur froissé,

Le baume, quand j’ai mal de moi,

La doublure de mon double croisé

En quelque ruelle où s’attise l’émoi.

 

Elle est le train emportant mes dérives

Au-delà des routes où s’effeuillent des ans,

Les sentes que jouxtent les rives,

Si l’onde s'étale en vulgaire torrent

 

Serpentant dessous la canopée ;

Le trimard s’y embourbe sans mal,

S'enlise, sans pouvoir s'en échapper

Quand chutent les bruines hiémales.


Elle est la glace, ou feu de mes veines:

Ce chaud et  froid dont ma chair accuse

En d’improbables luttes, la déveine

Giclée de sanguines pulsions de muses

 

Alanguies, dont les luttes évincent

Du raisonnable, l’éphémère structure,

Aux vents légers, quand grincent

Les portes du Shéol, scellées aux sépultures,

 

Sous mes doigts-aquarelles, au lusin

De l'imaginaire… j’en retouche l’ébauche,

Parfois, des fauves teintes, le fusain

Attouché, dévoilant la perfide débauche.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SI IPSE* S’il est

SI IPSE*

S’il est

 

S’il est des matins bleus ; ils ne se nomment pas ;

Des nuits blanches qui résistent au froid,

Il est aussi des rires, comme ceux d’autrefois,

Fusant en le silence d’autres vies… à trépas.

 

S’il est des rendez-vous blessés de solitude,

Des rencontres percées de mots trompeurs ;

Il faut annihiler, quand s’enfle la torpeur,

Le désir du paraître, écorché d’hébétude.

 

S’il est des jours égrenés en l’automne,

Des soleils cuprifères aux incandescents rais,

Il y aura, sûrement, lorsque l’enfant paraît,

Des cris, sans lallation, ni babil monotone.

 

S’il est des mots vainqueurs du doute aliénant

De pesants borborygmes laïussés du bedole,

Se peut-il que l’espèce soit de la caracole,

Où l’équidé transmue sa fougue, bedonnant ?!

 

S’il des ventres pleins aux orges de la Parque,

Au banquet de vestales, de saphiques nymphes,

S’y faudra-t-il soumettre, pour de la lymphe,

Aspirer le plasma, avant de bander l’arc ?!

 

En de subtiles brèves d’ironiste déçu, railleur

Sous les décombres d’un humour éventé,

J’essaie_ grand bien m’y fasse ! _ d’argumenter,

Sans me jamais ployer aux piques du gouailleur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 14 avril 2021

RETRO AD BASICS* Retour aux sources

RETRO AD BASICS*

Retour aux sources

 

Reviens-moi à l’aube, quand point le renouveau !

Tu verras l’allée se couvrir de fleurs,

Le mas, s’agrémenter de fragments ogivaux ;

L’ombre sous la charmille, d’agréables lueurs…

 

Des fenêtres bâillées, la plaine sera immense,

Le jardin enfoui sous l'arbre, paraîtra

Plus sauvage, délié, en cette transhumance,

Quand la faune meurtrie s’accroîtra….

 

Flotteront, en l’aurore, de cotonneux stratus ;

L’abeille repue de mielleuses coulées, de pollen,

Froissera des ventées piégées du tylenchus,

Le souffle pénétré de miasmes de galène.

 

T’en souvient-il du temps, où impatients,

Nos cœurs s’arrimaient à la même badine !

Je buvais de ta lèvre le flou balbutiant

Ces doux mots enfantins dévoilés de l’ondine.

 

Au soir tombé, aux tièdes vespérales,

J’écoutais de tes pauses aiguisées de tendresses,

D’agréables soupirs défaits de brumeux râles,

Et qu’enfantent les nixes, souvent, par maladresse.

 

Je voulais, peut-être par hardiesse_ poser

De moites lèvres, quelque baiser fugace,

Enclore de ta moue, pour l’idéaliser,

L’imperceptible flux, au doute qui l’enchâsse.

 

Aussi, n’ai-je_ privé d’aplomb_ su calmer

De ma réserve, l’inutile constance ; cet affront

En pointe de khopesh, semble encor bitumer

Du double pusillanime, l’organique néphron.

 

De ce retour aux sources où s’immole l’affect,

Ce passé dépassé, entretenu sans mal,

Je puise des clichés confortant l’intellect,

En l'altération de trêves suboptimales.

 

Qu’importe ! me suis fait à l’idée de conquérir

De l’absence sécable, les riches poussières

Eparpillées au dôme du vexant repentir,

Et qu’entrône l’oubli de vies carnassières.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 13 avril 2021

STUDIUM PLACENDI* Au désir de plaire

STUDIUM PLACENDI*

Au désir de plaire

 

Quand je te reverrai au matin de juillet,

Mes larmes ne seront, en blanchâtres coulées,

Plus jamais profanées, ni même enquillées

Au remords du passé, peu à peu, refoulé…

 

Te prendrai la main sur la lande sauvage,

Quand l’éphémère vêt des nuances, le jour ;

T’apprendrai le silence des subtils ‘’ toujours’’

Et qu’étoilent les nuits de nos livres d’images.

 

Quand je te couvrirai de fragrances bohèmes,

Parfumerai l’absence de tes rêves flottants,

Caresserai l’ouvrage, de doigts mutants,

Entretissant les plis de la glyptique blême.

 

De ta peau, à ma chair vidée de jouissances,

Béeront les cicatricules de l’attente,

Dont les cerces profilent la rage obsédante,

Eveillée du galant serti de doléances.

 

Aux fontaines dressées au nord de Bagatelle,

Boirons de moites lèvres, l’agréable débit ;

Bercés de pépiements, en l’aube, estourbis…

Y verrons la rosée radier tes dentelles.

 

Quand, à bouches écloses, nos mots vidés

Du raisonnable, nimberont de murmures

Le conciliabule, les non-dits sous l’armure

De rétives promesses, verrons se rider

Le temps sans idéal, qu’ici-bas, claquemurent

Nos songes écornés, crispés sous étamure…

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 12 avril 2021

QUAPIAM INTEMPERIE* Déséquilibre

 

QUAPIAM INTEMPERIE*

Déséquilibre

 

Je vois marcher la peur, courir l'angoisse;

J'entends sonner le cor du dernier jour;

Se peut-il que le malheur qui poisse,

Vienne à baisser la garde, sous ce revêche ajour!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

INSIDIAS LACRIMIS RHETORIS* Pièges de rhéteur

 

INSIDIAS LACRIMIS RHETORIS*

Pièges de rhéteur

 

Ont fondu les désirs refoulés, ces souhaits

Pris au piège de la lassitude… ces fouets

Lacérant, pour pénétrer le cœur,

Âme du dilettante, gouaille du moqueur…

 

En l’esprit élevé au pal du conformisme,

Hissé au pinacle ignoré du tropisme,

S’aventurent parfois, des réflexes butés ;

S’y viennent trop souvent, permuter

 

D’idiomatiques accords, l’impropriété,

L’outrancier barbarisme empiété

Du sophisme dont le scribe, sans crainte,

Effeuille la tenue, de rhétorique, ceinte.

 

Oubliés le slang des prévaricateurs,

Sermons ânonnés de conspirateurs ;

Doute et raison s’isolent du rationnel,

Pour se mucher de lois additionnelles

 

Clivées aux règles de récipiendaires

Essoufflés : ces renards privés d’air,

Promulgués en pontifiants héliastes,

Départiteurs arrogants, froids cérastes

 

En reptation, comme inassouvis_

Leurs yeux flous font quête de survie ;

Ils vieillissent dans l’ombre d’aréopages,

Ruines de sanhédrin sans groupage.

 

Peu à peu, sombrent l'impérieux savoir,

Logique de ces caciques du pouvoir,

Potentats ivres d’ambitions, dynastes

Liés à l’haussière d’impertinentes castes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 11 avril 2021

DERIDICULA* Simulacre

 

DERIDICULA*

Simulacre

 

 Papesses du soir, félonnes sentinelles

A la tour du péché… s'y consument les cierges

Irradiant les prétentieuses vierges

Au teint glauque mouché d'étincelles.

 

Le syncrétisme tourne sans s'arrêter ;

Le froment y blanchit les vieux missels gris,

Au cérémonial d'ouailles baguées de mépris,

Quand souffle la curie richement apprêtée.

 

Le prêtre drapé d'une chasuble, avance,

Goupillon en main, suivi d'enfants de chœur,

Pose de l'autre main, ciboire sur le cœur,

Tel le reître égaré, sans défense.


C'est la gigue princière d'enragés !

Chacun pousse, de l'oratorio insane,

Contre-ut que l'adepte, s'il ricane,

Voit fondre aux laudes encagés.   

 

Simulacre à deux sous de l'enfer…

La béguine asservie attise la bougie,

Pleure d'être _ en ces riches orgies,

Chaisière coincée ; voudrait tant se défaire

 

Du vil instinct piégeant la vestale

Trop souvent animée de licencieux désirs  

Toujours prêts à éclore, avant que de moisir

Sous la chair conspuée de Tantale.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021