L’infidèle
Clara est infidèle, ses amants la méprisent,
La plongent en la honte, le désœuvrement ;
Piégée de séducteurs tutoyés couramment,
Se noie sous les flots que le malheur attise.
L’infidèle
Clara est infidèle, ses amants la méprisent,
La plongent en la honte, le désœuvrement ;
Piégée de séducteurs tutoyés couramment,
Se noie sous les flots que le malheur attise.
Dysharmonies
nocturnes
Au ventre des femmes s’éternisent encor,
Les suées de la nuit évincée de la voûte
Dont les formes s’étiolent, où le corps
Réajuste des peines, l’impudique doute.
Des damoiselles, mutent des fièvres,
Gorgées de doux reflets ; j’en aspire parfois,
La laiteuse coulure; s’y posent encor mes lèvres
Au nectar transissant du mamelon froid,
Ma bouche bée, libérée de l’extase,
Troublée des pièges froids du jeu
De dysharmonies voilées de phases
La peuplant de
redoutables enjeux.
Quand sombre la nymphe d'eau,
La rosière de mai, aux ventées aliquotes,
Se défait peu à peu, des tréteaux
De ses replètes cuisses… à elles, je m’accote.
Inhibé, je démêle des heures,
Furtives secondes, éphémères minutes,
Ces breloques avilissant du cœur,
L’agréable systole, quand elle s'y percute.
Aux callipyges reins, s’enlacent mes mains,
Amenuisées sans mal, à défaire céans,
Des chaînes, les vies sans lendemain,
Emplies du fiel de nos regards saillants.
J'y fais halte, pour m’épanouir au vide
De l’aube, quand s’éventent les joies…
Je m'égare au soir, en d’inutiles rides ;
N’ai plus rien !... excepté cette croix
Au Calvaire de ma Délivrance :
Pieu planté au centre de la foi…
O Dieu, pardonne moi l’offense !
Ma plume s’en indexe malgré elle… parfois.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Orageuses
plaintes
Je sais bien sûr, qu’il faudra enterrer
Le désaveu dont je subis les foudres,
Pour voir renaître en moi, l’effaré
Écorniflant son profil à dissoudre,
Le mal arc-boutant sa dégaine
Profanée d’enjôleuses lèvres
De naïades adonnées aux peines
Qui désarment les spumeuses fièvres.
Au cahier délavé de mes pleurs,
Dorment des rimes de béjaune,
Assonances accrochées en leurre ;
En mon cœur, elles frissonnent.
N’ai point musardé, ni baisé la joue
Des Manon de trop courtes récrés ;
Je voulais à leur cou, fier, poser bijou,
Sans en abroger les drastiques décrets
De la communale... s'y s’éventent la joie,
Les rires dilués d’improbables rengaines
Ânonnées d’écoliers conspués de bourgeois
Parfois, lestés d’une horrible bedaine.
Mon œil voile de l’expectance, l’illusion
Sublimant du poète, la colichemarde ;
Elle perce la voyelle, charge l’élision
D’un fardeau griffé de mille échardes.
Je jette sur l’ombre des balbutiements,
L’ébouleuse jeunesse qui talle le chemin
Des gémonies, en plein escarpement :
Infranchissable dôme rehaussé de mes mains.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Equivoque rupture
Η διφορούμενη ρήξηI diforoúmeni ríxiLes eaux de l’Aliákmon m’emprisonnent ;
J’aimerais fuir ce long fleuve égéen…
Dans l’Eubée, voir quand elles frissonnent,
Skyros, la Céphalonie… fuir le plébéien
Pleurant Ulysse, Pénélope ; à rebours,
M’allonger au bord de Zákynthos,
Ouïr la méditerranée battre tambour,
Puis, m’enfoncer dans le lit de Naxos.
De l’errance, aux nuits sédentaires,
Nulle démesure, ni d’altières frasques
Au dispendieux enflammé d’adultères
Soutenus de mégères fantasques.
Thanatos satirise l’aguichante mort,
Sans se soumettre à la soif d’aimer,
Aux nymphes de Korrigan, sous le mors,
D’hamadryades s'y venant rétamer.
Ce venin gicle de béantes artères,
Aux soirs voûtant la silhouette
D’énamourées, bacchantes trop austères,
Puritaines vestales sous voilette.
Dois-je m’absoudre des contraintes,
Longer des fiefs, la contrescarpe ?
Faut-il, en de longs râles, de plaintes,
Arguer de l’enthymème, l’argutie qu’écarte
L’idéal... je maîtrise, c’est tant mieux,
L’inférence modulée du mien langage…
Nier des sorites, l’atticisme d’envieux,
Eût été, je le crois, trochisque de bandage !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Serfs humiliés
A trop franchir les barrières du temps,
Se sont retrouvés aux portes du trépas ;
Ont vu le malheur, de l’hiver, au printemps,
Ecaler du cerneau le frugale repas;
Celui dont se sustente, quand il mord à l’appât,
Le cul terreux, défié du magistral titan.
A trop braver les cruels monarques, ces loups,
Dans l’ombre des cités, se sont faits rigaudons,
Sans s’en apercevoir ; humiliés, ces marlous
En sont pour leurs frais, laissés à l’abandon.
Ilotes confis en la lie de soumissions, roturiers
Rivés au pal de la vieille noblesse, encavés
Aux diktats de la gent fortunée, aventuriers
Aux vagues chargées d’embruns, entravées
Du rostre déchirant la lame iodée, ce bissac
D’où pendouillent les écumes de mer…
S’écrasent au matin, refoulées du ressac
Bavant froides glaires, mucus trop amer.
En factotum asservi à la bourgeoisie, le sot
Prise de la nique, l’immodeste bravade ;
Le voilà, attifé de pompes, aux lueurs d’un
queusot,
Obséquieux, bouffi, décoté de la vade ! …
Quand on leur parle de liberté, font montre
De réserve… car, de la liberté, ces larvaires,
N’ont que faire… la justice ?... Ils sont
contre ;
Salivent d’improbité, face à ce lourd revers.
Si vous les rencontrez enchatonnés de haine,
Que leur corps épuisé brocarde le repos,
C’est que la tolérance harmonise leurs chaînes...
La mansuétude accoise les squames de la peau.
Fuyez ce
magistère !
Abrutis des louanges du fourbe ecclésial,
Les fidèles dévient du naos de l’idolâtrie ;
Se voient enjugués, l’âme, le cœur contrits,
Aux rites séculiers de loges abbatiales,
Du riche vatican aux pirouettes bestiales,
Ce ventre de l’enfer en quête d’audimétrie…
Fuyez ce magistère où les fiers cardinaux
Prélats de bombance, séduisent vos enfants
Avant de les pousser au son de l’olifant,
Aux couches satinées, puis, aux confessionnaux,
Les pousser à vomir le mal-être nimbant
La créature souillée du nonce pédéraste,
L’innocent blessé que la honte dévaste,
L’enfant humilié de l’ignoble pléban !
Inserts de
prévaricateurs
Pour conquérir la plèbe, de mille facéties,
Le kaiser, en derviche, alimente toujours,
De sa folle harangue, et la nuit, et le jour,
Le zélateur confus, le disciple indécis
Au rets de la séduction, quand, pragmatique,
S’en éloigne le pieux… il est en ces averses,
Nulle possible embellie… les chemins de traverses
Sont des sentes creusées, bermes chaotiques
Empruntées de silènes en paisse ; ces butors
Ajustent de concert, en des gras baragouins,
Mensonges et certitudes, dont sont oints
Les prélats, ces fats, prophétisant à tort…
Damnant l’infidèle de la mesquine Rome,
Ce fief d’apostats, les curés du dimanche,
En vils ensoutanés de messe, enclenchent
De l’esprit, le commutateur, dont l’homme,
Fier, en mariolâtre, accentue courbette
Au pied de statues inertes, icônes chaulées,
Emmarbrées au faîte de puants mausolées
Salués de bigotes essoufflées, en barbettes.
Pour baguer l’incivil ajusté au désordre,
L’impétrant admoneste céans, le jobastre:
Caricature de pochade ; du désastre,
Bien sûr, n’a que faire, s’il peut mordre
A la chair du plaisir marginal… se peut-il
Enclouer aux lois dévastatrices du récipiendaire
Infatué, par trop inféodé, éraflé de cardère,
En l’inconfort d’amphigouriques styles !
Pour confondre le sage, j’admoneste ma plume
Jouant entre les rails d’un tropisme buté,
Qui, de la réflexion, au langage redouté,
Défigure l’absence… métrage que j’assume.