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jeudi 1 avril 2021

INSERERE QUOQUE PREAVARICATORUM* Inserts de prévaricateurs

 

INSERERE QUOQUE PREAVARICATORUM*

Inserts de prévaricateurs

 

Pour conquérir la plèbe, de mille facéties,

Le kaiser, en derviche, alimente toujours,

De sa folle harangue, et la nuit, et le jour,

Le zélateur confus, le disciple indécis

 

Au rets de la séduction, quand, pragmatique,

S’en éloigne le pieux… il est en ces averses,

Nulle possible embellie… les chemins de traverses

Sont des sentes creusées, bermes chaotiques

 

Empruntées de silènes en paisse ; ces butors

Ajustent de concert, en des gras baragouins,

Mensonges et certitudes, dont sont oints

Les prélats, ces fats, prophétisant à tort…

 

Damnant l’infidèle de la mesquine Rome,

Ce fief d’apostats, les curés du dimanche,

En vils ensoutanés de messe, enclenchent

De l’esprit, le commutateur, dont l’homme,

 

Fier, en mariolâtre, accentue courbette

Au pied de statues inertes, icônes chaulées,

Emmarbrées au faîte de puants mausolées

Salués de bigotes essoufflées, en barbettes.

 

Pour baguer l’incivil ajusté au désordre,

L’impétrant admoneste céans, le jobastre:

Caricature de pochade ; du désastre,

Bien sûr, n’a que faire, s’il peut mordre

 

A la chair du plaisir marginal… se peut-il

Enclouer aux lois dévastatrices du récipiendaire

Infatué, par trop inféodé, éraflé de cardère,

En l’inconfort d’amphigouriques styles !

 

Pour confondre le sage, j’admoneste ma plume

Jouant entre les rails d’un tropisme buté,

Qui, de la réflexion, au langage redouté,

Défigure l’absence… métrage que j’assume.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 31 mars 2021

SUMMO MONTIS* Du haut de la falaise

 

SUMMO MONTIS*

Du haut de la falaise

 

Du haut de la falaise, où s’engouffrent les vents,

Les bruines ont perlé sur le petit matin…

La rocaille a peu à peu, ridé du relief gailletin,

L’épaisse ajouture, le dôme, s’en désenclavant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 30 mars 2021

CARPINUS BETULUS* Charme commun

 

CARPINUS BETULUS*

Charme commun

 

Sous la belle charmille, fleurissent des amours

Inhospitalières, peu enclines au bonheur,

Défigurées d’amants qui, en palissonneurs,

Asservissent sans mal, les frêles thysanoures

 

Avouant, la nuit tombée, leur infidélité…

Elles pleurent parfois, quand l’offense supplice

La désarmée, puis, entre les interstices,

Irradient le tendron ivre de volupté.

 

Personne ne comprend, ne peut donc s’émouvoir

De la vile débauche, du foyer, au couvoir,

Dont la louve blessée se fait ambassadrice ;

 

Se peut-il que l’audace en confisque réserve ?

Se doit-elle céans, lénifier la serve,

Poser quelque indulgence à ce fol artifice ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 29 mars 2021

SI POSSEM* Si je pouvais

 

SI POSSEM*

Si je pouvais

 

Si je pouvais accoupler nos destins,

Enfiévrer de désirs, ta rétive personne,

La froide solitude dont la nuit bedonne

Ta passive langueur posée en muretin.

 

Si je pouvais encager tes silences, lier,

Sans craintes aucunes, tes inhibitions

De sage couventine grisée d’émotions,

En ce jardin où pousse l’angustifolié.

 


Si je pouvais duveter tes murmures,

De l’ouate des clairs matins égrenés

Au parcours de vierges rassérénées,

Prises au rets du sage qu’on emmure,

 

Avant que de l’emprisonner au songe

Peu à peu dévoilé, quand éclose, l’ivresse

Du hourvari, cerne l’alacrité, l’allégresse,

Fusent de plaisirs qui patinent, et rongent.

 

Si je pouvais éteindre tes nuits blanches,

Faire naître des soleils en l’éveil des eaux,

Parfumerais tes jours, en digne damoiseau,

Du nard opiacé étoilant mes dimanches.

 

Hélas ! du mal d’amour, comme de la romance,

S’étranglent les redites de vaines actions

Dont la phonie enserre la réduplication,

Ce cafardeux écho aux brumeuses muances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 28 mars 2021

ALIBI* Autre part

 

ALIBI*

Autre part

 

Une envie d’ailleurs…

Pérégrine ascension aux cols de l’insolence :

Ivresse des cimes de poèmes gouailleurs.

Naissent de mes vertiges,

D’accessibles prodiges,

     D’élégiaques remembrances.

 Mes poèmes sont vôtres…

Les spleens fardent les autres.

J'écris pour taire les miennes contradictions ;

J’écris par pulsion.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 27 mars 2021

SOMNIUM ANGUSTUS* Rêve étroit

 

SOMNIUM ANGUSTUS*

Rêve étroit

 

Tu es le rêve que l’on fait à quinze ans,

L’espace où se délient les vents,

La vague bleue, et qui en se brisant,

Dépose sur la lame, le plancton survivant.

 

Tu es, en l’aube écarlate, rosée balbutiante,

Dont les ductiles perles agrémentent le jour ;

Ton cœur a fait invite à ma voix hésitante,

Et qui des volets clos, t’épie nue, sous l’ajour.

 

Tu as de l’ingénuité, gravi la contrescarpe,

Isolant de ma route, le friable talus,

Me faisant à ta table, sous le frêle épicarpe,

Frissonner de désirs, d’attentes dissolues.

 

Boudant tes épistoles, au mal qui me régit,

Ai refusé de croire que tu serais mienne,

Si l’empreinte de l’âme, que l’amour assagit,

Maculait en l’espoir, mes feintes simiennes.

 

Suis prisonnier volontaire, captif

De tes voltes d’odalisque plaintive ;

Sans me jamais soumettre aux griffes

De pimbêches blessées_ ô si peu réceptives

A mes froids geignements ; l’expectative

En berne, en pointe de folie, l’incisif

Perçant de la matrice, le nerf procréatif,

Pour du germe mort-né, délier l’abortive.

 

Tu restes cependant, en mes songes truqués,

La douceur coraline des eaux orphelines,

Et qu’aspirent les fonds, de la côte, au quai

Dressé sur la corniche d’où vaque la féline.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

NON TAM… * Il y a tant…

 

NON TAM… *

Il y a tant

 

                                            

Il y a tant de mots dans nos têtes,

 

Tant d’idées ; elles galbent nos envies,

 

Donnant aux besoins, un petit air de fête,

 

A nos déconvenues... zeste de survie.

 

Il y a tant de morts au cœur des chagrins,

 

Cadavres empilés au tertre des nuits ;

 

Aux soirs d’hiver, nos songes pérégrins

 

Franchissent le sommet d'heures enfuies.


Il y a tant de femmes au balcon des regrets,

 

De reines bafouées au trône de l’absence ;

 

Leurs fièvres débordent d’abrupts degrés,

 

Puis, s’affaissent au seuil de l'adolescence.

 

Ourlant des déshérences, le subéreux bâti

 

Du remords qui laisse intestats,

 

Avions lacéré, cela, sans contredit _

 

La trame du destin nié de l'apostat !


Il y tant d’hommes en ma polymorphie,

 

D’enfants épuisés, aux venelles pavées,

 

Tant d’amants pliés au cœur l'atrophie

 

Que la peau du deuil veut encaver.

 

Naissent au matin, de rutilants éclairs

 

Perçant de la rosée, les diaphanes perles

 

Imbibées de striures trop claires ;

 

S'y posent encor, d'audacieux merles.

 

Il y a tant d’ivresses en nos souvenirs,

 

Huées gazées de fastidieux discours ;

 

Les jours, pour s’en mieux estourbir,

 

Les attellent aux marelles de cour.

 

Je reste sous le pont de l'amante déçue ;

 

En mes soupirs latents, l'ironique gazille

 

Offre par dérision, le satiné tissu

 

De son ventre arrondi en crousille.

 

                                                                                 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021