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vendredi 26 mars 2021

VITA* Vie

 

VITA*

Vie

 

S’asseoir… et regarder passer la vie,

Celle que le péché enrubanne de fièvres,

Dont les mots vrais enfiellent la lèvre ;

Ce feu que la mort en un instant, ravit,

En soufflant sur les braises, ce lavis,

Dont les pigments s’assèchent ; L’Orfèvre,

Le Divin Créateur l’a posée là, en plèvre

Sur l’esprit adamique dignement asservi.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 25 mars 2021

POETA DIXIT MIHI : * Un poète m’a dit

 

POETA DIXIT MIHI : *

Un poète m’a dit

 

Un poète m’a dit : laisse courir les chiens

De grandes avenues ; laisse-les déchirer

Des matinales brumes, les inusables liens

Dont la mitraille, quand l’acte est adiré,

Tacle le magistrat sans titre paulien !

 

Un poète m’a dit : ois pleurer matin,

Quand l’oisillon pépie, pénétré de chagrins !

L’aigrelette phonie troublant le contadin

Se mêle encor aux bruines chues en grains.

 

Quand tu verras, dit-il, les soleils éventrés,

Déparés des spires de l’été baladin,

Tu sauras reconnaître des nuits excentrées,

La noirceur manifeste voilant le citadin.

 

Un poète m’a dit : regarde la rosière de mai,

La blanche naïade d’un bal de débutantes,

Tendron arrimé à la frêle barlongue, jamais

Rassurée de l’invite acquiescée… hésitante !

 

Sache-te prémunir de leurs maladresses !

Elles filtrent du rêve, l’onirique substance,

Avant que de sombrer au for de la détresse,

Sancir en la gadoue décuplée de l’offense.

 

Ce poète, avant de s’en aller, m’a couché

Sur la peau d'un vieux parchemin ;

Je l’ai vu, ébaubi sous la toise, toucher

Du doigt, la beauté du silence, détacher

Des jours gris, en me prenant la main, 

La nébulosité, peu à peu, en l’aube, écachée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SERUNT AD MALUM* Sèment au malheur à venir

        

SERUNT AD MALUM        

             Sèment au malheur à venir


Ils naviguent sur des flots insoumis,

Trébuchent du confort sociétal ;

En guenilles, fuient la capitale,

Désœuvrés, crispés, sous endémie.

 

Gravissent des monts, le faîte trop humide,

Se lancent sur les eaux, nimbés d’espoirs ;

Mendient au matin, devant les dépotoirs,

Déconfis, enrubannés de rides…

 

Construisent sur des sables mouvants,

Échafaudent du songe, le cuivrage ;

De ces lies cuprifères, se délie l'aérage

De toquades aux degrés éprouvants.

 

Du temps, en d'ostensibles flous, ont

Des traverses, emprunté en l'aurore,

Les sentes serties de pourpre et d'or,

D’altérables traces, de fades fusions.

 

Leurs mots éteints se roidissent

En l’idiolecte, le fantaisiste slang,

Modelés en leur pâleur exsangue

Profanée du disert, de l'haruspice.

 

Repu du malheur, cette infélicité,

L'ectoplasme trouble l'ambulation,

Sans autre… deuil, profanation ;

Gisent l'âme, l'esprit, frappés de cécité.

 

Sous le raglan d'altiers podestats,

Les mailles du verveux en dérive,

Mourront à deux lieues de l'étrive,

Au soir où l’épée perce la muleta.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 24 mars 2021

AGITATIONE* Agitation

 

AGITATIONE*

Agitation

 

 La rivière en crue déborde sur l'asphalte,

A l'heure où le bedeau gonfle de l'angélus,

Les prétentieuses cloches du fidèle orémus

Ânonné de vicaires aux larmes de basalte.

 

L'océan fait gicler de la vague plissée,

Le tumulte des flots arrimés aux tempêtes,

La violence des eaux enroulées en carpette,

Au soir où les marins s'y semblent immiscer.


Soufflées des fonds liés aux algues, la faune,

La flore, entrelacées aux riches madrépores,

Tapissent les fonds gris de luminescents pores

Projetant sur la lame leur pâleur ostéone.

 

Les lacs ont beau jouir du calme des vallées,

La lagune, apaiser les berges de septembre,

Il pleut à verse, aux volets des chambres,

Au matin où s'éveille le bourgeon écalé.

 

La nature captive du bouleversement, épie

Du coin de l'œil, quand tiédissent les vents,

Ces mausolées dont l'esprit survivant

Caresse des chimères, l'inutile pépie…

 

Je me veux poète, en ces métamorphoses,

Chantre, en ces mues d'automnales giclées ;

Mon regard voit naître des frimas bâclés,

L'ossature du spectre des psychoses.


Dans l'âtre aux miasmes d'escarbilles,

La flamme s'entortille inexorablement…

Mes yeux, de ses volutes, puisent l'élément

Dont l'extase atrophie du récit, l'apostille,

 

Ce bel astéronyme ; ici, l'érudition

Le vêt d'un panache glorifié sans mal,

Sans en dissoudre du verbe optimal,

L'écriture acculée à la recension.

 

Que ne serais-je en la concupiscence,

Félibre moqueur de contes de saisons !

Farderais de l'atoll, le lointain horizon

Posé à même l'océan en partance...

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 23 mars 2021

DERISORIA IMAGO* Caricatures

 

DERISORIA IMAGO*

Caricatures

 

En altier marin, sur la vague bleutée,

Je sillonne les mers remorquées au soir

De la rustre galiote au solide bossoir

Ignoré de la houle, d’humides ventées.

 

En soldat guerroyant, et la nuit, et le jour,

Je terrasse les elfes de l’iconoclastie ;

Fuis des chapelains de nobles dynasties,

Les prêches de mouroir, et qui toujours

 

Enserrent les bigots de chapelle, larves

En reptation au pied de la madone

Hissée au scabellon d’un fief que bedonne

Le clergé insoumis, et qu’emporte la varve.

 

En fauviste soigné, je retouche l’espèce

Assujettie à la mienne pensée ; je l’enquille

Au support de l’étoupe, ensuite, la maquille

D’un lavis pénétré de teintes, et qu’agresse

 

Le mordançage de cuprifères lies satinées

De pastel, d’invasives nuances pochées :

Braises d’un feu nous voulant rapprocher,

Pour nous mieux dissoudre du revers patiné.

 

En la contrefaçon d’un mimétisme froid,

Pose de pigmentaires tons, semblables

Au diptyque d’un ouvrage agréable

A l’œil de l’armateur accueilli sous beffroi.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 22 mars 2021

DETERIORATUS FENNEC* Fennec blessé

 

DETERIORATUS FENNEC*

Fennec blessé

 

Mon enfance est un mur dressé

Sur la peau du désert où s’égare mon pas,

Une froide colonne qui ne me convient pas,

Une rude charpente aux boiseries tressées.

 

C’est un couloir éteint, les soleils l’ont boudée ;

Les nuits s’y viennent éclore, sans risquer

D’être prises au rets d’âmes offusquées

De la voir percée de part en part, dessoudée

 

De ces rêves que l’on fait à dix ans, ces peurs

Entretissées d’angoisse, de chagrins,

De diaphanes larmes perlées en grains

Vous accoutrant de réflexes trompeurs.

 

Mon enfant est un puits où sommeillent encor

D’ardentes déchirures, et que noient au matin,

D’artésiennes eaux au flux diamantin

Coulant sur les blessures de mon pauvre corps.

 

Mon enfance est un marbre sur lequel pissent

Les chiens éjectés des cités, les tristes canidés

Dont s’épaissit la glaire qu’ils viennent vider

Au cœur de la Grand-place rivée au précipice.

 

Mon enfance s’étiole aux pages de ce livre

Que je n’écrirai pas, avant d’avoir vécu

Les dimanches fleuris, les silences vaincus

De babils moqueurs de gonfaloniers ivres.

 

Si elle se relève de ces âpres fièvres, j’irai

Au mausolée où dorment ses grimaces,

Ses rires de confort, ses immuables traces,

Ses calcines escarres aux abcès suppurés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SYSTEMICA INORDINATIO* Systémique désordre

 

SYSTEMICA INORDINATIO*

Systémique désordre

 

Jour de pluie, d’orage, sombre jour,

Quand l’amour se refuse, s’offense

D’être vulgaire placebo, sans défense,

Au soir où le mensonge s’étoffe de ''toujours''

 

Pour éteindre le feu du cœur irradié

De passives promesses, l’esprit enflammé

D’illusoires désirs prêts à tout consumer

De l’âme, la fragile sagesse... sine die.

 

Jour de larmes, de deuil... épreuves

Enténébrées de superstitions, de crédulité ;

S’effilochent les heures, en la banalité

De l’étrange torpeur étirée en long fleuve.

 

Jour de peur, de défiance, d’incertitude…

Voilée de somnolence, la mémoire instille,

Pour alléger l’espèce, douteuses apostilles,

Doctes prétentions, folles assuétudes.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021