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samedi 20 mars 2021

HEUREUX QUI COMME ULYSSE... Joachim du Bellay

 

Heureux qui, comme Ulysse,

a fait un beau voyage

 

Joachim du Bellay


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

 

Joachim Du Bellay (1522 – 1560)

ZOPHORA DE COLARIN* Frises de colarin

 

ZOPHORA DE COLARIN*

Frises de colarin

 

Comme la rivière se jetant dans la mer,

Le glacier devenu ruisseau de clair matin,

La mémoire refoule des souvenirs amers,

Les méandres de l'âme au débit incertain…

Comme la mort vaincue en l'espace vicié,

La souffrance rossée du vaillant marin,

S'il refuse l'angoisse encloîtrant l'initié,

L'affect se délie du ligneul posé en colarin.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

vendredi 19 mars 2021

SOMBRES DEROUTES

 

SOMBRES DEROUTES

 

Sombres déroutes qui acculez l'étrange,

Pour le faire en ces temps consomptibles,

Renier de l'humain que vos rites dérangent,

La pensée novatrice, prenez encor pour cible,

L'innocent sous la toise; se peut-il que cessible,

Soit votre argumentaire, s'il vous crible

De vindictes accorées aux palpables mélanges,

D'admonestations, de subtiles louanges!

 

Sombres rétrocessions, qui rendez à César

Ce qui lui appartient, méprisant Le Seigneur

Dont la nue-propriété, sans possible hasard,

Éveille convoitise en l'âme du grogneur,

 

Promettez au plus faible, avant que de lier,

Ascétique purgatoire pour vomir ce passé

Auquel l'aviez_ hypocrite!_ au lourd pilier

Du catéchuménat, harnaché… oppressé,

 

Vous a suivi sans craindre d'en pâtir, hélas!

Sans douter du mésaise qui plus tard,

Le broierait corps et âme, quand l'audace

Civilise le faible, sans mal, anoblit le bâtard…

 

Sombres déroutes, défaites de monarques

Au col privé d'ajour, voyez poindre l'aurore

Aux champs piétinés de serves de la Parque!

Le vin de la colère fermente en l'amphore

Du péché dont le fat se croit toujours plus fort

Quand le sage implore possible renfort;

Ici, le réceptif cosmétique l'effort…

L'escamoteur, lui, n'osera bander l'arc

Pour ne point de l'archère, forer le contrefort;

Est-ce ainsi que le malheur emparque?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 18 mars 2021

FLOSCULUS* Petite fleur

 

FLOSCULUS*

Petite fleur

 

Petite fleur de mai, étoile mon jardin ;

Parfume-le, d'un nard appréciable !

En l’aube sertie de pyropes almandins,

Vois, fleur de ma jeunesse, à l’agréable,

Se lier l’utile, à l’heure où sur le sable,

Vaquent les naïades pistées du citadin !

 

Petite fleur, échauffe mes silences !

Donne ton à ma musarde, au matin

Point de l’azur en feu, au flot adamantin

De rosée déliée de vents chauds, en partance !

 

Aux printaniers cycles parfumés

De fragrances, j’ouvrais mon cœur,

En l’ouate de rires me voulant consumer,

Au duvet de regards allégés de rancœur,

 

Bercés de musiques, de phonies...

Les rétives amours, ces damoiselles,

Éclosent en l'espace figé sous atonie

De peurs circonstanciées, aux ailes

Déparées… aux moindres étincelles

De l'âme aux riches symphonies.

 

Fleur bleue du bonheur enchâssé

De pleurs mutilés, d’appréhension,

Viens pousser au tertre du passé,

Anoblir de mes peines, avant de trépasser,

Les secrètes fêlures de l’insoumission !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 17 mars 2021

TRIBUO* Plongée

 

TRIBUO*

Plongée



En plongeant du grand mât, les marins

Avivent du vertige, l’étrange sensation ;

En coulant dans la cuve du corail ivoirin,

Les tempêtes soulèvent les miasmes d’admixtion.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

VOTUM CREDERE* L’envie de croire

 


VOTUM CREDERE*

L’envie de croire

 

Croire, quand on vieillit, aux rêves

Pénétrés de tourments, aux songes éclatés ;

Renier malgré soi, cet amour d’un été

Aux froides larmes, et qui nous achèvent ;

Le temps pénètre des étreintes brèves,

La chaleur de l’angoisse épontée.

 

Croire au matin de l'avril sans liens

Agrémenté de la rosée vermeille,

Émargée sans soupirs de l’éveil,

Avec pour seuls accords, les remous éoliens

 

Du cœur lié aux désirs consomptibles,

Encloués aux manœuvres tronquées,

Aux faillites d’esprits alambiqués

Niant du bonheur l'échalier  accessible.


Croire en l’adolescence, quand le mal

Fait violence, puis déchire l’enfance

Illusionnée des furtives avances:

Hardiesse, approche proximale.

 

Se voir flétrir au miroir de l’attente,

Perdre pied, lorsque l'onde agite

Les vagues nues de la mer azurite

Influées de marées ascendantes.

 

Dire : _ j’ai vécu sans comprendre

De l’autre, ce qu’il fallait savoir,

Et de l’ambition, accéder par devoir,

Aux claudicantes marches; prendre

De la science, quitte à me surprendre,

Le sinueux tunnel accédant au pouvoir.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 16 mars 2021

INSANI PARALLEL* Affolants parallèles

 

INSANI PARALLEL*

Affolants parallèles

 

Quand le désert avance, soulevant du bitume,

La replète trémie, les hommes agonisent

Au seuil des cités que les boucles enfument,

Pour au soir, disparaître, étranglés en la lise.

 

Quand les femmes accouchent, dépossédés

Du rêve dont s’auréole l’âme, les putains

Les brocardent, sans jamais accéder

Au désordre de la polyandrie, et qu’éteint

 

La morale de ces mères soumises, dames

Dont la douceur pose baume au cœur sage ;

Allaitant d’un sein pur, sans mixions agames,

La frêle créature que les rides encagent.

 

Quand les soleils déclinent au nord de Pavie,

Que les lunes ébranlent les marées, la mer

S’en vient vomir sa pulvérulence, ravie

De convulser le corail, le lichen trop amer.

 

Quand de malhabiles mains, l’adolescent

S’active le membre, sous les draps blancs,

La sève libérée du froid habitacle, consent  

A devenir, du flux masturbatoire troublant,

Vainqueur de l’onaniste qui, en se dédoublant,

Evacue la semence confisquée de son sang.

 

Alors, purgée du réceptif, la créature bafoue

Des Oracles d’En-Haut, Les Divins Préceptes ;

Le péché a maculé sa foi… il longe, tel le fou,

Humilié, larvé, souillé de messes ineptes,

Le parvis du Shéol, en prétentieux adepte…

La zélation cargue sa houppe de gorfou.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021