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dimanche 14 mars 2021

MELODIE

 

MELODIE

 

Ma musique est un cri déchirant l’aurore,

Au matin où se pose sur la froide rosée,

L’abeille charmée du son strident du cor

Et que les douces bruines viennent arroser.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

samedi 13 mars 2021

SUUS ‘EIUS* C’est elle

 


SUUS ‘EIUS*

C’est elle

 

C’est elle qui me couve, me duvète au soir,

Quand la nuit obscurcit mes attentes,

Opacifie des projets à venir, l’ostensoir

Miroitant d’allégresse, quand, distante,

L’audace balbutiée de phonie hésitante,

Se fait pusillanime, peut être illusoire…

 

Elle, ma réceptive mie, mon empreinte

Posée au tertre du grand lit, l’estampille

Attestant en de nocives plaintes,

Confortable issue, doux baume d’alchémille

 

Oignant le cœur blessé, l’âme écorchée

De remembrances ceintes de vanités ;

C’est elle ! je l'ai longtemps cherchée,

Ce seing clivé aux perspectives déboutées

De l’affect… qu’aurais-je donc, à douter,

Moi, qui de la réserve, dénerve sans mucher,

La feinte retenue s’y laissant permuter !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

EXITIALE ASSECURATIONIS* Fatale assurance

 

EXITIALE ASSECURATIONIS*

Fatale assurance

 

Je t’ai tenu la main, sans craindre la déroute,

Sans farder d’entregents mes pensées d’aède ;

Ma peau s’est dessertie du mensonge, du doute,

Quand la tienne, sans mal, me fut précieuse aide.

 

Ai chanté, pour te plaire, de tendres mélopées,

Pris du guerrier vêtu de jaseran, le cran,

Pour m'en faire armure, m’en envelopper,

Quand l'aguicheuse mort fait écran

 

A nos silhouettes pénétrées de moiteur…

N’ai point versé, en piètre séducteur,

De larmes vaincues de l’énamouré

 

Subissant la rage du contempteur,

De l’altier kaiser, ce rustre dictateur

S’en venant dès l’aube, l’emmurer.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

vendredi 12 mars 2021

DATUS, * Ripopées

 

DATUS, *

Ripopées

 

Telle la vague écrasée au récif de corail,

La larme évaporée, vidée des lacrymales ;

L’enfant perdu, que les adultes raillent,

La femme inassouvie, et méprisée du mâle,

Le bonheur s’est enfui de nos vies animales,

Aspirant peu à peu, nos replètes entrailles.

 

Tel le feu purifiant le cosmos en déclin,

La flamme échauffant la froide sénescence,

L’espérance vient naître de l’esprit enclin

A la probité taclant la dégénérescence.

 

Tel le manant conquis de l’espoir d’exister

Au cœur du renouveau, ce lazzarone ému

De voir percer les spires d’un autre été,

L’amour réceptionne l’exuvie en sa mue.

 

Tel le chien abattu au pied de son maître,

L’ivrogne en ribotte quittant l’estaminet ;

Telle l’infante bercée, se le pouvant permettre,

La passion débilite le béjaune grimé, le gille

D’un cortège emprunté de petits pas agiles,

Du damoiseau poudré, cet anxieux minet.

 

Ne reste plus en ces clichés d’insert, hélas !

Que fades aquarelles de retables poncés…

Les images d’antan, en nos joies, matelassent

D’initiatiques rites, d’émotives percées.    

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 11 mars 2021

SPACTACULIS TERRERENT, * Gigantesques visées

 

SPACTACULIS TERRERENT, *

Gigantesques visées

 

Quand on ferme les yeux, l’océan est plus grand,

La mer, plus profonde… il pleut de clairs matins

Sur la côte d’Opale ; la nuit, la soie et le satin

Veloutent le galbe chaud de la mue transmigrant

 

De la chair, au confort de la vierge blessée

Du sarcasme des chiennes de boulevard ;

Elles ignorent, ces serves piégées de bavards,

La tendresse, cette usufruitière tressée

 

En l’affect de la gent respectable, ô combien !

Quand on se meurt à l’aube des jours gris,

Le poète confesse, en parnassien aigri,

Envier celui que l’ivresse cloue au mont pubien.

 

Ses mots deviennent cendres, au parvis de l’oubli,

Son verbe s’étiole ; il maroufle l’ïambe,

D’un prétentieux laïus ; la resucée ingambe,

Pénètre, à cloche-pied, le récit qu’il publie.

 

Quand les femmes s’essoufflent avant que de faner,

Que les ombres chevauchent de nouveaux points,

Les bretteurs noctambules, dont elles prennent soins,

Pourrissent en la vacance de pensées surannées.

 

Il fait chaud, froid, au balcon des regrets ;

Piégés en l’inconfort de ce temps démuni,

Les filles voient poindre, par trop désunis,

Leur nervalien profil, leur silhouette craie.

 

Bien étrange visée dont l’esprit s’ambitionne ;

Se peut-il, en la mort à venir, que le sage

En pénètre, fort de prolégomènes, l’adage,

Les rivaroliennes joutes, qu’affectionne,

 

Et c’est peu de le dire, le pédant satiriste !…

L’ironiste de cours en brocarde l’emphase,

Pour se l’approprier, griffé d’antonomases,

En la prosopopée du caricaturiste…

 

Quand on ouvre les yeux, le cosmos s’étrécie,

Les jardins s’abandonnent au désert,

Puis, du long Sertao, s’animent, de concert,

Les vents désaccordés… loin de la Séleucie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

QUIA DE PERICULO ANIMAE VOBIS* Il vous en coûtera

 

QUIA DE PERICULO ANIMAE VOBIS*

Il vous en coûtera

 

Passez votre chemin, la mémoire est en deuil !

L’homme a tout oublié… tout oublié...

Du Divin Sacrifice, à La Résurrection publiée

Du Sauveur Béni… voudrait-on faire écueil

Aux Pages Sacrées, ces Précieuses Feuilles ?

Le sang de L’Agneau répandue à mon seuil,

Coule encor en mon âme… Je ne peux L’oublier !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 10 mars 2021

TURBATI EXPACTATIONEM* Attente troublée

 

TURBATI EXPACTATIONEM*

Attente troublée

 

Je n’attends rien, qu’un printemps à naître,

Une aurore vêtue de ses plus beaux atours ;

Je n’attends plus rien que la nue, et qu’entoure,

Le halo du soleil inondant la fenêtre.

 

Sous le saule pleureur, le cerisier en fleurs,

Les chenilles paressent, repues de hallier ;

S’étonnent au renouveau, du preux chevalier

Arpentant l’allée que les ronces effleurent.

 

A l’ombre du vieux pampre, paissent encor,

Gavées de radicelles, les jeunes surmulots,

Ces grasses rates boivent du jour pâlot,

L’immonde égoutture infestée de mucors.

 

De l’attente troublée de la faune plaintive,

Aux nuits cendrées de l’avril assagi,

Les ondes équidistantes, en cette agrologie,

Se défont, puis… se meurent captives

 

Du désordre émané des vallons asséchés,

Des champs calcinés, épilés des bourrasques ;

D’acidifiantes pluies emplissent alors la vasque

Retenue du drageon s’y voulant détacher.

 

Proche du tohu-bohu, les plaines s’évanouissent,

Pour disparaître, étranglées de polluants,

Asphyxiées de tièdes corrupteurs engluant

La jachère, et qu’écalent les bruines subreptices.

 

                                            Moi,

Je n’attends plus rien des nouvelles fragrances

Allégeant l’air vicié… au printemps de Malmö ;

Garderai silence, à Stonehenge, ne dirai mot,

Avant du mont Cervin, braver la corpulence !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021