MELODIE
Ma musique est un cri déchirant l’aurore,
Au matin où se pose sur la froide rosée,
L’abeille charmée du son strident du cor
Et que les douces bruines viennent arroser.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
MELODIE
Ma musique est un cri déchirant l’aurore,
Au matin où se pose sur la froide rosée,
L’abeille charmée du son strident du cor
Et que les douces bruines viennent arroser.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
C’est
elle
C’est elle qui me couve, me duvète au soir,
Quand la nuit obscurcit mes attentes,
Opacifie des projets à venir, l’ostensoir
Miroitant d’allégresse, quand, distante,
L’audace balbutiée de phonie hésitante,
Se fait pusillanime, peut être illusoire…
Elle, ma réceptive mie, mon empreinte
Posée au tertre du grand lit, l’estampille
Attestant en de nocives plaintes,
Confortable issue, doux baume d’alchémille
Oignant le cœur blessé, l’âme écorchée
De remembrances ceintes de vanités ;
C’est elle ! je l'ai longtemps cherchée,
Ce seing clivé aux perspectives déboutées
De l’affect… qu’aurais-je donc, à douter,
Moi, qui de la réserve, dénerve sans mucher,
La feinte retenue s’y laissant permuter !
EXITIALE
ASSECURATIONIS*
Fatale assurance
Je t’ai tenu la main, sans craindre la déroute,
Sans farder d’entregents mes pensées d’aède ;
Ma peau s’est dessertie du mensonge, du doute,
Quand la tienne, sans mal, me fut précieuse aide.
Ai chanté, pour te plaire, de tendres mélopées,
Pris du guerrier vêtu de jaseran, le cran,
Pour m'en faire armure, m’en envelopper,
Quand l'aguicheuse mort fait écran
A nos silhouettes pénétrées de moiteur…
N’ai point versé, en piètre séducteur,
De larmes vaincues de l’énamouré
Subissant la rage du contempteur,
De l’altier kaiser, ce rustre dictateur
S’en venant dès l’aube, l’emmurer.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
DATUS, *
Ripopées
Telle la vague écrasée au récif de corail,
La larme évaporée, vidée des lacrymales ;
L’enfant perdu, que les adultes raillent,
La femme inassouvie, et méprisée du mâle,
Le bonheur s’est enfui de nos vies animales,
Aspirant peu à peu, nos replètes entrailles.
Tel le feu purifiant le cosmos en déclin,
La flamme échauffant la froide sénescence,
L’espérance vient naître de l’esprit enclin
A la probité taclant la dégénérescence.
Tel le manant conquis de l’espoir d’exister
Au cœur du renouveau, ce lazzarone ému
De voir percer les spires d’un autre été,
L’amour réceptionne l’exuvie en sa mue.
Tel le chien abattu au pied de son maître,
L’ivrogne en ribotte quittant l’estaminet ;
Telle l’infante bercée, se le pouvant permettre,
La passion débilite le béjaune grimé, le gille
D’un cortège emprunté de petits pas agiles,
Du damoiseau poudré, cet anxieux minet.
Ne reste plus en ces clichés d’insert, hélas !
Que fades aquarelles de retables poncés…
Les images d’antan, en nos joies, matelassent
D’initiatiques rites, d’émotives percées.
SPACTACULIS
TERRERENT, *
Gigantesques
visées
Quand on ferme les yeux, l’océan est plus grand,
La mer, plus profonde… il pleut de clairs matins
Sur la côte d’Opale ; la nuit, la soie et le
satin
Veloutent le galbe chaud de la mue transmigrant
De la chair, au confort de la vierge blessée
Du sarcasme des chiennes de boulevard ;
Elles ignorent, ces serves piégées de bavards,
La tendresse, cette usufruitière tressée
En l’affect de la gent respectable, ô combien !
Quand on se meurt à l’aube des jours gris,
Le poète confesse, en parnassien aigri,
Envier celui que l’ivresse cloue au mont pubien.
Ses mots deviennent cendres, au parvis de l’oubli,
Son verbe s’étiole ; il maroufle l’ïambe,
D’un prétentieux laïus ; la resucée ingambe,
Pénètre, à cloche-pied, le récit qu’il publie.
Quand les femmes s’essoufflent avant que de faner,
Que les ombres chevauchent de nouveaux points,
Les bretteurs noctambules, dont elles prennent
soins,
Pourrissent en la vacance de pensées surannées.
Il fait chaud, froid, au balcon des regrets ;
Piégés en l’inconfort de ce temps démuni,
Les filles voient poindre, par trop désunis,
Leur nervalien profil, leur silhouette craie.
Bien étrange visée dont l’esprit s’ambitionne ;
Se peut-il, en la mort à venir, que le sage
En pénètre, fort de prolégomènes, l’adage,
Les rivaroliennes joutes, qu’affectionne,
Et c’est peu de le dire, le pédant satiriste !…
L’ironiste de cours en brocarde l’emphase,
Pour se l’approprier, griffé d’antonomases,
En la prosopopée du caricaturiste…
Quand on ouvre les yeux, le cosmos s’étrécie,
Les jardins s’abandonnent au désert,
Puis, du long Sertao, s’animent, de concert,
Les vents désaccordés… loin de la Séleucie.
QUIA DE PERICULO ANIMAE VOBIS*
Il vous en coûtera
Passez votre chemin, la
mémoire est en deuil !
L’homme a tout oublié… tout oublié...
Du Divin Sacrifice, à La Résurrection
publiée
Du Sauveur Béni… voudrait-on faire écueil
Aux Pages Sacrées, ces
Précieuses Feuilles ?
Le sang de L’Agneau répandue
à mon seuil,
Coule encor en mon âme… Je ne peux L’oublier !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
TURBATI
EXPACTATIONEM*
Attente troublée
Je n’attends rien, qu’un printemps à naître,
Une aurore vêtue de ses plus beaux atours ;
Je n’attends plus rien que la nue, et qu’entoure,
Le halo du soleil inondant la fenêtre.
Sous le saule pleureur, le cerisier en fleurs,
Les chenilles paressent, repues de hallier ;
S’étonnent au renouveau, du preux chevalier
Arpentant l’allée que les ronces effleurent.
A l’ombre du vieux pampre, paissent encor,
Gavées de radicelles, les jeunes surmulots,
Ces grasses rates boivent du jour pâlot,
L’immonde égoutture infestée de mucors.
De l’attente troublée de la faune plaintive,
Aux nuits cendrées de l’avril assagi,
Les ondes équidistantes, en cette agrologie,
Se défont, puis… se meurent captives
Du désordre émané des vallons asséchés,
Des champs calcinés, épilés des bourrasques ;
D’acidifiantes pluies emplissent alors la vasque
Retenue du drageon s’y voulant détacher.
Proche du tohu-bohu, les plaines s’évanouissent,
Pour disparaître, étranglées de polluants,
Asphyxiées de tièdes corrupteurs engluant
La jachère, et qu’écalent les bruines subreptices.
Moi,
Je n’attends plus rien des nouvelles fragrances
Allégeant l’air vicié… au printemps de Malmö ;
Garderai silence, à Stonehenge, ne dirai mot,
Avant du mont Cervin, braver la corpulence !