pinterest

vendredi 5 mars 2021

ODIT VITIUM VIRTUTI* Le vice hait la vertu

 

ODIT VITIUM VIRTUTI*

Le vice hait la vertu

 

 Laissez-moi, en ces mondes vaincus,

Renier de l'envie, le dispendieux attrait !

Je ferai confidences, dresserai portrait

De folles dérives, du hasardeux vécu

Où l'homme est délesté de ses maigres écus,

La femme charmée, de son regard feutré.

 

En de fades notes d'écrivassiers obtus,

Le cacographe feint les prolégomènes,

Se surprend à purger, et sans peine,

La beauté, le style du verbe impromptu.

 

Parle t-il d'amour, sans montre de décence,

Enjôle t-il de l'idiome, la phraséologie ?

Peut-il, en ses rixes, en pleine gabegie,

Emperler de vermeille, les nuances ?

 

Laissez-moi, sans faste, ni orgie,

Sans dionysies, vous fendre du meilleur,

Agrémentant, sans réserve, ailleurs,

Le désir de plaire ! repus de liturgies,  

 

Aurez droit aux paissances, de lier du fat,

Cet hominidé, la folle impéritie… aussi,

De l'affectueux legs, de Villon… c'est ainsi !

Sans componction, comme d'un califat,

 

Veux vous soumettre, réceptive écoute…

Ai voulu, amis de mes sermons,

Disciples de harangue, entre vaux et monts,

Saisir de votre queste, en la pleine déroute,

 

Sequins acceptables, indispensables statères !

Le vice, en la palinodie, m'indiffère… je veux,

Loin des dérobades de censeurs baveux,

Forcir du cliché, antagonisme, joutes délétères !

 

Si j'accordais audience, en mes songes,

En l'ivresse de supputables gloses,

Seriez-vous, de la rime, aux proses,

A même d'attiser du plumet, le mensonge ?


Ai, des ruses serties d'entregents, clos

L'itératif débit… en l'inclémence du temps,

Me protège du fiel des mutants ;

Ils bavent encor aux pourvois du forclos,

 

Pour s'abrutir de vertus exemptes

De la probité du sage référent :

Inclusives richesses niées de l'ignorant

Martelé de pollicitations ; elles enfantent,

 

Aux heures louables, pionniers du vice,

Péons et culs terreux de petite noblesse

Quêtant du Sertao, s'il serre les fesses _

L'oasis défroissée du sillon des solstices.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 4 mars 2021

VERE UNUM DIEM DURANTIA* Ephémère printemps

 

VERE UNUM DIEM DURANTIA*

Ephémère printemps

 

Quand bourgeonnent les roses, s’ouvrent

Les œillets, s’animent en l’air serein,

Le frêle oisillon, la preste libellule ;l’airain

Du ciel d’avril, au matin les recouvre,

Puis, assèche les branches de l’aigrin.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PUSULATUS PINGERE* Peinture cloquée

 

PUSULATUS PINGERE*

Peinture cloquée

 

Venise ou Versailles ? La lagune ou le faste ?

Pauvre cosmos absent des récréances ;

De qui, les froides classes de la sénescence

Refusent le licol bridant la noble caste !

 


Hollywood la putain, ou New-York Babel ?

Incivils, ces fiefs cossus troublent encor

Le croyant égaré en ce sombre décor

Empanaché de rêves cloqués de décibels.

 

Derrière les fenêtres de grands lupanars,

Les bambocheurs étrillent l’hédonisme,

S’ouvrant au bedonnant épicurisme,

Dont s’enclouent les mesquins snobinards.

 


Rome, chienne essoufflée du papisme ocreux,

Ou les rites vaudous de l’Amuia Ata ?

Traîne un relent de mort au désidérata

D’un peuple défaillant, serti de songe-creux.

 

Lorsque je vois enfler le bedon de la mort

Posée au contrefort des superstitions,

Je me dis, en foulant le confort des prétentions_

Que n’aurais-je donné pour oindre du remords,

Sans le vriller, céans, d’un immodeste mors,

L’aveu du repentir accédant, quand il mord,

Au nanan de la vraie liberté, sans modération !  

 


Paris, l’adultère, ou Malibu, l’altière ?

Les pavés sous la plage, où la plage pavée

De licencieuses orgies berçant le dépravé ?

Entrailles fermentées, munies de têtières,

 

Elles longent les bassins de fornication,

Cette épaisse cuvette emplie à ras-bord

Du sang de vierges outrées, et qu’abhorre

L’ancêtre entretissé de rides de profanation.

 


S’il est un lendemain purgé du réceptif,

Un renouveau clivé aux chevilles du mal,

Je les veux voir en face ! non, de mes lacrymales,

Jamais, ne choiront de torrents intrusifs !!!

 

J’ai peur d’avoir eu peur, au temps admonesté

De la rouge luxure, en ces extravagances,

D’avoir aux miens désirs, supplanté tolérance ;

Quand je vois se faner, ivre, en sa défaillance,

Mon sourire d’enfant, flappi, en l’inscience,

Mon cœur perce le voile mité des vanités.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 3 mars 2021

DEPRAVAT ANCILIS* Déprave ancillaire

 

DEPRAVAT ANCILIS*

Déprave ancillaire

 

Espiègle, pour n’être point semblable

Aux gourgandines de luxueux salons,

Aux frêles muses en quête d’un étalon,

Elle faisait commerce appréciable

 

De ses nombreux atouts de camérière,

Ses modulatoires feintes d’amante

Poussée au geignement, qu’enfantent

Les ribaudes assouvies et fières…

 

Emplissant son cœur du vertige des louves,

Se voyait courtisane, noyée au baldaquin

De la grande noblesse, effleurant du coquin,

De salaces mimes, qu’impudique, elle couve.

 

Des breloques fanées, aux dentelles guipées,

Offrait sa nudité, sans rétention aucune,

A l’experte main du galant… la rancune,

Pour elle, n’étant _ c’est un fait_ stéréotypée.

 

D’aucuns prétendaient, sans le jamais prouver,

Qu’elle avait du sang bleu de l’infante d’hier,

La bourgeoise blessée, la riche héritière

Mue sous de noirs haillons, en triste réprouvée,

 

Pour du plaisir, accéder au palier… sans doute,

Pour tromper la gent coincée de l’ombre…

Aura-t-elle dupé les comtes les plus sombres !?

*

Est de grises impasses comme de larges routes,

De fatales censives écorchées… s’y encroûtent,

L’âme du pénitent prisonnier des décombres,

L'esprit de mécréants, sans nombre.

 

A t-elle des ailes, au soir où s’harmonisent

Les spires dévoilées du feu de parhélie,

Les nuances poudrées de miasmes d’aphélie ?

Le bonheur entaillait sa soif de mainmise,

 

Confiant à son miroir, en suivante vaincue

De contrastes, de moult dissonances,

Sa peur d’être trahie, aux vaines somnolences,

Du butor, comme du cacochyme, ayant vécus,

 

Et l’espoir, et l’envie, de paraître plus sages,

Quand l’aurore module des matins enneigés,

La claie sanglée de volutes, par trop ennuagées,

Et qu’aspirent les vents, au lointain paysage.

 

Immodestes, la lèvre baisée, le cou maniéré ;

S’y perdent les intentions louables, ces rus

Coulant à même les lacrymales férues

D’insolences princières, d’outrances ulcérées.

 

Si je pouvais épier de sa cognition, avec art,

Le double manifeste, pénétrer l’incurve allée

Martelée de fantasques promesses, déballer

De sa gêne, les retors éléments, les bizarres

Polymorphies de ses clichés, au hasard

D’autres cris étouffés en de sournois ballets…

 

Hélas ! En Paris éloignée des serres contadines,

Rien de plus laid, que ces grands boulevards,

Ces avenues empruntées de bavards

Au pétun frelaté de joutes, de badines.

 

Comme cette suivante grisée de confidences,

Aimerais de l’alcôve, goûter aux doux secrets,

Priser des froids conciliabules, le concret…

Comme elle, boire aux fontaines encrées

Aux mires de grand-place… là, consacrer

Ma plume, avec panache, en faisant allégeance

Aux disgracieuses plaintes, en l’air nacré

D’un jour apprécié du poète… en partance.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 2 mars 2021

LITTORA HARENAE* Plages de sable

 

LITTORA HARENAE*

Plages de sable

 

Découvrez des vallées, la plaine de Djeffara !

Du golfe de Gabès, aux trottoirs de Skhira,

Verrai naître des jours sublimés de l’aura,

Cerces de paysage que Zarzis instaura,

Des régions berbères, au nord des Accaras…

 

Des tribus d’Ouerghemma, aux portes de Beni Zid,

Les soleils ont dompté les averses acides

Traversées quelquefois, de rainures livides

Posées aux barlongues de tentures humides,

Et qu’isolent au soir, de minuscules rides.    

 

Du Dahar, aux dunes du grand erg, Médenine

Éparpille son sable, depuis le Nafusha ; intine

Et exine s’y mélangent à l’aube… de fines

Poussières enveloppent sa nappe diamantine.

 

Proche de l’oliveraie aux superbes ramures,

S’étire le shehili, après soufflées ; ses murmures

Balaient de l’enceinte jaunie, les vieux murs

Effrités en ces ides germées sous étamure…

 

Déviées des lagunes, serpentent les cours d’eau ;

S’y abreuvent les chamelles meurtries, au halo

De lumières cuivrées, au contraste pâlot

Adoucissant du désert le factice daleau.

 

En mes rêves lointains, mes oniriques pauses,

La méditerranée dévoile de l’affect morose,

Oasis pleines, mirages enclavés de surdose,

Dont j’emprunte parfois l’optique anamorphose.

 

  Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ANIMUS MEUS* Mon âme

 

ANIMUS MEUS*

Mon âme

 

Mon âme est une gare ; les rails qui l’enserrent

Etranglent mes colères, mes rires dévalués ;

C’est un vieil habitacle où s’allient, de concert,

Mes peines et mes joies, ma harangue huée.

 

C’est un appendice prisant de l’air du temps,

Les sulfureux miasmes de l’inhibition,

Les grises poussières emportées de l’autan,

Et qui du vent nouveau, aspire les pulsions.

 

Mon âme est un naos au ventre d’un empire ;

Les vierges l’entoilent de vaines litanies,

En narguent l’apparence ; vannées de soupirs,

S’y laissent enjuguer, sans en feindre déni.

 

C’est un couloir venteux sur une terre nue,

Une étrange jachère ; s’y viennent écobuer,

Remords et regrets enquillant l’ingénu,

Au matin embrumé d’ouateuses buées.

 

Mon âme, de la pâmoison fait réserve souvent,

Pour ne point, des brettes épointées, au jour,

S’alunir, avant de disparaître, en suivant

Des cancanes, la hideuse gorgerette d’ajour.

 

Quand elle fait silence, bercée du repentir

Dont se nimbe l’espèce en devenir, cœur battant,

J’accède, et sans me plaindre, m’abrutir,

Au Divin Marchepied… en m’y précipitant,

Je m’offre entier à Dieu, défait de l’hésitant

Laïus du stupide autochtone se laissant abêtir.

 

Mon âme est un palais aux colonnes d’airain,

Un manoir dressé sur champ de ruines…

N’y accèdent jamais, en des pleurs ivoirins,

Les serves délavées d’insoupçonnables bruines !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 1 mars 2021

POST HABENS…* Après avoir…

 

POST HABENS…*

Après avoir

 

Après avoir tondu les putains du Reich,

Emasculé les reîtres de la Germanie,

Etêté les prélats aux coupables manies,

S’en retournèrent fiers, rouler calèche.

 

Après avoir violé les lois républicaines,

Violenté le plus faible, asservi l’enfant,

Revinrent parader au son de l’olifant,

Du tam-tam des jungles africaines.

 

Après avoir pincé les vierges blessées,

Les froides pucelles de l’orphelinat,

Souillé le carmel, pour du catéchuménat,

Eteindre les besoins, les souvent agresser,

 

Occupèrent les stalles du monastère,

En séducteurs de la Rome papale…

Ignobles épicuriens, vils sardanapales ;

Tel le chiendent, ou le tenace lierre,

S’accrochent encor au magistère

D’éphémères empires d'un fief épiscopal.

 

Après avoir mordu au fruit de la luxure,

Au nanan du péché, boiront la coupe

A la lie… quand le mal les découpe,

Que l’orgueil les ponce… jusqu’à l’usure…

 

Personne pour les pleurer, ni les plaindre,

S’en inféoder, les fuir, ou les craindre.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021