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vendredi 26 février 2021

O QUANTUM CONTUMAX ! * Réfractaire ô combien !

 

O QUANTUM CONTUMAX ! *

Réfractaire ô combien !

 

Avant de naître en homme, de savoir,

De toucher de la vie, le galbe prometteur,

Ai fait de mes nuits blanches, en auteur,

Un sulfureux roman, quitte à décevoir

Ceux qui avaient compris le factice pouvoir

De l’amitié vaincue d’immondes séducteurs.

 

Avant de me soumettre aux amantes blessées,

D’avouer mon embarras, ma peur

De m’aliéner aux sentiments trompeurs,

Me suis fait échevin d’ordalies nuancées,

 

Refusant le paraître de la gent soumise

Aux règles ; le faubourg s'en harnache,

Piégeant le bourgeois sans attaches,

Tançant le faible… puis, l’uniformisent.

 

N’ai point la marche larvée du servant

Embrigadé de rêves écrasés, d’ambitions,

Factionnaire ivre de compromissions,

Ce sans-grade buté, au verbe décevant…

 

Je conchie le mufle en parade, ce retors

Infiltré aux banquets de silènes pansus ;

On le voit perdre pied, en noceur déçu

De n’être, en somme, que risible mentor,

Pygmalion désœuvré, ubuesque stertor ;

L’héritière le prive d'appâts cossus.

 

Avant de recueillir du temps-dérivatif,

Quelques prémices, pour sublimer

De l’espèce, les tares_ ai bitumé

Les créneaux de l’oligarchie, attentif

 

Aux courbettes du récipiendaire attifé

D’un diplôme acté, sans mesures

Accorées à sa foi… poussera à l’usure,

En servile impétrant_ c’est un fait !

 

Un bancal wagonnet, aux rails de l’Etat

Prétendu souverain… pauvre rigaudon

Ejecté du siège dont il s’était fait don,

Avant l’orage… maupiteux, sans constat.

 

Des tatillonnes chartes prévaricatrices,

Aux resucées livresques de la pédagogie,

Ces fades homélies ceintes de gabegie :

Tristes parades de pensées préceptrices,

 

Ai vomi l’itérative coulpe ânonnée d’élèves

Coincés en la stupidité d’enseignants

Sans réel savoir, de professeurs régnants

En instructeurs, sur l’enfance qu’achèvent

 

Les trompeurs clivés, en magisters piégés

D’obsolescentes formules puisées d’édits

De convenance : palimpsestes affadis

De trublions en mal d’érudition, encagés

De sophismes creusés d’esthètes outragés

De voir l’Education Nationale roidie,

Pénétrée d’amertumes voulant l’ennuager.

 

Pauvres lads, sans têtières, ni mors,

Factotums s’échauffant au pied de l’insert,

Fonctionnaires figés, péons, en un désert

De poussières, d’abandon, de mort…

 

Rassurés, à l’idée d’une belle retraite,

De sequins aisément gagnés, viatique

Pour un futur sans rites initiatiques,

Dont l’intellect encloue parfois, l’abstraite

Cognition aux pirouettes cycliques.

 

J’ai fait ce que j’ai pu, pour encorner l’envie

De n’être, de naître, en ces doux errements,

Altier ménestrel qui, aux enterrements,

Regarde le silence, écoute gésir la vie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 25 février 2021

MUTANT SYDROME* Syndrome mutant

 

MUTANT SYDROME*

Syndrome mutant

 

Derrière un triste masque, j’emmure

Chaque mot dont mon verbe s’attife ;

La douleur est une plaie qui griffe

Et l’âme, et l’esprit, ces fragiles armures.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SUAVIS AFFECTIO* Doux émois

 

SUAVIS AFFECTIO*

Doux émois

 

Douces émotions de mon esprit soumis

Aux lois parachevées de primes amours :

Joie, candeur, innocence, fol humour,

De prestes gazilles à qui, il fut permis

 

De clore de baisers, la lèvre bavarde,

Attiser de la bouche, de sulfureuses braises

Tisonnées en l’envie amputée du mésaise,

Et qu’affadit le deuil qui en l’âme, s’attarde.

 

Passives récréances de mon cœur rétif,

Charmé du tendron pris aux colichemardes

De cruels duellistes dévoilés de nos bardes,

Espiègles chantres au langage incisif…

 

Je te veux poète, aux fleurs du renouveau,

Troubadour, en l’extase de radieux matins…

Ton mutisme pénètre le vaporeux satin

Engainé aux cuissardes fulminées du prévôt.

 

Sur la soie pubienne de lascives mutines,

Mes mains ont effloré la délicate zone,

Où, ivres de malice, les phalanges cloisonnent

Le suave hymen, quand elles s’y agglutinent.

 

Posée au contrefort de ce doux matelas,

Ma respiration effeuille les geignements,

Autant qu’il lui soit prévisible… savamment,

Éclosent les renoncules filtrant la candela.

 


Entrouverts aux bâillements plus sombres,

Mes délires accotent le plaisir adjuvant…

J’accède au palier de ces cols éprouvants,

Ne pouvant résorber de sa lie, la pénombre

 

Drapant de l’ego, l’insupportable bâti…

Dilatoires, les inusables feintes enquillent

D’un flou, l’affect : cendreuses escarbilles,

Grisâtres poussières, sur l’amant abêti.

 

Avant que de me taire, de livrer ma superbe

A la folle vindicte, ai muselé, sans mal,

Sous la peau éclatée du stupide animal,

L’angélisme ouaté du confort de l’acerbe

 

Pincé d’acrimonie, dont le sarcasme enjôle

L’ironiste lié aux rivaroliennes joutes

D’un épanneleur, en l’engobe de croûtes :

Ornemaniste otage en sa propre geôle.   

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 24 février 2021

VIOLENTAM INTER DUOS AQUA* Violence entre deux eaux

 

VIOLENTAM INTER DUOS AQUA*

Violence entre deux eaux

 

 

Tu prives de mots, l'enfance de banlieue,

Sèvres de vérité, la jeunesse bafouée ;

Tu as tagué les murs, percé en son milieu,

La cité anonyme où cingle encor le fouet.

 

Tu séduis les hommes lâches, complexés:

Soldats du bitume, reîtres du macadam ;

N'ont plus de respect ; on les a expulsés,

Tels les coprolithes nauséeux, infâmes.

 

Tu armes les gamins, prostitues les gosses,

Éloignes de l'école, l'indocte, l'ignorant ;

Les mets en cage, les plonges dans la fosse

Où s'ébrouent vermine, larves de torrent.

 

Violence : mot magique pour ganaches

Accoudés au support d'époques en déclin ;

Tu brides le naïf en quête de panache,

Le benêt asservi, hissé au terre-plein.


Tu fais pleurer veuves et orphelins,

Sangles la femme, écorches la conjointe,

Aux soirs dessertis d'astres opalins ;

S'y effacent, les comètes disjointes.

 


Violence : vil éponyme de philosophes,

Invective de prétentieux scientistes 

Te liant à l'offense ; ils t'apostrophent,

Fardent ta cruauté ; puis, en absolutistes,

 

Dénouent des lois, les lacets ; rivent

Au joug sociétal, la plèbe maillonnée

Au règne despotique… là, dérive

L'inexpérimenté à l'esprit bâillonnée,

Cœur en lambeaux… tu exultes, jubiles,

De l'irréfragable volte ; t'encanailles

Au creux du lit douillet ; s'y agite l'habile,

Ce cauteleux klephte ; l'arrivisme le tenaille.


Au bout du tunnel de la repentance,

Au passage dévoilé du miroir, tu verras

De l'enfer, les flammes ; La Prépotence

Du Divin Rédempteur, de Son Feu, balaiera

 

De La Main,  folie et excès du péché

Baguant de l'homme, la notoire sagesse…

Tu mourras intestat... se feront empercher,

Tes funestes œuvres, ta factice sagesse !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 23 février 2021

APUD LAUTULAS DIMICATUM* Désaffection

 

APUD LAUTULAS DIMICATUM*

Désaffection

 

Se fanent les années en l’antre du malheur ;

Heures désaccordées, inutiles leurres,

Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs

Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PARENTUM MALIGNITATIS EXCOGITATS* Diablerie parentale

 

PARENTUM MALIGNITATIS EXCOGITATS*

Diablerie parentale

 

Larvaires, en de sombres impasses ;

En reptation, au ventre des ruelles,

En résilles de catin, viles, artificielles,

Drainent un venin d’impudiques candaces.

 

Eux, cul entre deux chaises, œil hagard,

Epient de la catin, la croupe incendiaire ;

Stériles en ces manœuvres, quoique fiers,

Ils franchissent les monts, où le faible s’égare.

 

Couples enchevêtrés d’immondices, de sueurs,

Parcourent le boulevard des noceurs…

S’y dévoilent, la chienne en quête de l’âme-sœur,

La gorgone poudrée, trahie de fades lueurs.

 

Sur les grands maréchaux, quand s’alune l’envie,

Les voilà, pétris de malsaines pensées…

Où est le sage, où marche l’insensée ?

Il n’y a que débauches, balbutiantes vies !

 

Ce miroir déformé que scrute encor l’enfant,

Est un artefact en liquéfaction, ectoplasme

Hantant la geôle du désir, floué de marasmes,

Ersatz d’un monde chu, que la rage pourfend.

 

Aux nuits inachevées, aux heures dévastées,

Je les regarde mordre au fruit de l’indécence,

Chevillés au péché d’Eve, sevrés d’innocence ;

L’hédonisme d’Epicure les vient enkyster.

 

Si j’ai nagé, comme eux, aux orgiaques flux,

Des eaux de la ribaude, ai su m’éloigner…

Ai déparé mon âme, pour la mieux soigner…

Me voilà, ceint d’espoirs attisés en l’influx !

 

O Dieu, mon Maître, viens éteindre le feu

De ces riches suppôts dont le Diable toilette

L’existence, de mensonges, qu’émiettent

Les vents de la vraie liberté !… Tu le peux !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 22 février 2021

LES CONQUERANTS José Maria de Heredia

 

LES CONQUERANTS

José Maria de Heredia

 

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

Fatigués de porter leurs misères hautaines,

De Palos, de Moguer, routiers et capitaines

Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

 

Ils allaient conquérir le fabuleux métal

Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

Et les vents alizés inclinaient leurs antennes

Aux bords mystérieux du monde occidental.

 

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,

L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques

Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

 

Ou, penchés à l’avant des blanches caravelles,

Ils regardaient monter en un ciel ignoré

Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

José Maria de Heredia