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jeudi 25 février 2021

SUAVIS AFFECTIO* Doux émois

 

SUAVIS AFFECTIO*

Doux émois

 

Douces émotions de mon esprit soumis

Aux lois parachevées de primes amours :

Joie, candeur, innocence, fol humour,

De prestes gazilles à qui, il fut permis

 

De clore de baisers, la lèvre bavarde,

Attiser de la bouche, de sulfureuses braises

Tisonnées en l’envie amputée du mésaise,

Et qu’affadit le deuil qui en l’âme, s’attarde.

 

Passives récréances de mon cœur rétif,

Charmé du tendron pris aux colichemardes

De cruels duellistes dévoilés de nos bardes,

Espiègles chantres au langage incisif…

 

Je te veux poète, aux fleurs du renouveau,

Troubadour, en l’extase de radieux matins…

Ton mutisme pénètre le vaporeux satin

Engainé aux cuissardes fulminées du prévôt.

 

Sur la soie pubienne de lascives mutines,

Mes mains ont effloré la délicate zone,

Où, ivres de malice, les phalanges cloisonnent

Le suave hymen, quand elles s’y agglutinent.

 

Posée au contrefort de ce doux matelas,

Ma respiration effeuille les geignements,

Autant qu’il lui soit prévisible… savamment,

Éclosent les renoncules filtrant la candela.

 


Entrouverts aux bâillements plus sombres,

Mes délires accotent le plaisir adjuvant…

J’accède au palier de ces cols éprouvants,

Ne pouvant résorber de sa lie, la pénombre

 

Drapant de l’ego, l’insupportable bâti…

Dilatoires, les inusables feintes enquillent

D’un flou, l’affect : cendreuses escarbilles,

Grisâtres poussières, sur l’amant abêti.

 

Avant que de me taire, de livrer ma superbe

A la folle vindicte, ai muselé, sans mal,

Sous la peau éclatée du stupide animal,

L’angélisme ouaté du confort de l’acerbe

 

Pincé d’acrimonie, dont le sarcasme enjôle

L’ironiste lié aux rivaroliennes joutes

D’un épanneleur, en l’engobe de croûtes :

Ornemaniste otage en sa propre geôle.   

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 24 février 2021

VIOLENTAM INTER DUOS AQUA* Violence entre deux eaux

 

VIOLENTAM INTER DUOS AQUA*

Violence entre deux eaux

 

 

Tu prives de mots, l'enfance de banlieue,

Sèvres de vérité, la jeunesse bafouée ;

Tu as tagué les murs, percé en son milieu,

La cité anonyme où cingle encor le fouet.

 

Tu séduis les hommes lâches, complexés:

Soldats du bitume, reîtres du macadam ;

N'ont plus de respect ; on les a expulsés,

Tels les coprolithes nauséeux, infâmes.

 

Tu armes les gamins, prostitues les gosses,

Éloignes de l'école, l'indocte, l'ignorant ;

Les mets en cage, les plonges dans la fosse

Où s'ébrouent vermine, larves de torrent.

 

Violence : mot magique pour ganaches

Accoudés au support d'époques en déclin ;

Tu brides le naïf en quête de panache,

Le benêt asservi, hissé au terre-plein.


Tu fais pleurer veuves et orphelins,

Sangles la femme, écorches la conjointe,

Aux soirs dessertis d'astres opalins ;

S'y effacent, les comètes disjointes.

 


Violence : vil éponyme de philosophes,

Invective de prétentieux scientistes 

Te liant à l'offense ; ils t'apostrophent,

Fardent ta cruauté ; puis, en absolutistes,

 

Dénouent des lois, les lacets ; rivent

Au joug sociétal, la plèbe maillonnée

Au règne despotique… là, dérive

L'inexpérimenté à l'esprit bâillonnée,

Cœur en lambeaux… tu exultes, jubiles,

De l'irréfragable volte ; t'encanailles

Au creux du lit douillet ; s'y agite l'habile,

Ce cauteleux klephte ; l'arrivisme le tenaille.


Au bout du tunnel de la repentance,

Au passage dévoilé du miroir, tu verras

De l'enfer, les flammes ; La Prépotence

Du Divin Rédempteur, de Son Feu, balaiera

 

De La Main,  folie et excès du péché

Baguant de l'homme, la notoire sagesse…

Tu mourras intestat... se feront empercher,

Tes funestes œuvres, ta factice sagesse !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 23 février 2021

APUD LAUTULAS DIMICATUM* Désaffection

 

APUD LAUTULAS DIMICATUM*

Désaffection

 

Se fanent les années en l’antre du malheur ;

Heures désaccordées, inutiles leurres,

Accrochés au bout de nos larmes, ces pleurs

Ruisselant au matin, au faîte des douleurs.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

PARENTUM MALIGNITATIS EXCOGITATS* Diablerie parentale

 

PARENTUM MALIGNITATIS EXCOGITATS*

Diablerie parentale

 

Larvaires, en de sombres impasses ;

En reptation, au ventre des ruelles,

En résilles de catin, viles, artificielles,

Drainent un venin d’impudiques candaces.

 

Eux, cul entre deux chaises, œil hagard,

Epient de la catin, la croupe incendiaire ;

Stériles en ces manœuvres, quoique fiers,

Ils franchissent les monts, où le faible s’égare.

 

Couples enchevêtrés d’immondices, de sueurs,

Parcourent le boulevard des noceurs…

S’y dévoilent, la chienne en quête de l’âme-sœur,

La gorgone poudrée, trahie de fades lueurs.

 

Sur les grands maréchaux, quand s’alune l’envie,

Les voilà, pétris de malsaines pensées…

Où est le sage, où marche l’insensée ?

Il n’y a que débauches, balbutiantes vies !

 

Ce miroir déformé que scrute encor l’enfant,

Est un artefact en liquéfaction, ectoplasme

Hantant la geôle du désir, floué de marasmes,

Ersatz d’un monde chu, que la rage pourfend.

 

Aux nuits inachevées, aux heures dévastées,

Je les regarde mordre au fruit de l’indécence,

Chevillés au péché d’Eve, sevrés d’innocence ;

L’hédonisme d’Epicure les vient enkyster.

 

Si j’ai nagé, comme eux, aux orgiaques flux,

Des eaux de la ribaude, ai su m’éloigner…

Ai déparé mon âme, pour la mieux soigner…

Me voilà, ceint d’espoirs attisés en l’influx !

 

O Dieu, mon Maître, viens éteindre le feu

De ces riches suppôts dont le Diable toilette

L’existence, de mensonges, qu’émiettent

Les vents de la vraie liberté !… Tu le peux !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 22 février 2021

LES CONQUERANTS José Maria de Heredia

 

LES CONQUERANTS

José Maria de Heredia

 

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

Fatigués de porter leurs misères hautaines,

De Palos, de Moguer, routiers et capitaines

Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

 

Ils allaient conquérir le fabuleux métal

Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

Et les vents alizés inclinaient leurs antennes

Aux bords mystérieux du monde occidental.

 

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,

L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques

Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

 

Ou, penchés à l’avant des blanches caravelles,

Ils regardaient monter en un ciel ignoré

Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

José Maria de Heredia

 

dimanche 21 février 2021

DUO INTER SE ERUMPIT* Entre deux pauses

 

DUO INTER SE ERUMPIT*

Entre deux pauses

 

Je fais le tour de songes obérés de disgrâces ;

En de subtiles danses, tournoient, virevoltent,

Sans se préoccuper de l’onirique trace

Imprégnant la douceur de salves de révolte.

 

Minuit vient cheviller à mes lubies actives,

D’inlassables semonces, dont le butoir excite

Le sommeil lesté de fantasmes, et, qu’avive

L’imaginaire peuplé d’obsessions illicites.

 

Au glas de mes nuits blanches, quelquefois,

S’entrelacent de perceptibles rires ; ils butent

Aux parois du silence transpercé du froid

Encloué de rumeurs que l’angoisse culbute.

 

Je survole les heures de mon devenir,

Les minutes du temps à assagir, sans blesser

De l’ego manifeste, pour seul, l’entretenir,

L’inappréciable orgueil le voulant offenser.

 

Moulé entre deux pauses, je duvète l’espoir

D’un satin brocheté, d’une soie de rayonne ;

Mes soupirs torsadés du performant guipoir,

Agonisent au matin où l’aube les crayonne.

 

  Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 20 février 2021

IMBRIBUS* Noires averses

 

IMBRIBUS*

Noires averses

 

Un jour de pluie... un jour comme un autre ;

La faune s’en revient d’une lourde paissance,

Les bruines butinent le grand port de plaisance ;

S’y affairent des hommes dont l’audace est nôtre.

Un jour de crachin sur la mer démontée ;

Les barques domptent la houle, aux tempêtes

Crachant le venin de vents qui s’émiettent

Avant de se purger de la chaleur d’été…

Un jour d’averse perçant la canopée ;

Lianes et marcottes s’entrelacent, s’étreignent

Sous le halo des cimes, et que jamais n’atteignent

Les rudes bourrasques s’y voulant agripper.

 

Quand il pleut sur la berme talée du troupeau,

Les crevasses piègent les marchands pressés

De rejoindre la ville, son marché… oppressés,

Ils longent le sentier, en pérégrins groupaux.

 

Quand il pleut sur mon lit, de solitaires larmes,

S’éteignent mes soleils, mes princières lunes ;

Je voudrais, en l’aurore, contrer mon infortune ;

Hélas, n’est de l’absence, qu’inoffensives armes !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021