IN QUINDECIM*
A quinze ans
J’ai, moi aussi, traîné sur l’avenue
Où l’on refait le monde… à quinze ans,
Genoux écorchés, frondeur, cœur à nu,
Caressions les filles ; au matin, apaisant
Du mal les meurtrissant... parfois,
La peur de devenir pauvres femmes,
D'abandonner le nid au faîte du beffroi,
Sans pudeur, quand rougeoie leur flamme.
A quinze ans,
Je mordais la peau de l’hédonisme,
La balèvre aux cruelles gerçures ;
Ma peau, ce chiffon d’atavisme,
Attisait le sang de mes blessures.
Maladroitement, en de baveuses mues,
Je quittais l'antre de la puérilité, devenant
Arsouille de pygocoles lubies… ému
D’être, de la métempsychose, prévenant
Quant au style... naïf acolyte de cour,
Dont les drôlesses qui arguent faiblesses,
Fardent ostensiblement du parcours,
Les stigmates de fébriles détresses.
A quinze ans,
Vidé de ma substance, j’émiettais,
Des ripailles, l’orge de complaisance,
Prisais du pétun d’épicurisme flouté,
Le perlot d’ouateuses volutes d’offenses.
Ai, comme vous, braves gens de jadis,
Bu le lait des nymphes, ces mousmés
Prises en deux courants d’air, en jocrisse
Bavant son pucelage de gosse désarmé.
Mes espoirs ont pris l’eau, mes désirs fondus
Ont fait de vos fêtes, vêpres de convenance ;
Ai, en reptation, longé des sous-entendus
De barbons, l'immodeste constance.
A quinze ans,
Se roidissaient mes larmes
D’adolescent hardi, peut-être lâche,
Rêvant en écolier passif, du charme
Qui émane de mutiques potaches.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021







