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vendredi 19 février 2021

IN QUINDECIM* A quinze ans

 

IN QUINDECIM*

A quinze ans

 

 

J’ai, moi aussi, traîné sur l’avenue

Où l’on refait le monde… à quinze ans,

Genoux écorchés, frondeur, cœur à nu,

Caressions les filles ; au matin, apaisant

 

Du mal les meurtrissant... parfois,

La peur de devenir pauvres femmes,

D'abandonner le nid au faîte du beffroi,

Sans pudeur, quand rougeoie leur flamme.

A quinze ans,

Je mordais la peau de l’hédonisme,

La balèvre aux cruelles gerçures ;

Ma peau, ce chiffon d’atavisme,

Attisait le sang de mes blessures.

 

 

Maladroitement, en de baveuses mues,

Je quittais l'antre de la puérilité, devenant

Arsouille de pygocoles lubies… ému

D’être, de la métempsychose, prévenant

 

Quant au style... naïf acolyte de cour,

Dont les drôlesses qui arguent faiblesses,

Fardent ostensiblement du parcours,

Les stigmates de fébriles détresses.

A quinze ans,

Vidé de ma substance, j’émiettais,

Des ripailles, l’orge de complaisance,

Prisais du pétun d’épicurisme flouté,

Le perlot d’ouateuses volutes d’offenses.

 *

Ai, comme vous, braves gens de jadis,

Bu le lait des nymphes, ces mousmés

Prises en deux courants d’air, en jocrisse

Bavant son pucelage de gosse désarmé.

 

 

Mes espoirs ont pris l’eau, mes désirs fondus

Ont fait de vos fêtes, vêpres de convenance ;

Ai, en reptation, longé des sous-entendus

De barbons, l'immodeste constance.

A quinze ans,

 Se roidissaient mes larmes

D’adolescent hardi, peut-être lâche,

Rêvant en écolier passif, du charme

Qui émane de mutiques potaches.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 18 février 2021

LUCIDITY* Implosion

 

LUCIDITY*

Implosion

 

Aux heures folles du sombre devenir,

S’enfouissent rêves et fantasmes goulus ;

Ne tient plus qu’à un fil_ l’a t-on voulu ?

Notre vie d’androïde, en ce noir avenir.

 

Sans verdeur, l’existence se débilite,

S’étiole au parvis de la résurgence…

Le temps, cet artefact de la sénescence,

Encave la pensée ; l’espoir l'habilite.

 

Aux heures figées, qu’entaille l’agonie,

Le corps s’imperméabilise, sans combattre

L’ombre entoilant nos silhouettes albâtres,

Ni vaincre les degrés de roides gémonies.

 

La mécanique de prosimiens, son schème,

Son profil rabougri, au moite crépuscule,

Font un bruit de breloques… acculent

Le faible, en l’impasse ou perce l’anathème.

 

Aux heures fardées de mensonges d’ascètes,

Le rite flou du catéchuménat, absout

Le mécréant, dont la morgue dissout

De la ferveur, la repentance, prête

A faire du croyant, quand, ému, il s’apprête

A convertir l'âme dégorgée de la soue,

Un nouvel épigone… plus rien ne l’arrête.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 17 février 2021

NOCTIBUS* Nuits

 

NOCTIBUS*

Nuits

 

Nuits de sacrilèges, de débauches, d’ivresses,

Nuits profanées d’amants sous les guenilles,

Que faites-vous, ô nuits floues de détresses,

Quand la peau du péché, de Rome, à Manille,

Vêt les iconoclastes de dispendieuses messes ?

 

Nuits de mort, de souffrances, de deuils,

Voyez au gris pavé de la désespérance,

L’âme estropiée, l’esprit nu ; ils s’effeuillent

Aux laudes écalées de mornes insolences !

 

Nuits cendrées, qui du songe, atteignent

Les degrés du confort onirique, les marches

De l’irréel, regardez, quand la vision saigne,

L’offensante blessure du sage patriarche !

 

Nuits sybaritiques, vécues de l’odalisque,

Déliez de vos frasques, la grandiloquence !

Seriez-vous, à ce point, moulées en trochisque,

Qu’il faille vous gaver de corne d’abondance ?

 

Nuits évincées de l’astre d’Epiméthée, du ventre

De Mercure, de l’esprit d’Umbriel, de Trinculo,

Qui mandate vos actes bercés du barycentre

De Caliban, l’esclave rivé au cône de trullo ?

 

De longues nuits d’orage, au matin renaissant,

De fades nuits poudrées de quotidiens frimas,

A l’éveil butiné de la douce rosée, l’indécent

Vous fait fête, puis, s’affaisse aux langes du coma.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 16 février 2021

BISSENOS MULTUM NEBULAE TURBINIBUS* Brouillards de solitude

 

BISSENOS MULTUM NEBULAE

TURBINIBUS*

Brouillards de solitude

 

Le ciel cotonneux désactive mes rêves,

Pour me faire oublier la haine des miens,

La cruauté de ceux dont la fielleuse sève

Abâtardit l’espèce de vils prosimiens.

 

L’azur se fait rétif, refusant de m’offrir,

Un rayon sous la nue, un rai de liberté ;

Il vient mordre, pour me faire souffrir,

Au nanan de ma vie, peu à peu, désertée

 

De ceux qui, hier, m’offraient large sourire ;

Ma solitude encloître, sans les domestiquer,

Les passions, et qui sans coup férir,

Agrémentent mes songes cosmétiqués.

 

Je regarde mourir, aux plaintives ventées,

L’enfance emmurée de souffrances… mon dos

Ensanglanté de perverses mains, hantées

Par le désir de tuer… ils m’appelaient Mando,

 

Pour farder d’apparence, le mal les chevillant ;

Ces caïnites castes, illusoire fratrie poudrée

De mécréance, ces êtres qui se croient vaillants,

Et qui, âmes damnées, s’égarent sous l’adret

 

Du col infranchi du profane : L’Amour, le Vrai,

Celui que voudrait abêtir l’arsouille engrossé

D’inepties propres à déconcerter l’ivraie,

La famille rusée, ce clan toujours drossé,

 

Au moindre courant d’air, vers l’abîme

Où s’ébrouent les pécheurs de ce monde,

Irascibles impies, dont la toge s’abîme

Aux crantages d’un haquet immonde.

 


Si de ma solitude, émanent des chagrins,

De mon cœur orphelin, percent des joies ;

Nul ne les peut éteindre… en digne pérégrin,

J’efface de mes traces, les rides qui rougeoient.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 15 février 2021

POWDERING* Poudroiement

 

POWDERING*

Poudroiement

 

De voir fleurir les roses voulant s’épanouir,

A donné à mon cœur, une grâce nouvelle…

Lorsque j’ai vu, à l’aube, l’ondée s’évanouir,

Nageait au ciel nouveau, la noble bartavelle,

J’ai su que les saisons, propices aux civelles,

Poudroieraient les marées, sans les plus éblouir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

MANE MISCENDAM EBRIETATEM* Matutinales ivresses

 

MANE MISCENDAM EBRIETATEM*

Matutinales ivresses

 

Je t’avais fait promesse, au matin radieux,

De t’offrir de mon cœur, les généreuses perles,

Quand, au clair renouveau, le gazouillis du merle

Eveille la rosée bercée de sons compendieux.

 

En un cérémonial unissant les amants,

Nos lèvres harmonisaient des fugaces baisers,

La douceur parfumée de teintes irisées,

Agrémentées de mots enquillés de serments,

Rétives en ces miroirs où l’amour s’abandonne...


Ton trouble permanent, tes mécaniques gestes,

Semblaient illusionner de ma joie immodeste,

La ferveur du galant soumis à la maldonne.

 

Que n’aurais donné, pour percer du mystère

Obombrant ta superbe en ces froides coulées !

Du rituel sans fard, s’y semblaient démouler,

D’autres dépits, en un tropisme austère.

 

J’ai aimé… t’ai aimée, sans comprendre parfois,

Le deuil dont ton passé entoile de clichés,

L’étrange réminiscence : remembrance affichée,

Pour soumettre l’affect grimaçant en ces froids.

 

Ma plume dénude des pensées anamorphes,

Quelque douteux témoin, fidèle suppléant

De ses incartades… en des délires saillants,

Sous le transport muté du flou téléomorphe ;

 

Voudrais du devenir, y puiser, sans autres,

L’audace et la retenue : malsains mélanges

Etrillant du bretteur à la pointe d’alfange,

Grotesque pochade, bien qu’elle soit nôtre…

 

En la matutinale, éclose dès potron, l’amour

S’est envolé… nos rêves compulsés ont fui

Des chemins contraires, et la peine, et l’ennui,

Dépossédés, comme aux plus belles nuits,

De l’auréole rehaussant le fastueux ajour,

Quand l’âme esseulée vaque au petit jour,

Avant de s’effacer du seuil de l’éconduit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 14 février 2021

IMBROGLIO* Confusion

 

IMBROGLIO*

Confusion

 

Aux noces bafouées de la gent moralisatrice,

S’éveillent, mensonges et sous-entendus…

Le cœur fait ce qu’il peut, des lois adaptatrices,

Pour alléger l’esprit lié d’actes distendus.

 

Aux rêves écrasés de pugnaces mégères,

S’amplifient des désordres, froides cales ;

S'y imposent, des lubies étrangères

Aux désirs griffés de possessifs squales.

 

Il est des routes longées de l’immorale,

Sentes étrécies, dont nos pas font la nique,

Aussi des bermes jouxtant les cathédrales

Cernées d'apocryphes, de règles claniques.

 

Aux corps repus d’éphémères passions,

Aux âmes accorées au verbe délétère,

Je dédie mon mépris, défait des pressions

Exercées sur l’amant que l’éthique atterre.

 

Pour ne plus être moi, vil ego manifeste,

Ce bâti assiégé de causes supputées,

Me suis désenclavé de la minable queste

Dont s’absout le vassal, le voulant amputer.

 

Demeure_ grand bien m’y fasse ! _ l’affranchi

D’un fief sans inféodation… libre, ô combien !

Je franchis les stigmates où le servant conchie

La noblesse blessée, lestée de tous ses biens…

 

Ma peau est un soleil dont les spires honorent

Le trouble déserté d’audibles apostrophes…

Nègre, en ces jouissances enchatonnant le corps,

Je conquis des métempsycoses, l’inutile accord

Muant tous les esclaves soumis en théosophes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021