ADMONITIO*
Admonition
S’il faut de la mémoire évincer les tumultes,
Il nous faut aussi purger la remembrance,
De sombres souvenirs teintés d’indifférence,
Quand le plus faible, au péché, rend un culte !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
ADMONITIO*
Admonition
S’il faut de la mémoire évincer les tumultes,
Il nous faut aussi purger la remembrance,
De sombres souvenirs teintés d’indifférence,
Quand le plus faible, au péché, rend un culte !
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
NE SOMNIS*
Emperchez
mes rêves
Faites-moi des nuits blanches, encor voir
Les lutins musardant sur la voie périastre,
Les kobolds germains, s’il se met à pleuvoir
En nos rêves déçus, dénoués du désastre !
Montrez-moi le chemin emprunté de l’ondine,
Le sentier parcouru du pan des fontaines !
M’y laisserai bercer de futiles comptines,
Semblables aux fabliaux du sieur Lafontaine.
Entrouvrez pour me plaire, l’antre de Mélusine,
Le portail de Morgane, le fief de Lusignan !
Poudré de froides neiges, parfumé de résine,
Le domaine de Nyx voilera ses banians…
Quand je les vois courir au centre du repos,
Braver la nébuleuse excoriée de sa mue,
Remuer des brumailles, l’indestructible peau,
Je me dis:_ les sylves pantelantes, émues
N’ont plus, hélas, aux sorgues de Dryoma,
De leur devenir, que silhouette fanée, profil
Ridé de laiderons figés, émargés du coma ;
S’y engouffre le Drac, aux astres qui défilent !
Elargissez la berge des pas désunis, quand,
Gorge pleine, grisé de mandragore, Iratxo
De guingois, écoute Poulpiquet, aux décans,
Déclamer en l’automne, au son bref du saxo_
Je dompte de la butte aux Cerfs, aux froids,
Le faîte ennuagé, afin d’en amortir, aux lunes,
Les sinueux crantages conduisant au beffroi
Du royaume de l’Ogres aux pierres falunes.
Paupières mi-closes, j’extrais en lapidaire,
Les précieuses gouttes du sommeil à venir…
Défroissé, sous les draps qui l’adhèrent,
Mon corps rythme du temps décadaire,
Aux houleuses minutes, les heures à bannir.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
NOCTES*
Nuit après
nuit
Je n’ai pour toute famille, qu’une plume
De laquelle naissent des harmonies,
Quelquefois… de nobles symphonies
Au revers d’accords que le passé bitume.
Ne s’éteignent jamais les humiliations
Eventrant de ma vie, le majestueux retable ;
De ce riche triptyque, en l’humeur agréable,
S’évanouissent les tons de la conception.
Je suis un chien battu, sans niche, ni écuelle ;
Mes sourires fardent encor du possible,
Avant que de sombrer, les degrés accessibles
Empruntés de jobastres en d’étroites ruelles.
Je n’ai pas d’amis, ni d’âmes à consoler…
Longeant les rails d’un monde mécanique,
Sans espace, ni lune… les liaisons claniques
M’éloignent de la gent me voulant isoler.
Mes pas se sont défaits des marches nuptiales,
Qui, du parvis, au lit, accouplent les amants
Scellés de vanités, d’inclassables tourments,
De mensonges feutrés, de passions abyssales.
Quand je m’en irai voir s’affermir le cosmos,
Mes nuits ne seront plus rivières de larmes,
Mes jours auront vaincu l’irrésistible charme
Des sirènes goulues que les vices engrossent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
HIBERNIS
AUTEM HUMORIS*
Hivernale
moiteur
O pâle douceur des matins hivernaux,
Quand le petit jour bâille d’un radieux cil !
La brume se disperse, en volutes dociles
Nimbant l’aube claire de rais subliminaux.
Février en escale sur les jardins flottants,
Pose sa chaude mante au faîte du bel arbre
Peu à peu, obombré d’un Hercule de marbre,
Où de cette Aphrodite au regard hésitant.
En la molle paresse de l’aurore alanguie,
S’étire ma doublure de rêveur amorti
D’oniriques chimères, de pensées abêties,
Dont s’animent encor les sorites groggys.
Sur la couche voilée de cette servitude,
L’empreinte de ma mue encercle les suées
De désirs consommés, consommables, liés
Au désordre foulé de brèves assuétudes.
Refoulant des craintes, l’approximable chute,
J’erre sous le duvet de l’étrange paresse,
Cette indolence clivée de maladresses,
Et qui de l’aboulie, se trop souvent permute.
J’aime à me fractionner en-deçà de l’errance,
Ecarteler de la pleine constance, la fixité…
Que n’ai-je, aux grimes de l’affect, plébiscité
L’emphase, avant que de me taire… l’absence
Est un remords sans pathos, ni gêne !…
Ne se peut compromettre celui qui l’agrémente
De douteuses pratiques… se peut-il qu’il mente
A son ego, pour enclore en ses gènes,
Le douzil du sang que les larmes égrènent,
Les regrets, subtilement, fermentent !?
En l’hiver enneigé de discourtois flocons,
Ma dégaine meurtrie de la roide froidure,
Vient puiser en l’éveil, cela, si elle dure,
La fatale coulée… de l’ivresse… au flacon.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021
ITERUM HESTERNO
DIE…*
Hier encor…
Les filles que j’ai aimées…infidèles amantes,
Rosières de mai, ou sages damoiselles,
Celles qui nous attirent, nous aimantent,
Qui sourient, avant qu’elles nous mentent,
S'imaginent avoir encor des ailes.
Femmes devenues sur la couche fanée,
Aux bras d’un homme sans attirance,
Dénouent des souvenirs, en l’absence,
Les soyeuses dentelles du désir intense,
Devenu sépia d’archaïques années.
Ai, à leur source, bu, en ces ides cuivrées,
Où le soleil grime de la joviale face,
L’imprécise moulure dont se délacent
Les formules nous voulant enivrer.
Sans de leurs sentiments, aspirer l’affectif…
Aussi, n’ai-je du remords concis, réactif,
Qu’illusoire concept, en l’influx imbitable.
Les filles de mes quinze ans, tendrons
Parfumés d’insolence, ont fait de moi,
Au soir, quand leurs rêves larmoient _
Je crois qu’elles m’entendront _
Pauvre pérégrin assoiffé d’aventures,
Flâneur sans attaches… fleur au fusil,
Je trimarde heureux, faisant fi des sursis,
D’aléas émargés de mes villégiatures.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
IN
OMNIBUS SE CAPTI*
Piégé malgré
soi
Personne n’aime, aux sombres décisions,
Se voir, du raisonnable, purger sans raisons ;
Le miroir du destin se joue des illusions
Dont l’homme cerne aux primes saisons,
Les factices reflets… sans compromissions.
Sommes-nous à même d’éteindre la colère
Grandissant en nos vies, d’oublier la peur
Aspirant de l’espèce, quand elle décélère,
Les degrés à franchir, avec torpeur ?
Enfoui sous l’ego, le prétentieux éveille
De la rhétorique, le pompeux scientisme…
N’est rien de plus trompeur, aux veilles,
Aux somnolences, qu'un captieux sophisme
Pommadant l’intellect, avant de l’indexer
Aux mémorielles côtes dont la capacité
Sape le cognitif, comme pour en vexer
Du sujet, la fragile réserve… hésiter,
Semble pour lui, seule issue possible…
Il bat alors sa coulpe, le regard embué,
L’esprit défait… en ces humeurs cessibles,
Le sujet brisé n’a plus qu’à ponctuer
Son mésaise, d’un fourbe acquiescement,
Sa gêne, d’un fallacieux accord… larvaire,
En ces désordres proches du dénuement,
Il pommade la honte le muant en pervers.
Personne ne se veut assujettir au mal,
Si le mal obvie du cylindre de la probité,
Pour laisser l’âme, de l’empreinte optimale
De la foi conductrice, sans jamais douter,
Aspirer contenance, quand le cœur dérouté,
Le fidèle s’humilie, sans craindre l’animal
Parasitant ses jours, peu à peu, éventés…
Le pénitent s’abandonne à son Dieu…
Plus rien n’a d’importance ! Le Calvaire
Devient sa délivrance… en Chrétien Pieux,
Se soumet au Créateur, Maitre de l’univers.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2021