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mardi 2 février 2021

ERUBESCEBANT* L’humiliée

 

ERUBESCEBANT*

L’humiliée

 

Immobile, blessée par la foule en liesse,

Se laisse fondre au milieu du chahut…

Sent le souffle de ceux qui l’oppressent,

L’assourdissent, en ce tohu-bohu.

 

L’âme en peine, prisonnière du flot,

Dont la rage clanique déchire l’espace,

Se voit invectiver, même du gourdiflot,

Jadis, talant ses perceptibles traces.

 

Ses lubies d’amante, ses folies d’harengère,

Ont, des pleines débauches, et sans mal,

Attisé les braises du malheur… étrangère

A la plèbe aux grognes extrémales,

 

La voilà, vaincue de l’audace, dont parfois,

Elle flatte, sans réserve aucune, l’attrait ;

Ses yeux quémandent indulgence, au froid

De ces regards, et qui, céans, l’effraient…  

 

Femme, sans être docile… serve, sans être soumise,

Elle puise de l’attente, avant le couperet,

Rogatons d’infortune… aimerait, en promise,

Gravir du parvis, au laraire, l’étrange ableret,

 

Où, prise au filet de consommables noces,

Sa chair distillerait de louables étreintes…

Sa bouche confesserait, grisée de sacerdoces,

Cette fidélité acquise… et sans plaintes.

 

Mais… ses geôliers sont là… incivils, pugnaces,

Brandissant l’oriflamme du châtiment !

Puisque tu as, chaque nuit, en tes nasses,

Capturé sous fraie, tes pernicieux amants,

 

Modulé la faiblesse de pauvres céladons…

Puisque tu as su des familles unies, altéré

Le portrait, enjugué à ton rets, sans pardon,

La paisible fratrie, tu seras lapidée, enterrée

 

Sous le butoir de la rectitude… la mort

Te fera voir du miroir écaillé, le tain

De cette démesure ayant servi de mors

Aux hommes aboutés, privés de clairs matins…

 

Ecoute sonner le glas, pécheresse conquise

De minables gaziers au faîte des vanités !

De ton vieux cœur-breloque, s’attisent

Des cendrures… entends-les crépiter !

 *

Femme, je te regarde, sans te jamais juger !

Ai tant de fois maquillé mon honneur

Du fard d’indiscipline… si tu les viens jauger,

Tu verras de mes tares, l’immodeste malheur

 

Scander, gorge pleine, avant que de me lier : _

Il est de ces manants emmurés d’infractions ;

Son indocilité, fait preuve de défis… allié

Au désordre des pairs, se joue des séditions…

 

Sommes, toi et moi, inutiles blessures…

Que ne puissions-nous être riches d’espoir !

Celui du Seigneur, qui, couvert d’injures,

Agrémente l’esprit, de la foi… faut y croire !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 1 février 2021

AMELIE

                                                         

AMELIE

 

Il est des avantages en pointes,

De ces plaisirs du bout des doigts,

Qui ne vaillent_ cela, sans passe-droit_

L'insolent confort, quand disjointes,

Les émotions canalisent la joie…

 

Amélie était soubrette d'un riche lord;

Coquette, sans en avoir l'air, elle rêvait

De baldaquin, de plumes; la nuit, crevait

De ses pauses, l'insatiable bedon… lors,

 

Rêvait de ce qu'elle pourrait offrir

A l'amant, si sa peau l'attirait promit

De s'abandonner, quand l'épris, insoumis,

Délacerait ses dentelles, sans souffrir

 

Un refus, lui, dont les rites crispaient

Parfois, le troublant mimétisme,

Dont le souffle liait, sans ascétisme,

La réceptive peur ; d'impudence, drapée.

 

Amélie retenait de ces contorsions,

Corps brûlant, la manœuvre;

Heureuse, se glissait, en pieuvre,

Entre ses phalanges et sans rétorsion,

 

Entrebâillant des cuisses, le portail,

Aux nuits d'encre, au petit matin bleu,

Aux folles chutes calamistrées du feu

De sa rose toison: joyau chu des entrailles.

 

La déchirure flattée  de l'amativité,

Emprisonna, du mâle désemparé,

Le chevillon… pour se l'accaparer ;

Subtil procédé, ceint de créativité…

 

Sous la cyme l'encoffrant, la ferveur

Du rusé, lapa du lait de l'aréole,

La généreuse glaire, les sucs  d'alvéoles

Puisés du liquide, en sa douce saveur.  

 

Le froissement de la chair modula

De la retenue, chaque ridule

Noyée en ce cylindre… sous opercule ;

Enclavés d'impatience, peu à peu, scella

 

Du manifeste, les lois… le jeu en valait

La chandelle, car de l'hydrorrhée  

Perlaient de moites grêlons… ils couraient

De la peau, aux sillons, qu'avalaient

 

Les aigrettes du val pubien…

Brisés en la constance de l'eurythmie,

Défaits d'apparence, en l'accalmie,

S'enveloppèrent de délices sans liens.

 

Giflés de vents contraires, d'euphorie,

Posèrent sur la couche bancale,

Méritoire repos... de la fronce percale

Du drap, s'étalaient de laviques scories

 

Rappelant aux êtres repus de fièvres

Indomptées, le tumulte des flots fusant

Des violences qui, en se diffusant,

Amplifient la muance d'une rétive lèvre.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 31 janvier 2021

FLORES BLANDICES* Fleurs de blandices

 

FLORES BLANDICES*

Fleurs de blandices

 

Qui fait pleurer la fille du dimanche,

La damoiselle entoilée d'organdi ?

En quel jardin fleuri, ici-bas, se dédie

La jouvencelle retenue par la manche?

 

Êtes-vous passé, en mai printanier,

Sous les ponts de Paris, quand au soir,

Se promènent ceux qui ont témoigné

Avoir vu les amants, en l'aurore s'asseoir

 

Sur la berge pavée ?… y traînent le manant,

L'autre lazzarone, sans asile, sans nid;

Des rondes ancillaires, aux rites permanents,

Des ballets de la cour, aux brettes ennemies,

 

Rien de plus navrant que la dame soumise

Au preux chevalier enjôlant de promesses

Sa rétive personne!… aurait-il la mainmise

Sur les serves outrées d'hérétiques messes?

 

Qui perturbe l'âme des dortoirs, l'étudiante

Emmurée de désirs conflictuels, d'appétence ?

L'aurait-on asservie aux lunes radiantes,

Invoquées de vestales spoliées d'accointances?

 


Qui humilie l'infante berçant sa jeunesse

Au bord de la rigole, au jour naissant ?

La veut-on punir, quand la devineresse

L'enchante, puis, la purge de son sang ?

 

Les pollicitations animent encor

Le naïf de ce monde, ce candide buté,

Dont la démarche crispe sous le décor,

L'armure du conspué, le jaseran côté.

 

Je le plains, en ces heures nouées de solitude ;

Puisse-t-il, un jour, prendre de l'altitude !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

LUCERNA MEA* Ma chandelle

 

LUCERNA MEA*

Ma chandelle

 

Ma chandelle s'essouffle, en ce petit matin;

Je n'ai de lumière, que chancelante flamme,

Modestes plumets auréolés du drame

Dont ma plume dévoile les excès cadratins.

 

Ma chandelle boude, en l'aube diamantine,

La rosée pénétrant la flore butinée

De l'insecte assoiffé d'orge abiétinée,

L'abeille grisée du parfum d'églantines.  

 

Ma chandelle porte encor les stigmates

De suiffeuses flammèches; se meurent,

Au point du jour, ses pâlottes lueurs

Glissant là, en fébriles squamates.

 

Quand mon encre attise l'arabesque,

Le souffle des mots décline lentement...

D'élégiaques stances, sans apitoiements,

Éclosent dès potron, des nuances livresques;

 

Elles semblent, en l'air serein, heureuses

De naviguer entre les lignes, aux pages

Sublimant la fadeur de nuisibles images

Accrochées au revers d'épistoles crayeuses.

 

Ma chandelle s'essouffle en ce petit matin;

Je n'ai de lumière, que chancelante flamme,

Modestes plumets auréolés du drame

Dont ma plume dévoile les excès cadratins.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 30 janvier 2021

AT DILICULO* En l'aurore retenue

 

AT DILICULO*

En l'aurore retenue

 

Dansent les jours de feu,

Dansent les jours de pluie;

Dansent les matins bleus,

Dansent les longues nuits…

 

Sur les routes glissantes,

Sur les pavés mouillés,

Quand tombent, incessantes,

Des nues, les bruines écaillées,

 

On voit briller les astres déparés

De leur beau diadème, leur tiare;

Montent parfois, de songes égarés,

D'étranges plaintes, sans fard…

 

Là, au petit jour, l'enfant sage

S'éveille, en soupirant; avance,

Confiant, jusqu'au beau paysage

Entretissé d'or, de riches nuances.

 

Dansent les jours de neiges,

Les floconneux matins… il fait froid

Aux jardins d'hiver, sur la mante beige

De Camille… s'approchant du beffroi,

 

Elle voit s'esbaudir la faune de guingois,

La douce féerie de rais éparpillés

Sur la peau du bitume… lors, sans joie,

Empreint, sans les jamais rayer,

Les marches poudrées, dépareillées,

Retenant de ses pas, les rides entaillées ;

Peu à peu… les traces qui rougeoient.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SILERE NOS MORIS…* Silence… on se meurt

 

SILERE NOS MORIS…*

Silence… on se meurt

 

A trop se taire, l'on se meurt de colère;

On referme la porte sur les nuits

Où les ombres louvoient, et que l'air

Impulse ses miasmes de regrets, d'ennui…


A trop se taire, l'on s'invente une vie

Où les parents sont sages... là, s'éteignent

Les lunes d'un ciel de surface… alors l'envie

Résèque des cris que la pensée étreigne,

Le bâti superflu, l'ourlet, sous la béance

De plaies infligées de fratrie purgée

Du réceptif, sevrée de passions intenses…

Alors, on agonise; de douleurs… aspergé.

 

A trop cacher sa honte, ses blessures,

On offre à ses bourreaux, d'autres caps,

Sous la guillotine…. Et sans éclaboussures;

Doit-on feindre, céans, de ce noir handicap,

L'incommodité, pour se toujours cacher?

Des sanguines larmes, s'enflent encor

De tumultueux ressacs enlacés au rocher

D'insupportables fièvres, dont mon corps,

En l'espèce, alimente, non sans mal,

Le tissu cognitif… j'ai peur de n'être plus,


En ces broues écumées, qu'un vieil animal

Lesté de remembrances, alourdi du surplus

De ces désaffections… lasses, mes ambitions

Décélèrent la verve du rhéteur inhibé,

Se jouant, plein d'entrain, des traditions

Sublimées du retable, sans jamais regimber.

 

A trop teinter mes rêves du fauve d'aquatinte,

Ai finir par croquer la pochade cuivrée,

Aux multiples aplats… y poserai sans feintes,

Jusqu'au funérarium, l'enfance désœuvrée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 29 janvier 2021

IUCUNDUM BERM* Agréable berme

 

IUCUNDUM BERM*

Agréable berme

 

J'ai fait mon nid aux branches d'un futur

Engainé à l'espoir du mutant en l'espèce,

Avec pour seuls bagages, l'ouverture

D'un destin que les chagrins dépècent,

Sans en ruiner l'aura, ni les jouissives liesses

Accorées à ma foi, cette épaisse doublure.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021