PATET AQUAS MEAS NOCTIBUS*
Eaux claires de mes nuits
Laissez-moi vous narrer mes plus belles histoires,
Vous griser du nectar de mes contes bizarres !
Vous ferai connaître des lettres et des arts,
Le douzil d'où s'échappent les flux ostentatoires.
Dans les ruelles sombres de ma gêne palpable,
Les artères nouées de mes gènes arables,
Les filles ont semé hors du sol amodiable,
D'éphémères semences, des miasmes coupables
D'avoir de mon négoce étouffé l'entité,
Rabroué de mes soifs, en leur brûlant été,
La fatale pépie… que n'ai-je pu dompter
De leur feu, l'exosphère… sans douter !
Suivez-moi, créatures de prosopopée,
Voyez-poindre l'aube dessus la canopée !
Étrange, n'est-il pas, en ma belle épopée,
Ce livresque chemin menant à Cassiopée !?
Avant les solstices de nues ennuagées,
Vous ferai de l'amour, voir les monts enneigés,
Les cimes où sombrent les étreintes purgées
Du raisonnable_ quand l'amant piégé
Quémande au clair de lune, salutaire prébende
Pour au soir, voyager hors de la verte lande
Où éclos de l'hymen, tapis de houppelande,
La vaginale sente que le plaisir transcende.
Là, en reptation, ma langue épanouie,
Évase des papilles, l'alvéole fongiforme… inouï,
Ce silence dont les sens absolvent à l'ouïe,
Le calme retenu d'étreintes évanouies.
Je bois de la chair ignifuge, l'audace du désir
Éclaté en gangues perverties… y viennent gésir,
Les chutes profanées d'impudents plaisirs,
Celui dont les galants osent à peine rosir.
En des chemins contraires…. M'écoutez-vous encor ?
Nos communes contraintes, nos insatiables corps
Ont su désenclaver de ce riche décor,
L'immodeste beauté, le galbe des accords.
Me voilà accoté aux murmures plaintifs
D'un passé gangrené de giries, de soupirs incisifs !
Mon cœur flou en écaille, en de tristes poncifs,
Le cliché consommable… je le crois, attractif.
Avant de vous quitter au seuil des mornes ides,
De vous clamper aux crevasses des rides,
Ici, ferai aveu de chaque éphéméride
Jouxtant de la folie, les sentiments torrides.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021









