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vendredi 15 janvier 2021

RESONARE AUTEM MOLESTIAE MEI* L’écho de mon malaise

 

RESONARE AUTEM MOLESTIAE MEI*

L’écho de mon malaise

 

Mon bonheur est un cri poussé dans la nuit,

Un sanglot plein de larmes, d’émotions ;

C’est un soleil éteint, en l’aube enfuie,

Quand m’oppresse le vide, l’anhélation.

 

Mes rires sont de luttes voilées d’impudeur,

Des bouts de mots au bâti de mes lèvres ;

Nul ne peut en jauger l’étrange profondeur,

Sans se faire complice de brûlantes fièvres.

 

Mes envies sont des larves en reptation,

Sur le tapis glissant de vos désagréments ;

Qui sait si elles tairont de l’admonestation,

L’ordalique semonce, l’incisif rudoiement !

 

Mes besoins sont des geôles enjuguant l’attente

Profanant de la foi, l’approche proximale,

Dont l’incivil boude, en des moues insolentes,

L’abord, avant de se lancer, en stupide animal,

Sur la nef de ces fous jouant à se faire mal,

Ces ascètes de laudes, que la mort violente.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

DUOS INTER VERTICES* Entre deux pôles

 

DUOS INTER VERTICES*

Entre deux pôles

 

Les soldats voient poindre la victoire,

Quand l’ennemi recule, avant de fuir ;

L’enfant, lui, voit du luxe ostentatoire,

L’échec dont le cœur veut s’enduire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

CUM…* Quand…

 


CUM…*

Quand

 

Quand les loups s’entre tuent, les hommes

Perdent espoir, puis, tuent, à leur tour;

Le sang des guerriers, dont s'entourent

Les âmes, éveille l'instinct de l'abrocome.

Quand les chiennes subissent la colère

Du chasseur anonyme, en quête de trophée,

La femme chue du couvoir de Morphée,

Cherche l'ultime repos, la pause salutaire,

Avant du dispendieux, engainer abondance;

On la voit retoucher du miroir des années,

L'écailleux contrevair ; là, son derme tanné

Implore le sursis du fard de tolérance.

 

Quand ma peau cerne de ta chair blessée,

Les moindres interstices, que fuitent de nous,

Les blessures de l'affect… émus, à deux genoux,

Confessons du fol épicurisme, la froide resucée.

Faut-il qu'il m'en souvienne, imbu du confort

Entenaillant l'ivresse, moult regrets d'ascèse (!?)

Mes soifs décélèrent, de ta peau que je baise,

L'inextinguible pépie… je veux, du contrefort

De de ton col, cet altier butoir d'odalisque,

De ton sein évidé de jouissances, balayer

De l'aréole, sans forcir, et pour la délayer,

L'empreinte du mamelon... sans risque…

Mon souffle, que tes geignements pistent,

Capture du soupir, les rafales modulant

Des nigricans, ta rose effilure d'abbesse,

Inaltérable creuset dont s'entrône la fesse,

Au ventre creusé de désirs insultants.

 

Quand l'hiver à ma porte, ensable les matins,

Que somnolent les rires de camérières,

Œil torve, languissante moue, derrière

Les volets clos, se défroissent satins…

 

Livrées ex cathedra, aux sermons de butors,

Les nones s'allègent de coulpes d'offertoire;

Aimeraient aux mâtines, de l'histoire,

Défaire l'ascensionnelle rampe… à tort,

Puisque des gémonies, à la métempsycose,

Les degrés harmonisent  de l'impair,

D'oniriques bermes jouxtées de repaires,

Dont l'absence s'encloue à fortes doses.

 

Quand les chattes, des froides gouttières,

Se laissent retenir, les mâles se faufilent,

Glissent sous l'éclisse, aux lunes qui défilent...

Là, les amants se tutoient, sans têtières…


A bouche que j'espère, avancent les sirènes

Dont la nuit fait promesse… cuisses en résilles,

Nombril en entonnoir… lentement, grésillent

Avant que de gésir, les ombres qui s'égrènent

Du mont pubien, ces frissons-aquarelles.

 

Quand je serai enfant, mes yeux devineront,

De la femme pastel, les premières pensées…

Je passerai l'étoupe à ses pleurs nuancés,

Pour adoucir sa vie de mutique tendron.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 14 janvier 2021

ET CAVALIER* Le cavalier

 


ET CAVALIER*

Le cavalier

 

Laissez-moi courir, laissez-moi!

Je suis ce cavalier qui traverse

Les champs, lorsque au soir, larmoie,

L'azur défiguré sous la crue d'averses.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

A PEREGRINO* L'étrangère

 

A PEREGRINO*

L'étrangère

 

La fille qui me sourit, parle une langue

Que je ne comprends pas… J'aimerais

Lui dire, que la pâleur exsangue

Dont se vêt son regard, abriterait_

Si elle le voulait _ mes yeux vagabonds,

Posés au marbre chaud de son ventre,

Où fourmillent des désirs furibonds,

Sur lesquels mes envies s'éventrent,

Si les nuits violentent mes rêves,

Ou les matins coagulent mes besoins

Moulés dans la hantise, qu'achèvent

Les peurs irraisonnées, quand point

Le soleil estropié de volutes chagrines

Flouant de la nue, l'ouateuse conversion,

Et que balaient les risées ambrines.

 

La fille me séduisant, lacère mes angoisses,

Égratigne du spleen, le subéreux tissu,

Sans dévoiler du mal, l'étrange poisse

Retenue au licol de fièvres pansues ;

Pose ses lèvres sur ma peau sursitaire

D'énamouré vaincu, bercé d'afflictions;

Sa bouche aspire des flux contraires,

L'eau des miennes contradictions.

 

En un langage inaudible au profane,

M'a confessé des larmes, des cris

Sous la chair meurtrie de courtisane,

Dont la première fois aimante le proscrit,

Au compas de jambes engainées de satin…

Voulait-elle, de la désespérance, enclore,

Avant que de me lier, en ce froid matin,

L'âpre moulage, en délacer du décor,

Le ligneul retenu à l'auguste barnum,

Ce butyreux cordon placé en dragonne,

Pour retenir le chapiteau où l'homme

Se doit défaire d'horribles gorgones.

 

Ne pouvait égrener du fantasme,

L'inutile chapelet… fut-ce rédhibitoire…

Son style pénétrait du marasme,

L'apraxie, sans de l'attentatoire,

Calmer l'enfièvrement… nous ne doutions

De ce que les années feraient un jour, germer

Sur ces jachères talées sans précaution,

Ces ruches pleines, mais jamais essaimées.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

FUGERE NOS* Mystères en fuites

 

FUGERE NOS*

Mystères en fuites

 

 

J'écale des mystères, en ces temps érodés,

Le précieux nanan, le liquoreux souffle

Avant de les dissoudre du sophisme fardé

Du logographe caché sous la maroufle

 

D'un subtil helléniste dont Ésope admoneste

Le style, le phonème, piégés de cénacles

Où paradent le prosateur inquiet, l'agreste

Épigone voués sans mal, à la débâcle.

 

J'accuse réception de ces pesants graphèmes

Dont le panégyrique honore le triste cul

Courbé sous la coupole, enivré d'anathèmes,

En l'aube effarouchée, pour toujours invaincu.

 

Je trie de doigts agiles, les notes déclassées

De vieux livres d'histoire, le verbatim ocreux

Du triste palimpseste… s'y semble délacer,

La trame du passé, piégée d'un sabir creux,

 

Narrant à l'immodeste ouïe, légendes d'antan,

Comptines de bohème… se peut-il, en ces floues,

Que surviennent d'éphémères printemps

Ajustés au col du vide en son renfloue ?

 

Mystères de nuits, secrètes profondeurs,

Dont De Nerval, Gautier, ces opiomanes,

Alimentent du venin d'Alan Poe, les heures

Où s'allongent catins d'érotomanes,

 

Serves de boudoir au langage ordurier...

Mystères obombrés d'apathiques étoiles,

Déliez de vos concerts, le flatteur laurier

Posé sur l'âme ! En soulevant vos voiles,

 

J'éclaire le penseur en sa molle faconde,

Clarifie du contemplatif, la répulsive verve,

Bravant mille dangers en ces mondes

D'anachronismes ; toujours, ils desservent !


Ma plume de rhéteur attifé de principes,

Encloître du syntagme, le morphème

Délié de borborygmes… elle dissipe

Du texte piégé d'arguties, les extrêmes.

 

Mystères en fuites, énigmes de bas-fond

Inondent de ma peau, chaque cicatricule

Posée en clisses à mon large front,

De rancunières stries … ridicule,

 

N'est-il pas, ce remords nihiliste ?… j'assume

Céans, en mes velléités, la foucade,

Car, de la palinodie, aux lois, se bitument

L'infortune, le revers d'actes maussades.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 13 janvier 2021

AMBULAVI* J'ai marché

 

AMBULAVI*

J'ai marché

 

J'ai marché sur l'empreinte de tes pas,

Couru sur l'ombre de ton ombre…

Bien sûr, tu ne savais pas

Te délier de l'angoisse de mon côté sombre.

 

J'ai marché sur la peau de ta silhouette,

Forci de tes rires mutins, la possible liesse,

Avant que de me perdre, en des pirouettes

Dont les filles agrémentent sans cesse,

 

Quand se diluent nos pleurs, l'itérative mue…

Je fais des matins gris, au nord de l'insuccès,

Radieux flamboiements, capturant, ému,

Les chaudes étincelles bitumant ces excès.

 

J'ai marché au jour s'en venant naître,

Sur la moite rosée emperlée de chagrin,

Pour voir du renouveau, ce qui, de la fenêtre,

Semble miasmes de bruines, diaphanes grains.

 

J'ai marché sur Paris, avant de m'écrouler

Sur les berges froissées de la Seine salie…

Ai vu se racornir le majestueux ballet

Du roulis, au vent boudant son ciel pâli.  

 


Si je m'arrête, vois-tu _ il n'y aura, hélas,

Entre les interstices des clichés d'autrefois,

Que vieillissante sépia… plus de traces

De ressouvenances cosmétiquées de froid!

 

Qu'aurais-je à dévoiler en ces deuils épointés,

Dont le temps fait festin des mortes années!

Serai, sans contredit, pour encor m'accointer

Aux serves de bohème, cacochyme tanné,

Sous un rideau de larmes, au tissu buriné

De la sénescence… pourrais-tu en douter?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021