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jeudi 14 janvier 2021

A PEREGRINO* L'étrangère

 

A PEREGRINO*

L'étrangère

 

La fille qui me sourit, parle une langue

Que je ne comprends pas… J'aimerais

Lui dire, que la pâleur exsangue

Dont se vêt son regard, abriterait_

Si elle le voulait _ mes yeux vagabonds,

Posés au marbre chaud de son ventre,

Où fourmillent des désirs furibonds,

Sur lesquels mes envies s'éventrent,

Si les nuits violentent mes rêves,

Ou les matins coagulent mes besoins

Moulés dans la hantise, qu'achèvent

Les peurs irraisonnées, quand point

Le soleil estropié de volutes chagrines

Flouant de la nue, l'ouateuse conversion,

Et que balaient les risées ambrines.

 

La fille me séduisant, lacère mes angoisses,

Égratigne du spleen, le subéreux tissu,

Sans dévoiler du mal, l'étrange poisse

Retenue au licol de fièvres pansues ;

Pose ses lèvres sur ma peau sursitaire

D'énamouré vaincu, bercé d'afflictions;

Sa bouche aspire des flux contraires,

L'eau des miennes contradictions.

 

En un langage inaudible au profane,

M'a confessé des larmes, des cris

Sous la chair meurtrie de courtisane,

Dont la première fois aimante le proscrit,

Au compas de jambes engainées de satin…

Voulait-elle, de la désespérance, enclore,

Avant que de me lier, en ce froid matin,

L'âpre moulage, en délacer du décor,

Le ligneul retenu à l'auguste barnum,

Ce butyreux cordon placé en dragonne,

Pour retenir le chapiteau où l'homme

Se doit défaire d'horribles gorgones.

 

Ne pouvait égrener du fantasme,

L'inutile chapelet… fut-ce rédhibitoire…

Son style pénétrait du marasme,

L'apraxie, sans de l'attentatoire,

Calmer l'enfièvrement… nous ne doutions

De ce que les années feraient un jour, germer

Sur ces jachères talées sans précaution,

Ces ruches pleines, mais jamais essaimées.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

FUGERE NOS* Mystères en fuites

 

FUGERE NOS*

Mystères en fuites

 

 

J'écale des mystères, en ces temps érodés,

Le précieux nanan, le liquoreux souffle

Avant de les dissoudre du sophisme fardé

Du logographe caché sous la maroufle

 

D'un subtil helléniste dont Ésope admoneste

Le style, le phonème, piégés de cénacles

Où paradent le prosateur inquiet, l'agreste

Épigone voués sans mal, à la débâcle.

 

J'accuse réception de ces pesants graphèmes

Dont le panégyrique honore le triste cul

Courbé sous la coupole, enivré d'anathèmes,

En l'aube effarouchée, pour toujours invaincu.

 

Je trie de doigts agiles, les notes déclassées

De vieux livres d'histoire, le verbatim ocreux

Du triste palimpseste… s'y semble délacer,

La trame du passé, piégée d'un sabir creux,

 

Narrant à l'immodeste ouïe, légendes d'antan,

Comptines de bohème… se peut-il, en ces floues,

Que surviennent d'éphémères printemps

Ajustés au col du vide en son renfloue ?

 

Mystères de nuits, secrètes profondeurs,

Dont De Nerval, Gautier, ces opiomanes,

Alimentent du venin d'Alan Poe, les heures

Où s'allongent catins d'érotomanes,

 

Serves de boudoir au langage ordurier...

Mystères obombrés d'apathiques étoiles,

Déliez de vos concerts, le flatteur laurier

Posé sur l'âme ! En soulevant vos voiles,

 

J'éclaire le penseur en sa molle faconde,

Clarifie du contemplatif, la répulsive verve,

Bravant mille dangers en ces mondes

D'anachronismes ; toujours, ils desservent !


Ma plume de rhéteur attifé de principes,

Encloître du syntagme, le morphème

Délié de borborygmes… elle dissipe

Du texte piégé d'arguties, les extrêmes.

 

Mystères en fuites, énigmes de bas-fond

Inondent de ma peau, chaque cicatricule

Posée en clisses à mon large front,

De rancunières stries … ridicule,

 

N'est-il pas, ce remords nihiliste ?… j'assume

Céans, en mes velléités, la foucade,

Car, de la palinodie, aux lois, se bitument

L'infortune, le revers d'actes maussades.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 13 janvier 2021

AMBULAVI* J'ai marché

 

AMBULAVI*

J'ai marché

 

J'ai marché sur l'empreinte de tes pas,

Couru sur l'ombre de ton ombre…

Bien sûr, tu ne savais pas

Te délier de l'angoisse de mon côté sombre.

 

J'ai marché sur la peau de ta silhouette,

Forci de tes rires mutins, la possible liesse,

Avant que de me perdre, en des pirouettes

Dont les filles agrémentent sans cesse,

 

Quand se diluent nos pleurs, l'itérative mue…

Je fais des matins gris, au nord de l'insuccès,

Radieux flamboiements, capturant, ému,

Les chaudes étincelles bitumant ces excès.

 

J'ai marché au jour s'en venant naître,

Sur la moite rosée emperlée de chagrin,

Pour voir du renouveau, ce qui, de la fenêtre,

Semble miasmes de bruines, diaphanes grains.

 

J'ai marché sur Paris, avant de m'écrouler

Sur les berges froissées de la Seine salie…

Ai vu se racornir le majestueux ballet

Du roulis, au vent boudant son ciel pâli.  

 


Si je m'arrête, vois-tu _ il n'y aura, hélas,

Entre les interstices des clichés d'autrefois,

Que vieillissante sépia… plus de traces

De ressouvenances cosmétiquées de froid!

 

Qu'aurais-je à dévoiler en ces deuils épointés,

Dont le temps fait festin des mortes années!

Serai, sans contredit, pour encor m'accointer

Aux serves de bohème, cacochyme tanné,

Sous un rideau de larmes, au tissu buriné

De la sénescence… pourrais-tu en douter?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

DURA CONGESTAS EXTERET* Rudes congères

 

DURA CONGESTAS EXTERET*

Rudes congères

 

 

Les fleurs ont gelé, l’hiver s’est déversé

Entre plis bulbaires et semis figés

Parcourant des jardins, les fétuques hersées

D'immenses  allées aux grumes enneigées.

 

Le froid rentoile l'arbre de décembre,

Fissure le tronc du bel amandier ;

De mousses, poudre des chambres,

Les canisses aux bruines irradiées.

 


Les fruits des branches dénudées,

Chutent sur la mousse éventrée ;

Les tiges fendillées, à la sève ridée,

Viennent expirer  sur le sol excentré.

 

Les vents balaient les feuilles tachetées,

En dénude parfois, le limbe nervuré

Semblant ronger les stipules cachées,

Les bourgeons, peu à peu fissurés.

 

Les congères plaisent aux écoliers ;

Ils s'amusent dans la neige collante

Souvent retenue des pointes du hallier...

Voilent des plaines, les marcottes mutantes.

 


L’hiver installé au toit des chaumières,

Grimace dans la cour de mas provençaux ;

Daudet et Pagnol, étoilés de lumières,

En dévoilaient l’agréable faisceau.

 

Je regarde mourir les ides délavées,

Du balcon de rêves enfuis… J’écoute

Battre le cœur de l'astre condamné

A errer en l’espace délié de la voûte

 

Calibrée d'asters, de pierres orbitales

Déliées de l’autre stratosphère 

Où s'étiolent l'infligé de tantale,

Plus souvent l'incube de l’enfer.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 12 janvier 2021

SAXOPHONIE

 

SAXOPHONIE

 

Un saxophone vient éclater la nuit,

Perçant des volutes, toute l'opacité;

Il pleut de nouvelles notes, plébiscitées

D'insomniaques, confondus en l'ennui.

 

De sombres altostratus auréolent l'espace,

Évident de la nue, l'épaisse nébuleuse ;

Du feu du saxophone, l'homophonie houleuse

Retient du cuivre, le rythme efficace.

 

En de moites décans suspendus en l’Éther,

Les auspices présagent un doux déséquilibre,

Quand fondent les hymnes prisés du félibre,

Le tempo d'un éveil irradiant nos terres.

 


Un saxophone vient entoiler la nuit,

Avant de clore l'aube perlée de radiance…

Les saisons, en ce jeu, instruisent alliances,

Pour confondre des jours, le chimique adduit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ME ET TE* Toi et moi

 

ME ET TE*

Toi et moi

 

Regardons, toi et moi, se noyer le profil

De nos amours fardées, ces récréations

D'amants libidineux, ces exactions

D'adultérines castes, que peu à peu, effilent

Les années, détissent les printemps,

Quand l'espoir alimente de sous-entendus,

Les possibles rappels de désirs distordus,

Et qu'effeuillent encor les litiges latents!

 

Écoutons, toi et moi, larmoyer les déçus

De ce siècle, ceux qui, l'âme en peine,

Cheminent, avant de retrouver la plaine

Où verdoie le hallier, hors la dune pansue!

 

Accotons nos délires de piètres rigaudons

A ce pieu enquillant nos déambulations,

Nos flâneries d'enfants sans prétentions,

Et qu'enserre l'ivresse dont le cœur fait don!

 

Se peut-il qu'en ces roides foulures, l'absence

S'en vienne à nous trahir, que la peur,

Ce bourreau, engrosse l'inévitable torpeur

Dégorgée du cynisme absout d'intolérance!  

 

L'acuité dont font montre les lâches penseurs,

Aimerait nous sertir de sophismes butés,

De la rhétorique nous voulant culbuter…

Empanachée de gloire, la plume du censeur

Donne ton à ces désordres gras, omettant,

Qui l'eût cru (!?)  d'en adouber l'espèce,

Coiffée d'un heaume qui le souvent dépèce,

Le capelle d'un cordon… cœur battant.

 

Toi et moi, savons ces choses_ n'est-il pas!

Qui oserait, sans gêne, nous en inféoder?

Ils nous reste_ vois-tu!_ en nos jeux démodés,

L'insolence du reître... de vie, à trépas.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021