A PEREGRINO*
L'étrangère
La fille
qui me sourit, parle une langue
Que je
ne comprends pas… J'aimerais
Lui dire, que la pâleur exsangue
Dont se
vêt son regard, abriterait_
Si elle
le voulait _ mes yeux vagabonds,
Posés au marbre chaud de son ventre,
Où fourmillent
des désirs furibonds,
Sur lesquels
mes envies s'éventrent,
Si les
nuits violentent mes rêves,
Ou les
matins coagulent mes besoins
Moulés dans
la hantise, qu'achèvent
Les peurs
irraisonnées, quand point
Le soleil
estropié de volutes chagrines
Flouant
de la nue, l'ouateuse conversion,
Et que
balaient les risées ambrines.
La fille me séduisant, lacère mes angoisses,
Égratigne du spleen, le subéreux tissu,
Sans dévoiler
du mal, l'étrange poisse
Retenue
au licol de fièvres pansues ;
Pose
ses lèvres sur ma peau sursitaire
D'énamouré
vaincu, bercé d'afflictions;
Sa bouche aspire des flux contraires,
L'eau des miennes contradictions.
En un langage inaudible au profane,
M'a
confessé des larmes, des cris
Sous la chair meurtrie de courtisane,
Dont la
première fois aimante le proscrit,
Au compas de jambes engainées de satin…
Voulait-elle, de la désespérance, enclore,
Avant que de me lier, en ce froid matin,
L'âpre moulage, en délacer du décor,
Le
ligneul retenu à l'auguste barnum,
Ce butyreux
cordon placé en dragonne,
Pour retenir le chapiteau où l'homme
Se doit défaire d'horribles gorgones.
Ne pouvait égrener du fantasme,
L'inutile
chapelet… fut-ce rédhibitoire…
Son style
pénétrait du marasme,
L'apraxie, sans de l'attentatoire,
Calmer l'enfièvrement…
nous ne doutions
De ce
que les années feraient un jour, germer
Sur ces
jachères talées sans précaution,
Ces ruches
pleines, mais jamais essaimées.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021









