AMBULAVI*
J'ai marché
J'ai
marché sur l'empreinte de tes pas,
Couru sur
l'ombre de ton ombre…
Bien sûr,
tu ne savais pas
Te délier
de l'angoisse de mon côté sombre.
J'ai
marché sur la peau de ta silhouette,
Forci de
tes rires mutins, la possible liesse,
Avant que
de me perdre, en des pirouettes
Dont les
filles agrémentent sans cesse,
Quand se
diluent nos pleurs, l'itérative mue…
Je fais
des matins gris, au nord de l'insuccès,
Radieux
flamboiements, capturant, ému,
Les chaudes
étincelles bitumant ces excès.
J'ai
marché au jour s'en venant naître,
Sur la
moite rosée emperlée de chagrin,
Pour voir
du renouveau, ce qui, de la fenêtre,
Semble miasmes
de bruines, diaphanes grains.
J'ai
marché sur Paris, avant de m'écrouler
Sur les
berges froissées de la Seine salie…
Ai vu
se racornir le majestueux ballet
Du roulis,
au vent boudant son ciel pâli.
Si je
m'arrête, vois-tu _ il n'y aura, hélas,
Entre les
interstices des clichés d'autrefois,
Que vieillissante
sépia… plus de traces
De ressouvenances cosmétiquées de froid!
Qu'aurais-je
à dévoiler en ces deuils épointés,
Dont le
temps fait festin des mortes années!
Serai,
sans contredit, pour encor m'accointer
Aux serves
de bohème, cacochyme tanné,
Sous un
rideau de larmes, au tissu buriné
De la
sénescence… pourrais-tu en douter?
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021











