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lundi 11 janvier 2021

PUERITIA PATITUR* Passive enfance

 

PUERITIA PATITUR*

Passive enfance

 

Il y a des enfants au bord de la rigole;

Ils s'amusent à courir sur la berge gelée,

Quand d'autres s'imaginent, qu'à l'école

Des grands, la sagesse peut démêler,

De l'imbroglio, chaque amphigouri

Ou du noduleux intellect, les méandres

De dérives  pulpées de hourvaris

Dont s'habille la plèbe riche d'esclandres.  

 

Il y a des enfants qui longent les marais,

Cerceau à la main… ils écoutent chanter,

Au matin de juin, quand elle s'y vient mirer

Entre les verts roseaux, la sarcelle d'été ;

Se faufilent entre les verts buissons, courent

Sur les cailloux gris, sautillent hardiment,

En sifflant des refrains, puis… à rebours,

Comptent secondes et précieux moments

Qu'hélas, ils n'auront plus, quand l'enfance,

Dès potron, s'évapore, quand la jeunesse

S'éloigne, vaincue de cette adolescence

Hissée au pinacle infranchi des drôlesses !

 


Les enfants naissent en l'aube des jours gris,

Pour confondre les ombres de la mélancolie;

Ils vieilliront sans amour, seuls, aigris,

Si la vie, du malheur, ne les jamais délie.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 10 janvier 2021

VIVAMUS STANDS* Vivre debout

 

VIVAMUS STANDS*

Vivre debout

 

N'enterrez ceux qui dorment !

Laissez-les s'assoupir, aux nuits pénétrées

De brumaille! s'y délient d'autres formes,

D'autres profils s'y voulant recentrer…

N'emmurez pas l'âme du repenti !


Elle se veut soumise à son Créateur, Celui

Dont La Parole, toujours_ anéantit

L'indocile, l'impie, se cachant de la pluie

Des Bénédictions du Dieu Vivant et Vrai:

Unique Rédempteur, mon Seigneur et Maître,

L’Éternel, Le Très-Haut, dénigré de l'ivraie:

Parasite de Rome, qui ne se peut soumettre.

 

Avant de m'enterrez sous vos apocryphes,

M'ensevelir, sous encycliques papales,

Sachez-le, bien-aimés:_ riches hiéroglyphes,

Folles arabesques, bien souvent empalent

Le zélateur: sectateur, ou Sardanapale,

Avant de le plonger en mutant aglyphe,

En la géhenne sombre de castes épiscopales!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 9 janvier 2021

CUM*… Quand…

 

CUM*…

Quand

 

Quand les rues sont désertes, se vident

Les artères de belles capitales… lors,

S’installe la nuit aux rais multicolores,

Le silence, dont on dit qu’il est d’or ;

Fatalement, naissent les premières rides.

 

Quand l’avenue rallonge du parcours,

Asphalte goudronné, bitume calfaté,

Les impasses se meurent, en l’inactivité

Jadis, coutumière de cancanes de cours,

De douteux marchandages, de discours,

De baume d’apothicaire, d’onguents frelatés.

 

Quand se gondole l’imposant boulevard,

Implosent les ruelles sans vie, ces passages

Empruntés d’amants, d’énamourés peu sages,

Bombanciers, kaisers, silènes bavards,

Au rets de jouissances, qui du désir-buvard,

Absorbent à la lie, le curieux badinage.

 

Quand je serai poète, ferai de ma muse,

Cette hamadryade, une camérière,

Elle qui, en camériste, se pavanait, fière…

Là voilà, accoutrée, sans malice, ni ruse,

Telle la serve blessée qui nuit et jour, s’use

A polir cristaux, argenterie de douairières.

 

Bien sûr, céans, ne suis rien qu’un homme

Dont la faconde illusionne ses pairs !…

Pérégrin amorcé, en quête de repaire,

Epistolier d’aréopage… un exégète, en somme.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

OLIM DESTRUCTA* Passé décomposé

 

OLIM DESTRUCTA*

Passé décomposé

                                      Â mon double bluté

 


Tant d’années ont passé, de jours écoulés,

Que je ne sus des dilutions, les leurres

De consomption faisant blackbouler

De l’étrange permuté, l’acariâtre fadeur.


Combien de matins gris, d’aubes vidées

De quintessence, affluées du renouveau,

Sans d'ides perlées, de vagues ridées,

Éteindre de la baille, en deçà du biveau,

Molle nitescence voilant sous le niveau,

La coraline cuve qu’effleure l’aroïdée.

 

De ma fenêtre, j’aperçois la faune affamée,

En quête de pitance ; de guingois, longe

Des marécages, la berge, où, rétamée,

La marmotte a chu ; là, plongent

Les becfigues repues, les mouettes

Survolant l’air vicié du fuligineux souffle

D’Eole, l’espace privé du ballet d’alouettes ;

Au soir, tourbillonnent leurs rémiges

Au clair azur, sans froides nébuleuses

Éclatées au matin, du support des tiges

Enveloppées d’intactile brumeuse…

 

Hier encor, cacardait sur la rade

Éventrée d'impudiques masses, le bedon

Empli de tempêtes, ou de fades

Giclées d’angiosperme… à l’abandon…


Lors, les dicotylédones éveillent des jardins,

Les tremblotantes niches, les semis déliés

Des primes jachères, qui de l’adamantin,

Aspirent doux breuvage, nectar de hallier

Dont les marcottes, avant de s’élancer,

Lacent le noduleux tubule, pour alléger

Des souches, l’excroissance, pour pousser

Sans mal, la futaie l’y voulant encager.

 

Tant de nuits fixées au filin ambulatoire,

Tant de songes voilés en nos réminiscences ;

Il y a tant de moi, sous les huées vexatoires,

En la polymorphie de folles errances,

Que ma peau de scalde ceint de méfiances,

N’est plus qu’un tissu moite, et qu’offensent

Les rimes écorchées d'une plume-pochoir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 8 janvier 2021

STANS ! Debout !

 

STANS !

Debout !

 

Réveillez-vous la vie ; il est temps

De fleurir de l’âme les jardins suspendus !

Réveillez-vous l’envie ; il est temps

De bannir du désir, tous les malentendus !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

TRISTIS PESSUMAE* Tristes margotins

 

TRISTIS PESSUMAE*

Tristes margotins

 

Comme des pantins de bois, ils balancent

Un corps dégingandé, un profil émacié

Face à la gent outrée qui les tance,

Quand, lâches, ces noceurs disgraciés

Martèlent le bitume, piétinent l’asphalte,

Au bras d’une sirène dévêtue, immorale,

Catin fardée, toujours prête à faire halte,

Pour le libertin : épicurien  à la masse surale,

Sybarite dressé en chien de combat,

Dont les crocs molestent la délicate fleur,

L’ingénue d’un trottoir poussé en contrebas,

Débordé du passage que les quilles effleurent.

 


Comme ces pupazzi de la Venezia, ils dodelinent,

Epuisés de servir, en rigaudons de cours,

Candaces de nuits et amantes mesquines

Vautrées dans le stupre, quand accourent

Les jouisseurs infectés d’adultisme trompeur,

Qu'un protectorat pommade sans vergogne,

Gouailleurs et bombanciers plombés de torpeur,

Mais, alertes sous les jupons ouatés de vigogne.

 


Au cercueil couvert du gris de pelletés, les vers

Chahuteront de la froide ripaille ; déçus de voir

Un corps putréfié, empuanti, à découvert,

Sur la soie encoffrant l’ossature ivoire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 7 janvier 2021

FRASEL

 


FRASEL

 

Sombre après-midi, il pleut sur Frasel,

Ce grand domaine vide, sans attaches,

Où les fenêtres bâillent, où la faune se cache

Pour mourir, quand l’albatros voit ses ailes

Se peu à peu, roidir… quand elles lâchent,

Il s’écroule vaincu, maculé de sphacèles.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021