ADDITIONAL INFLAT*
Additionnelles soufflées
Mon passé
s’éveille d’un profond sommeil,
Émarge peu
à peu, d’ivresses additionnelles
Où mon
île se grise des spires de soleil,
D’efficaces
bruines, sur le mont Périnelle,
De vents
caressant la plaine de Plaisance,
Chaudes
bises frisottant la rivière des pères ;
Que n’aurais-je
donné pour livrer mon enfance
A la
quiète douceur dont l’âme prend repaire,
Au soir
où l’oisillon regagne le frêle nid, fier,
D’avoir
parcouru aux nuits qui l’empierrent,
La magnifique
plaine ; les stratus s’y élancent !
Sur la
lame bleutée de l’océan marbré,
Dansent
les molles vagues, les fatals remous
Soulevés
des fonds clairs, d’arches cambrées,
Dont le
crayeux corail hypnotise l’émou
Survolant
l’onde tiède, quand la migration
Pousse des
froides terres, la bernache, l’oie,
Heureuses
de voler en la mutation.
Des ruines
chargées d’histoire, Saint-Pierre
S’étire,
l’œil alangui, épiant la montagne…
La pelée
fait réserve, sous sa houppe altière
De folles
chimères, pressant de la campagne,
L’envoûtante
cambrure sur laquelle s’agitent
La précieuse
marcotte, le tubule trop sage,
Noués de lianes que l’insecte effrite,
Pour se repaître des sucs de brassage.
De ma
couche noyée de maritimes larmes,
Mon baldaquin
humecté d’amertume,
S’entrelacent
des spleens boudant le charme
Des premières
récrés, quand à même bitume,
Nos pas
désenchantés voilaient la communale
De rires,
de jeux, de brettes de frondeurs ;
De la
componction, les souffrances banales
N’eurent pas d’irascibles lourdeurs
Lestant
le niquedouille, ou la biche coincée…
L’enfance…
mon enfance était une fontaine,
Pétillante
chute aux diaphanes gangues,
Quand la
dysharmonie aux notes incertaines
Posait ses
arpèges à ma pâleur exsangue,
D’autres
accords filtrés en l’aurore cuivrée,
De l’émotive
ouïe de l’enfance bohème…
O passé…
mon passé : long tunnel sans ange,
Où se
côtoient à l’aube, mensonges et promesses,
Tu m’as
su préserver, entravé en mes langes,
De tièdes
psalmodies, des cantiques de messe,
Pour offrir
à mon âme rachetée du Seigneur,
Les Prières
d’En-Haut, Les Divines Louanges !…
Ne suis
plus, des monarques déchus, le railleur
Pétri de
suffisance, naïf en quête d’un Gange
Coulant
du manichéisme magnifié du sérail
Dont les
putains accordent allégeance…
Serai(s)
plutôt de ceux qui s’ajustent aux rails
De la
caténaire… la motrice en partance,
Et que
suivent encor les poussifs wagonnets
D’un
fourgon ballotté de pénibles tressauts…
Si mes
songes sont nés d’illusoires visées,
L’éveil
de mon audace accentue du réel,
En de
vexantes pointes, le profil avisé
De l’homme
sous ma peau, cet artificiel
Devenu fils,
cet artefact délié d’utopies,
Ce nouvel
arrivant qui rêve de Ciel :
Mando, l’incompris…
pour le reste ?... tant pis !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020