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dimanche 6 décembre 2020

PULCHRA AVIS MEIS* Mon bel oiseau

 

PULCHRA AVIS MEIS*

Mon bel oiseau

 

Envole-toi vers de lointaines sphères !

Au ciel bleu de juillet, les nuages s’enfuient,

Pour ne plus revenir aux ténébreuses nuits

Asphyxier un peu plus, le ventre de nos terres.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

BERM POSSE DISSOLVI* Insoluble berme

 

BERM POSSE DISSOLVI*

Insoluble berme

 

Ta peau a la douceur des jardins tiburtins,

La fraîcheur de fruits gorgés de miel,

La moiteur du porphyre, en de suaves matins

Affectés du venin des frasques vénielles.

 

Ta bouche, telle la grenade éclatée de saveur,

Emprisonne ma lèvre humectée de désirs

Confortés en l’apprêt  de la chair en ferveur,

Et qu’affole ta hanche stridulée de plaisirs.

 

Du globe de ton sein, fusent des jets jouissifs,

De laiteuses cascades ruisselant avec grâce

Sur les cicatricules de ton ventre plaintif,

Dont ma langue module les infimes traces.

 

Aux sillons de tes reins, emprisonnant sans mal

Ma glaireuse semence, le délice émulsionne

De ce liquoreux, les fièvres suboptimales

De possibles frissons que l’affect arraisonne.

 

Le cuir de ta superbe se laisse traverser

De par la décadence de la rythmique,

Du violent butoir… et sans tergiverser…

Dois-je _ sans pulsions cycliques,

Écaler du noyau de ta soif chimérique,

Et l’ardeur, et l’audace de ces cris nuancés,

Et qu’achèvent les râles de rimes adoniques ;

Mon verbe inclément, peut-être aboulique,

Confesse la retenue, parfois, sans y penser.

 

Au puits de ton nombril, contrites en cet éveil,

D’inextinguibles perles chahutent hardiment...

Au diaphane voile de ta croupe vermeille,

S’alanguissent des gangues, sans linéament…

 

Se voudraient en l’intime, ici, pleinement

Pénétrées de douces violences, quand l’ivresse

Profane de la candeur, l’ingénuité armant

Le céladon enquillé à l’âme poétesse,

Au support de la muse enjôlée d’allégresse,

L’égérie au diadème rehaussé d’agréments.

 

En mes plus belles pages, de plume avisée,

Écrirai nos silences vaincus du désordre

Sophistiquant l’aède… puis, sans me raviser,

Au conclusif, irai tambour battant, tordre

Le cou, aux cancanes de l’incivilisé(e) !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 5 décembre 2020

SUUS ‘EIUS* C’est elle

 


SUUS ‘EIUS*

C’est elle

 

Elle est une fontaine au matin de décembre ;

Les ombres qui la cernent sont des nuits

Échappées  dans le tard, de nuages enfuis

Du cosmos : mélange de souffre et d’ambre.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

UBI SUNT FLAMMAE* Où sont les flammes

 

UBI SUNT FLAMMAE*

Où sont les flammes

 

Où vivent les femmes qui animaient

Des flammes en vos yeux trop froids,

Pour concevoir de l’autre, quand il aimait,

La beauté dominant les hurlements d’effroi ?

 

Vous souvient-il des filles de nos jeux,

O si peu soumises aux règles attentatoires,

Préjudiciables aux mutines, en l’enjeu 

Du conflit opposant les lois ostentatoires (!?)

 

Celles qu’il m’en souvienne, ont grandi

Sous la coupe d’amants sans attirance,

De tartufes débraillés, refusant l’organdi

Des damoiselles poudrées d’impertinence.

 

En mutiques pimbêches encloîtrées,

Ces  fardées à outrance de froides alcôves,

Dévoraient peu à peu, sans nous déconcentrer,

La chair prise au piège de leur blessure mauve,

 

Déchirure en l’estuaire des cuisses, ce chenal

Dont le mâle emprunte du mont pubien,

Les voies clitoridiennes, ces sentiers, au canal

D’imperceptibles gangues… comme on s’y sent bien !

 

Des frissons amortis de gestes malhabiles,

A la douce rainure de l’hymen vagabond,

Flottent de suaves perles, des suées volubiles

Enroulées au phallique support… pudibond,

Le marin en tangage, se laisse emporter,

Pour ne se point soumettre à la retenue…

J’eusse aimé comme lui, encor, supporter

De la pleine manœuvre, d’un rythme soutenu,

L’irréfragable coït, quand le rostre pénètre

La douve matelassée de la musaraigne

Butinant de guerre lasse… s’en doit-elle soumettre (?)

Et l’offrande, et l’espèce, qui du nanan, saigne

Avant que de gésir, quand les larmes le baignent

De remous manifestes… décélérés, peut-être !

 

Où sont les flammes du sérail de nos rêves,

Ces plumets colorés de nos livresques songes ?

Au mouroir des nuits blêmes, la belle Ève

En estropie, puisque le mal, céans, l’achève,

La ductile mesure… l’enclosant de mensonges.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 4 décembre 2020

QUIA* Madame

 

QUIA*

Madame

 

Madame, j’ai peur d’avancer au bout

De ce tunnel, où s’égarent nos rêves…

Je veux, sans me trahir, encor, rester debout,

Refusant d’effacer mes pas sur cette grève

Dont vous sûtes jadis piétiner, et sans trêve,

L’écorchure, en ce mal dont vous scellez l’embout.

 

Madame, je voudrais retrouver vos parfums,

Le charme d’odalisque qu’attisent mes désirs ;

Au soir, abandonner aux sentiments défunts,

Le trouble, la moiteur, avant que d’en gésir.

 

Vos doigts sous mitaines, caressaient de mon cou,

Les revêches plissures bâillées en éventail,

Dont les baisers défaits du revêche licou,

Agrémentaient parfois de fiévreuses entailles.

 

Madame, à l’absence, je ne puis soumettre ;

L’hiver est à ma porte, et déjà, s’harmonisent

Aux froids, les souvenirs, qui du mal-être,

Avivent de poncifs, quand le mal ironise,

Les miennes pensées… faut-il que j’intronise

Des mortes sépias_ me le dois-je permettre _

L’aquatinte des pleurs, et qui nous martyrisent ?

 

Quand sonnera le glas de nos songes déchus,

Aux brumes flouées de discordantes bruines,

Au spectre bancal d'ombres fourchues,

Nos profils s’enfuiront sous d’incommodes ruines…

 

Il n’y aura plus, madame, que deux formes

Arc-boutées aux racines d’un vieil orme…

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

ASSUMPTA PROMISSA* Promesses supputées

 

ASSUMPTA PROMISSA*

Promesses supputées

 

Il se peut qu’on en vienne, toi et moi,

A ternir de nos vies, la jouissance certaine,

Que des ambitions, pourtant si lointaines,

Il faille désenclaver les maillons de l’émoi.

 

Quand se refermeront les portes du passé,

Se rabattront au soir, les volets de naguère,

Verrons se profiler au centre de l’archère,

La flèche dont Cupidon nous voudrait percer.

 

Il se peut qu’en décembre, aux premières gelées,

Les amants de Paris sous l’étole des nuits,

Se cachent encor des passants, s’ils fuient

L’aquarelle des brumes s’y laissant enjôler.

 

Tu verras aux aurores floutées, la rosée

Magnifiée la flore, avant que d’apaiser matin…

Les rayons cuprifères, ridés sur tes satins,

Éclateront leurs fièvres, pour s’y mieux poser.


Les vierges dénudées, de leur prime offrande,

S’acquitteront sans mal… en l’amativité,

Se laisseront séduire, bercées de l’émotivité

Dont s’enclouent les vestales, pour de la délivrance,

Accéder au palier des putains de bombance,

Atteindre les degrés des tendrons en partance,

Quand l’audace dénoue la chatte en liberté.

 

Grisées de l’hédonisme de l’épicurien, seules,

En des boudoirs où la chair fait réserve

De trompeuses caresses modelant la serve,

Les rosières avoueront, crispées sous le linceul,

Avoir battu coulpe au pied de la madone,

Ânonné neuvaines, égrené chapelet, en bigote

Asservie à la curie latine, en triste cagote,

Ignorant la débâcle pulsée de la maldonne. 

 

Quand tu verras se faner mon verbe, ma prose

De narrateur emperlé de clichés d’assertion ;

Quand de la métaphore, en ces componctions,

Mon style se fera, lesté de contradictions,

Psalmodie de rhéteur, sophisme d’addiction,

Il n’y aura ni pétales, ni épines aux roses ;

Alors vaincue de cet affect ennuageant l’âme,

Tu te viendras coucher au nord de mes regrets ;

Nos rires dilués, nos plaintes gaussées de près,

Formateront des rondes d’autrefois, l’agame

Des farouches étreintes, l’asexuel qu’entament,

Aux lunes pleines, brettes et mimodrames

Dont l’espèce civilise l’allégeance cambrée.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 3 décembre 2020

PECCATUM VIRI*Hommes du péché

 

PECCATUM VIRI*

Hommes du péché

 

Les hommes ont déchiré le voile d’innocence

Nous révélant Dieu… ils ont foulé à terre,

Et l’amour, et l’espoir, donnant à l’indécence,

Des lettres de noblesse… tristes sires délétères,

Ils ont bu au douzil du péché confortable,

Confiants, en l’avenir dont parle le prélat ;

S’en faut de peu pour que se mettent à table,

Les âmes écalées, émiettées… çà, et là…

 

Les hommes ont violé les Divines Lois,

Craché au Visage du Seigneur Tout-Puissant ;

Ont grimé la vie, en pâtres de bon aloi,

D’un insolent fard, d'un badigeon de sang.

Les hommes ont ceint l’inacceptable, cerner

L’irrécusable, fiers de faire, en ces tares,

Approuvable ordalie ; ne le peut discerner,

Le fat perclus en l’ignorance, ce retard

Attisant des lazzis, les sulfureuses braises,

Tisons posés à même l’escient… hélas !

N’est de bonbec, hors du fatal mésaise,

Que clarté, dont l’idiotisme se délace.

 

Les hommes ont encellulé l’âme du pénitent,

De mille controverses_dénégations propres  

A enrichir de l’esprit égaré, hors du temps,

L'organigramme, le plan, impropres

A la cognition…  bien sûr, la pensée voudrait,

Et sans mal, s'y défaire… sans de l'or,

Dont la foi se dévêt, oindre de l’ivraie,

L'horrible sangsue_ cette morve effraie,

Car, en écornifleur, sangle à moindre frais,

L'ouate, ce fin duvet, idéalisé dès lors.

 

En ma musarde, bercé de contrevérités,

Ai vu poindre au renouveau vainqueur,

Les primes visées, sans feindre l’acuité

De violences me perçant le cœur,

La beauté de l’espèce, la beauté de l’espace…


Mon regard transcendé de soyeux parhélies,

Naît d’espoir, de douces perspectives

Accorées à ce mimétisme, et qu’abolit

La joie du mâle sevré d’invectives…

Que ne serais-je moi, aux lunes de décembre,

Attentif pèlerin, sans bourse, ni souliers !…

Délesté du mensonge avilissant les membres

Libérés du mythe dont l’ascète s’est lié.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020